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Ottawa fait fi des besoins du Québec en matière de travailleurs étrangers temporaires

Trabajadores temporales extranjeros en Canadá

Photo : RC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement fédéral a refusé les demandes d'assouplissements réclamées par Québec pour faciliter l'embauche de travailleurs étrangers temporaires, au grand dam du ministre du Travail, Sam Hamad, et de la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, qui refusent cependant de jeter l'éponge.

Les ministres Hamad et Weil, qui disent parler au nom de la Fédération des chambres de commerce et des entreprises québécoises, ont déploré, jeudi, d'une même voix, le refus du ministre fédéral de l'Emploi, Pierre Poilièvre, de modifier en ce sens ses réformes au programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) qui entrent en vigueur aujourd'hui.

Même la demande qu'a formulée la ministre Weil à l'attention du ministre Poilièvre, dans l'espoir d'obtenir une rencontre d'urgence, est restée lettre morte.

Un risque d'exode d'entreprises

Lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, Mme Weil a affirmé que l'intransigeance du gouvernement fédéral pourrait inciter des entreprises confrontées à une pénurie de main-d'oeuvre à quitter le Québec pour aller s'établir aux États-Unis.

« Quand nos entreprises n'arrivent pas à trouver de la main-d'oeuvre dans leurs régions, on ne vient pas les aider de quelque façon que ce soit en leur mettant des bâtons dans les roues comme le fait le gouvernement fédéral, a-t-elle dit. Nous tenons aujourd'hui à envoyer un message clair : l'application unilatérale de cette réforme par Ottawa aura des conséquences sur notre économie, sur nos entreprises et sur notre marché du travail. »

Son mécontentement, Québec l'avait exprimé il y a une dizaine de jours, disant craindre l'impact de cette réforme sur l'économie de la province. Selon Mme Weil, on parle à peu près de 5000 travailleurs temporaires qui sont affectés par cette réforme au Québec.

Des restrictions nombreuses et coûteuses

Dans sa nouvelle réglementation, Ottawa impose une limite au nombre d'employés étrangers dans les entreprises et réduit la durée de leur séjour au pays pour favoriser l'embauche de Canadiens.

Les mesures du gouvernement fédéral ne tiennent pas compte de la réalité du Québec, de la réalité du marché de l'emploi, imposent de la paperasserie additionnelle dans le traitement des demandes et vont priver les entreprises d'une main-d'oeuvre qualifiée.

Une citation de :Le ministre du Travail du Québec, Sam Hamad

Martine Hébert, vice-présidente de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, soutient que la réforme du gouvernement canadien augmente le coût pour les entreprises de l'embauche des travailleurs étrangers et multiplie les formalités administratives.

Elle déplore que dans les régions où le taux de chômage est de plus de 6 %, les employeurs des secteurs de l'hébergement, de la restauration et du commerce de détail n'auront plus le droit de recourir à ces travailleurs étrangers temporaires.

La réforme du gouvernement fédéral réduit de 4 ans à 1 an la durée de validité des permis de travail des travailleurs étrangers temporaires et limite à 10 % la proportion des travailleurs étrangers dans les entreprises.

Sam Hamad, ministre du TravailAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sam Hamad, ministre du Travail

Photo : Radio-Canada

Sam Hamad rappelle que les entreprises québécoises se tournent vers les travailleurs étrangers parce qu'elles font face à une pénurie de travailleurs spécialisés et de main-d'oeuvre dans certains domaines comme la transformation alimentaire, la restauration, le commerce de détail et l'agriculture.

La petite histoire des négociations

Québec a fait des représentations auprès du gouvernement fédéral afin de négocier les termes de la réforme, mais sans succès. Kathleen Weil avait protesté lorsque le fédéral avait instauré un moratoire sur l'embauche de travailleurs étrangers, l'an dernier.

« On n'avait pas eu de préavis [...] et on avait convenu que nos fonctionnaires allaient s'asseoir ensemble pour regarder très précisément l'impact de la réforme et c'est ce qui s'est passé. La réforme a été repoussée [et] ne s'appliquait pas au Québec jusqu'à aujourd'hui », a expliqué la ministre de l'Immigration du Québec sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première.

En vertu de l'accord Canada-Québec, la province a demandé à ce qu'Ottawa tienne compte de son évaluation quant aux impacts sur les entreprises, sur la croissance économique et dans les régions.

Il n'y a jamais eu d'abus de ce programme au Québec. On a toujours géré ce programme avec beaucoup de rigueur et en visant les travailleurs québécois, dans un premier temps. Les entreprises font leur recherche et il y a un constat : en effet, il y a pénurie, et besoin, pour ce travailleur étranger temporaire.

Une citation de :La ministre de l'Immigration du Québec, Kathleen Weil

Québec souhaite également que le fédéral tienne compte de sa réalité au plan démographique : « On est vraiment la province qui vit la décroissance démographique, affirme Kathleen Weil. C'est pas le phénomène en Ontario et dans le reste du Canada. Alors on a dit regardez notre situation de près ».


Pour voir le graphique sur vos appareils mobiles, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Principaux changements au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) :

- Les entreprises de plus de 10 employés ne pourront pas faire venir de l'étranger plus de 10 % de leur main-d'oeuvre peu rémunérée, et ce, par lieu de travail.

- Dans les régions où le chômage est à plus de 6 %, les entreprises ne pourront pas recruter de travailleurs étrangers dans les secteurs de l'hôtellerie, du commerce au détail et de la restauration.

- Le séjour d'un travailleur étranger au Canada sera limité à deux ans, au lieu de quatre.

- Aucun employé canadien ne pourra être mis à pied ou voir ses heures réduites après l'embauche d'un travailleur étranger.

- Avant de pouvoir faire appel au PTET, un employeur devra prouver qu'il a fait des démarches pour embaucher un Canadien, en déclarant le nombre de postulants canadiens, le nombre d'entrevues réalisées et les raisons pour lesquelles aucun candidat n'a été retenu.

- Le gouvernement impose aux employeurs des frais d'utilisation de 1000 $ pour chaque poste destiné à un travailleur étranger, une augmentation de 725 $.

- Le nombre d'inspections sera augmenté de façon considérable et les employeurs qui enfreignent les règles du programme peuvent recevoir des amendes allant jusqu'à 100 000 $.

Source : Immigration et citoyenneté Canada

Avec les informations de La Presse canadienne

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