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Lutter contre la radicalisation en Belgique

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Rencontrer les jeunes à risque et leurs familles fait partie de l'approche préventive proposée par les autorités belges.

Un photoreportage de Anyck BéraudTwitterCourriel

ANVERS

La gare d'Anvers

La Belgique serait le pays européen où on trouve le plus grand nombre de citoyens qui partent faire le djihad, proportionnellement à sa population. Des centaines de personnes auraient pris la route de la Syrie, en particulier depuis la région de Bruxelles et depuis la Flandre.

Anvers, la métropole flamande, est une des villes qui ont mis sur pied un programme pour lutter contre la radicalisation des jeunes, avec des mesures répressives, mais aussi préventives.


L'hôtel de ville d'Anvers

Les mesures préventives se divisent en deux volets. Le premier consiste à diffuser de l'information aux associations, aux écoles ou encore aux organismes de sport, pour leur demander d'être attentifs, de détecter et de rapporter certains comportements.


Le maire Bart De Wever, à l'hôtel de ville

Le deuxième volet va plus loin, comme l'explique le maire, Bart De Wever :

On sait très bien qui est dans le cercle de radicalisation. On connaît le nom des jeunes; on les visite sur une base individuelle. Donc, on a une équipe de six personnes qui s'en occupent. Elles vont à la maison, elles essaient de constater quel est le vrai problème. Et dans 90 % des cas, elles constatent que la radicalisation est un manteau cachant d'autres problèmes.

Bart De Wever

Le maire souligne que, dans la plupart des cas, les familles ont de multiples difficultés. « Les gens du service de déradicalisation font un trajet sur une base individuelle pour dire: on a besoin de ceci, de cela pour permettre au jeune de retrouver le chemin d'une vie normale. »

Il assure que cela commence à porter ses fruits:

On constate que, depuis les six derniers mois, on n'a plus eu d'incidents ou on a pu arrêter le jeune avant son départ. Il y a quelques semaines, on a arrêté quelqu'un dans un avion. Les services locaux ont indiqué ce qui suit aux services fédéraux : ne laissez pas partir ce jeune, il a de mauvaises intentions.

Bart De Wever

Le maire impute les quelque 70 départs de djihadistes depuis sa ville à ce qu'il appelle l'échec de la politique migratoire des 40 dernières années en Belgique.

« Dans nos villes, il y a beaucoup de jeunes qui ont un peu perdu leur chemin. Surtout dans la troisième génération, on voit des gens qui ont du mal à trouver leur chemin dans notre société; ce sont des groupes cibles pour les recruteurs. Dans ma ville en particulier, j'ai une grande communauté marocaine. »

Il faut préciser que Bart De Wever est également le chef national du parti séparatiste Alliance néo-flamande (NVA), une formation très à droite qui fait partie de la coalition gouvernementale en Belgique et qui veut des mesures d'immigration plus restrictives.

Écoutez le reportage d'Anyck Béraud, diffusé à L'heure du monde, sur ICI Radio-Canada Première.


BRUXELLES

  Le quartier des Marolles, à Bruxelles

À Bruxelles, le responsable de la lutte antiradicalisation parle aussi de progrès. Son service a réussi à empêcher un jeune âgé de seulement 13 ans de quitter le pays pour aller faire le djihad.

Il insiste sur le fait que plusieurs profils se dégagent chez ceux qui se laissent entraîner vers le djihad, la guerre religieuse. On trouve des gens désœuvrés, vulnérables, mais aussi des gens éduqués, des cadres. Les individus en question viennnent de divers milieux.

Comme son travail sur le terrain est délicat, il veut garder l'anonymat pour des raisons de sécurité, mais aussi pour préserver le lien de confiance avec le public, notamment les familles que le changement de comportement d'un proche inquiète.

« La prévention, c'est une chose qui se construit dans la durée, à long terme, surtout quand il s'agit de phénomènes sociaux très complexes », explique le responsable de la lutte antiradicalisation.

On s'est rendu compte que le travail avec les familles, le fait de pouvoir comprendre ce qu'elles vivent, de pouvoir les soutenir, est une partie capitale de l'entreprise si on veut empêcher des départs. 

Le responsable de la lutte antiradicalisation à Bruxelles

Il précise que la prévention est un travail d'équipe engageant de nombreux professionnels, dont des animateurs de centres de jeunes.

Depuis deux ans, il y a une réflexion au niveau de l'État belge sur la manière de concevoir une approche préventive par rapport à la radicalisation, en particulier à l'échelle locale.

Le responsable de la lutte antiradicalisation à Bruxelles

Le foyer des jeunes des Marolles offre aux 6 à 26 ans un encadrement dans des espaces colorés et chaleureux pour les devoirs, les rencontres, le sport, les arts, la musique.


Ici, on voit un ministudio aménagé pour les jeunes afin de les encourager à créer de la musique. Ce sont surtout les jeunes adultes qui l'utilisent.


Bilal Chuilar, coordonnateur du foyer, souligne que le quartier des Marolles est connu comme un secteur assez défavorisé.

On essaie de mettre en place un espace accueillant, souriant, où il y a de la place pour tout le monde. Pour moi, c'est super important d'accueillir tout le monde et, en fonction des affinités de chacun, de permettre aux gens de choisir une activité ou un atelier dans lequel ils puissent s'investir.

Bilal Chuilar

On offre aussi de l'écoute aux jeunes, qui voient beaucoup de choses, notamment sur le web. Celui-ci est utilisé comme outil de radicalisation.


Le quartier des Marolles est cosmopolite; beaucoup de Belges d'origine maghrébine y vivent.

Yacine, animateur socioculturel depuis 10 ans, explique que, depuis que le phénomène de la radicalisation existe, ceux qui interviennent auprès des jeunes leur expliquent que le djihad, ce n'est pas l'islam.

La plupart des jeunes ont quand même grandi avec ce discours. On leur dit : "Voilà, ça, c'est une secte, c'est des gens qui sont fous." Donc, ils savent. C'est pour cela qu'on a peu de gens dans le quartier qui sont partis en Syrie ou bien en Irak. Très peu.

Yacine

Selon Yacine, le djihad va chercher des adeptes dans des quartiers où il n'y a pas d'organisation pour faire de la prévention sur le terrain.

Ici, le quartier est un peu protégé. Il y a beaucoup d'associations dans un petit périmètre, donc, on a su protéger les jeunes issus de ce quartier.

Yacine

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