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Éducation sexuelle : des dizaines de parents retirent leur enfant de l'école

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus de 90 % des élèves d'une école publique anglaise de Toronto sont absents lundi, leur parent les ayant retirés de la classe pour la journée pour protester contre le nouveau programme provincial d'éducation sexuelle.

L'école primaire Thorncliffe Park, qui accueille habituellement plus de 1300 élèves, est située dans un quartier immigrant défavorisé, qui compte de nombreux musulmans.

Le site Facebook appelant à la protestation contre le nouveau programme d'éducation sexuelleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le site Facebook appelant à la protestation contre le nouveau programme d'éducation sexuelle

Photo : Facebook

D'autres écoles sont touchées un peu partout en Ontario, mais dans des proportions beaucoup plus faibles.

Le Conseil scolaire public anglais de Peel, en banlieue de Toronto, qui appréhendait de nombreuses absences, indique, par exemple, que seulement quelques centaines d'élèves ne se sont pas présentés.

La mère de famille Stephanie McWyatt a retiré ses deux enfants de leur école de la région d'Ottawa.

Au primaire, ce n'est pas la façon de leur enseigner ces choses.

Stephanie McWyatt, mère de la région d'Ottawa

Elle a répondu à l'appel d'un groupe Facebook qui incite les parents à retirer leur enfant de l'école cette semaine. 

Selon le nouveau programme, dès septembre 2015, à partir de la 2e année les élèves apprendraient que « non » veut dire « non » et, à partir de la 3e année, qu'une famille peut avoir deux papas ou deux mamans. Parmi les autres sujets discutés durant les cours dans les années subséquentes : l'homosexualité, la fellation et le sexe anal. « Nous croyons que le nouveau programme d'éducation physique et santé contient des informations que nous considérons comme inappropriées et qui ne s'alignent pas avec les principes et les croyances de notre famille, et ceux des milliers d'autres familles de l'Ontario », indique le groupe dans une lettre de protestation.

(cliquez ici pour voir sur un appreil mobile (Nouvelle fenêtre))

Le groupe d'opposants sur Facebook propose aux parents d'envoyer sa lettre type aux établissements scolaires pour leur signifier leur opposition au nouveau programme.

Manifestation de l'Assemblée législative provinciale à Toronto contre le nouveau programme d'éducation sexuelleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Manifestation de l'Assemblée législative provinciale à Toronto contre le nouveau programme d'éducation sexuelle (archives)

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Encore lundi, des parents ont manifesté devant l'Assemblée législative provinciale à Toronto. Des centaines d'entre eux s'étaient rassemblés dimanche à Mississauga, en banlieue de Toronto. « Nous ne voulons pas que leur innocence soit détruite », a expliqué une manifestante, Sabah Huda, mère de trois filles. Elle croit que l'éducation sexuelle est la responsabilité des parents.

Le gouvernement reculera-t-il?

Le gouvernement libéral avait présenté une réforme similaire de l'éducation sexuelle en 2010, pour ensuite faire marche arrière face à l'opposition populaire.

À l'époque, des élections générales approchaient, ce qui n'est pas le cas cette fois-ci. La ministre de l'Éducation, Liz Sandals, assure qu'elle ne pliera pas, soulignant que le programme actuel date de 1998.

Ils manquent des cours de mathématiques, d'anglais, ils ne manquent pas ce contre quoi ils protestent [éducation sexuelle].

Liz Sandals, ministre de l'Éducation

La ministre Sandals a précisé que les parents avaient le droit de retirer leurs enfants des classes s'ils ne sont pas d'accord avec le contenu des cours.

Une porte-parole du Conseil scolaire public anglais de Toronto rappelle que les enfants qui ne sont pas en classe cette semaine seront considérés comme absents et que leurs parents seront responsables de leur faire reprendre les apprentissages manqués, car l'enseignement continuera comme à l'habitude et les règles prévues en cas d'absence seront appliquées.

La présidente du Conseil de Peel affirme, elle, que nombre de détracteurs sont mal informés sur les objectifs du programme. « Certains véhiculent des faussetés outrancières, comme l'allégation selon laquelle on montrerait [en classe] comment se masturber », lance Janet McDougald.

La semaine dernière, la première ministre ontarienne Kathleen Wynne a rencontré en privé un groupe de parents qui demandent le retrait du programme. La politicienne libérale, ouvertement lesbienne, a réaffirmé que la nouvelle mouture entrerait en vigueur en septembre prochain, comme prévu.

Appuis

Nombre d'associations et d'organismes ont appuyé la réforme, y compris l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), qui croit que les parents souhaitaient que le programme soit actualisé. 

De son côté, l'éducatrice spécialisée en sexualité Lyba Spring affirme que le nouveau programme est très important, parce qu'il ne vise pas seulement des adolescents qui ont déjà une vie sexuelle, il les sensibilise aussi aux agressions et à la notion de consentement.

Avec les informations de La Presse canadienne

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