•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Trudeau promet une baisse d'impôts pour la classe moyenne, financée par les mieux nantis

Le chef libéral Justin Trudeau
Le chef libéral Justin Trudeau

Le chef libéral Justin Trudeau s'engage à offrir des allégements fiscaux de 7 milliards de dollars à la classe moyenne et à faire payer les mieux nantis.

Un texte d'Emmanuelle LatraverseTwitterCourriel

Dans un restaurant du secteur d'Aylmer, à Gatineau, tout juste à l'extérieur d'Ottawa, le chef libéral a dévoilé une des pièces maîtresses de son programme électoral en vue des prochaines élections. Cette « première phase en faveur de la classe moyenne » est articulée autour de deux grands axes : une baisse d'impôts et une refonte de l'ensemble des prestations pour enfants offertes par le gouvernement fédéral.

Une vaste opération fiscale qui vise à « redonner » à la classe moyenne et à combler les inégalités qui se creusent dans la société, selon les libéraux.

Aide supplémentaire de 4 milliards de dollars aux familles

Le chef libéral propose surtout de remplacer tout le système actuel de diverses prestations pour enfants par une seule mesure : l'Allocation canadienne aux enfants.

Cette nouvelle allocation non imposable remplacera à la fois la Prestation fiscale pour enfants, le supplément de la Prestation nationale pour enfants destiné aux familles à faible revenu, et la Prestation universelle pour la garde d'enfants mise en oeuvre par le gouvernement Harper et récemment bonifiée de 100 $ à 160 $ par mois pour les enfants de moins de 6 ans.

Alors que la prestation mise de l'avant par les conservateurs était universelle, mais imposable, le Parti libéral cible ainsi les familles dont le revenu familial est en deçà de 150 000 $ par année. Les libéraux font valoir que leur approche est plus généreuse envers la classe moyenne.

Selon les calculs du Parti libéral, une famille avec deux enfants dont le revenu familial est de 90 000 $ recevra 490 $ non imposables par mois, plutôt que 275 $ après impôts en ce moment; c'est 2500 $ de plus par année que sous le plan mis en place par le gouvernement conservateur.

L'ensemble du programme coûtera 22 milliards de dollars, c'est 4 milliards de plus que les sommes actuellement investies par le gouvernement fédéral.

Alors que les libéraux ne cessent de répéter que la part du lion des sommes consenties au fractionnement du revenu retourne dans les poches des familles les mieux nanties, sans surprise, c'est à même l'annulation de cette politique conservatrice qu'ils espèrent financer en partie leur nouveau programme. Mais le fractionnement du revenu ne permettra de générer que 2 milliards de dollars par année, pour les autres 2 milliards manquants, il faudra patienter.

Le Parti libéral se contente de dire que les sommes supplémentaires « représentent un engagement financier qui fait partie de la plateforme électorale » qui respecteront du même souffle la promesse d'équilibrer le budget.

Baisses d'impôts de 3 milliards de dollars

Selon le plan présenté par le chef libéral, les Canadiens qui gagnent entre 44 700 $ et 89 401 $ verront leur taux d'imposition baisser de 22 % à 20,5 %, ce qui équivaut à une baisse d'impôts de 670 $ par année par personne. À elle seule, cette mesure coûtera 3 milliards de dollars par an au trésor public.

Pour financer cette mesure, le Parti libéral propose de « demander aux Canadiens les plus riches de donner un peu plus. »

Pour y arriver, les libéraux proposent de créer un nouveau palier d'imposition. Ainsi les revenus supérieurs à 200 000 $ par année verront une hausse de leur taux d'imposition de 29 % à 33 % par an. Une mesure, promettent les stratèges libéraux, qui touchera moins de 1 % des particuliers les plus riches au pays.

Un tournant

La pression était devenue très forte sur le chef libéral pour qu'il clarifie enfin les politiques qu'il compte offrir aux Canadiens en vue du prochain scrutin.

Les conseillers du chef libéral espèrent que ces mesures permettront de le différencier clairement de ses adversaires.

La stratégie est simple : marteler que non seulement leur plan est plus généreux que celui des conservateurs, mais aussi qu'il s'adresse aux familles canadiennes et aux particuliers qui en ont le plus besoin.

Certes, les libéraux prennent le risque de hausser les impôts des mieux nantis, le fameux 1 % des Canadiens qui gagnent le plus, mais aussi de retirer à toutes les familles qui gagnent plus de 160 000 $ par an la prestation que le gouvernement Harper leur a consentie.

Le pari, c'est que la majorité de l'électorat sorte gagnant de l'exercice, le prix politique à payer auprès des plus riches ne sera pas trop onéreux.

Politique