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L'austérité, au coeur de toutes les manifestations en ce 1er mai 

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À Montréal, des actions dites de « perturbation économique » sont prévues tout au cours de la journée.

À Montréal, des actions dites de « perturbation économique » sont prévues tout au cours de la journée.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Lutter contre l'austérité : tels sont les mots clés pour comprendre la pléthore d'événements qui se déroule partout au Québec en cette fête internationale des travailleurs du 1er mai.

Rassemblements, marches et même BBQ sont organisés au gré des organisations locales. Le tout s'effectue dans une atmosphère calme, ce qui n'enlève rien à la ferveur des manifestants. Les grandes centrales syndicales, les étudiants et différents groupes sociaux participent à ces manifestations.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a déploré l'impact de l'austérité sur les services publics, dans les programmes sociaux, sur les étudiants, mais aussi le ralentissement économique qu'elle entraîne ainsi que la création d'emplois de moindre qualité.

L'austérité dans le secteur public, c'est la charge de travail, ce sont des augmentations de salaire qui frisent le ridicule.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau

« Le plan ne change pas », dit Philippe Couillard

À Saguenay, où il procédait à une annonce de nature économique, le premier ministre du Québec a été accueilli par des manifestants. En réponse aux questions des journalistes qui lui demandaient si ces manifestations contre l'austérité l'ébranlaient, Philippe Couillard a réitéré sa ferme intention de demeurer sur le chemin de l'équilibre budgétaire.

« Je m'adresse, moi, à l'ensemble des Québécois qui travaillent, qui paient des impôts et des taxes et qui s'attendent à ce que le gouvernement les gère bien et ne dépense pas plus qu'il gagne », a-t-il par ailleurs répliqué aux manifestants.

Est-ce qu'il y aura des changements dans l'équilibre budgétaire, l'allégement de la dette et du fardeau fiscal? Non, il n'y aura pas de changement. On continue sur la même trajectoire.

Le premier ministre Philippe Couillard

Selon  Valérie Laflamme, une des porte-parole de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, ce sont les citoyens qui s'emparent du 1er mai pour exprimer leur ras-le-bol.

Mme Laflamme souligne que 856 organisations sociales sont en grève aujourd'hui. « Du jamais-vu dans l'histoire des groupes communautaires », affirme-t-elle.

(Les gens) voient les compressions toucher le développement local et régional, couper l'aide sociale, couper le logement social, diminuer les services en santé et services sociaux. Les gens craignent la privatisation des services publics.

Valérie Laflamme

La journée a en effet été marquée par une multiplications d'initiatives militantes. Un aperçu : il y a eu, tôt en matinée, du piquetage devant des Cégeps tant dans Lanaudière qu'à St-Jérôme ou en Montérégie. Puis, sur l'heure du diner, du piquetage s'est fait devant des CSSS tant en Abitibi-Nord-du-Québec tout comme devant celui de Port-Cartier sur la Côte-Nord. Et après-midi, des marches étaient en cours ou ont eu lieu à Joliette comme à Montréal.

« Les régions voulaient dans leur coin respectif organiser quelque chose » plutôt que d'être toutes contraintes de se déplacer vers Montréal pour la traditionnelle grande marche, a expliqué en entrevue le président de la FTQ, Daniel Boyer. « Nous, on a dit OK, mais il faut que ce soit suffisamment gros pour que ça ait le même impact, sinon un impact plus grand qu'une manif nationale », a-t-il justifié.

Enfin, ce soir, à Montréal, la CLAC organise ce qu'elle qualifie « d'Ostie de grosse manif du 1er mai » composée de « contingents » qui partiront de divers arrondissements pour rejoindre trois points de rassemblement au centre-ville de la métropole.

Une journée qui a commencé de bonne heure

Les manifestations du 1er mai avaient commencé très tôt ce matin à Montréal. Un groupe de manifestants dénonçant les politiques d'austérité du gouvernement du Québec a bloqué durant quelques minutes, dès 6 h, l'accès au chantier de construction du CHUM au centre-ville.

Certains travailleurs, d'accord avec leurs revendications, ont tout de même déploré leurs actions, qui les empêchaient d'entrer au travail. Les policiers sont finalement intervenus, à l'angle des rues Saint-Denis et Viger, et ont rouvert, dans le calme, le chantier de construction.

Une fois délogés du CHUM, les manifestants se sont regroupés au square Philipps, où ils ont fait le plein de participants avant de reprendre la marche. Ils ont pris la direction du Centre international du commerce. Des militants ont également occupé le Palais des congrès et la Tour de la Banque Nationale en plus de manifester devant les locaux de Québecor. Aucune arrestation n'a été effectuée.

Une manifestation illégale des enseignants de cégeps

Le 1er mai n'aura certainement pas été une journée comme les autres dans les cégeps où les enseignants de nombre d'entre eux ont décrété une journée de grève illégale.

La Commission des relations de travail leur a intimé de ne pas débrayer. Une ordonnance que la CSN, qui représente 85 % des professeurs de cégeps, leur a recommandé de suivre.

Qu'à cela ne tienne, les enseignants  de plusieurs cégeps – Abitibi-Témiscamingue, Marie-Victorin, Rosemont et Saint-Jérôme, notamment – ont défié l'ordonnance de la CRT

Dans certains cégeps, ce sont les étudiants, et non les enseignants, qui ont voté une journée de grève. « Dans tous les cas, chez les étudiants, nous sommes complètement solidaires envers les professeurs, envers les travailleurs », a affirmé Alexis Tremblay, président de Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ).

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