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Bell Helicopter supprime 1100 emplois, dont près de 300 à Mirabel

Bell Helicopter Textron à Mirabel, au Québec.

Bell Helicopter Textron à Mirabel, au Québec.

Photo : Google

Radio-Canada

Le constructeur d'hélicoptères Bell Helicopter, une société de Textron, supprimera 1100 emplois à travers le monde, dont près de 300 à ses installations de Mirabel, où travaillent 1450 personnes.

Les licenciements annoncés sont permanents, et non cycliques comme cela se voit régulièrement dans l'industrie de l'aéronautique.

Le président et chef de la direction de Bell Helicopter, John Garrison, a indiqué que tous les types d'emploi sont touchés, allant des travailleurs dans les usines jusqu'à l'équipe de direction.

Nous devons prendre des moyens agressifs [...] afin d'aligner nos coûts avec nos besoins.

Le président et chef de la direction de Bell Helicopter, John Garrison, dans un message transmis aux employés

Le nombre de départs involontaires variera selon la popularité du programme de départ volontaire, a souligné Lindsey Viotto, porte-parole de l'entreprise. 

Les mises à pied devraient être terminées d'ici le milieu de l'été. Aucun travailleur n'est syndiqué à l'usine de Mirabel.

De son côté, le ministre québécois de l'Économie, Jacques Daoust, a tenté de minimiser cette réduction d'effectif à Mirabel, affirmant que la production de l'usine devrait demeurer la même.

La fabrication ne sera pas affectée. C'est à l'échelle de la planète. C'est une multinationale qui a une usine chez nous et qui décide de restructurer. Il y a peu de choses que l'on puisse faire.

Le ministre de l'Économie du Québec, Jacques Daoust

Mais le critique du Parti québécois en matière d'économie, Pierre Karl Péladeau, ne fait pas preuve du même optimisme. Il affirme que ce qui arrive à Bell Helicopter est « problématique » et que le gouvernement de Philippe Couillard n'a pas fait ce qu'il fallait. « Ce sont des pertes d'emploi auxquelles nous faisons face, aucune politique industrielle, aucune politique économique; c'est ça, le lot de l'effet libéral », affirme M. Péladeau.

Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, rappelle que Bell Helicopter est à Mirabel depuis 25 ans « et avec 1100 emplois sur le site, dit-il, je ne crois pas que c'est demain qu'on verra l'usine fermer ».

Il rappelle que, dans sa ville, ce sont 4000 emplois qui sont consacrés au secteur de l'aéronautique. « Il y a des hauts et des bas dans ce domaine-là », conclut-il.

Une succession de mauvaises nouvelles

Ce ne sont pas les seules mises à pied à avoir frappé l'usine de Bell Helicopter à Mirabel : il y a quelques mois, Textron y avait supprimé 450 postes.

L'annonce de ces nouvelles mises à pied survient alors que Textron publie des résultats financiers décevants : les revenus de la division Bell Helicopter ont baissé de 60 millions de dollars, soit 7 %, et les profits ont chuté de 21 % au dernier trimestre. 

L'entreprise basée au Texas justifie sa décision de mettre à pied une partie de sa main d'oeuvre par la réduction de la production de l'hélicoptère militaire V-22 et la lente reprise dans le secteur commercial.

Bell Helicopter ajoute avoir constaté une réduction de la vente de pièces de remplacement et dit ressentir les effets de la baisse des dépenses décrétée par le gouvernement américain.

La baisse marquée des investissements dans l'industrie pétrolière, due à la chute du prix du pétrole, a fait diminuer les commandes d'hélicoptères, selon le porte-parole de Textron.

Ce dernier ajoute que la faiblesse de l'économie dans plusieurs pays a également fait baisser la demande d'hélicoptères de taille moyenne, utilisés pour le transport de hauts dirigeants d'entreprises et pour les services de sauvetage.

Des commandes du fédéral

Il y a quelques semaines, le ministre responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, Denis Lebel, s'était déplacé à Mirabel pour annoncer l'achat de sept hélicoptères, au coût de 156 millions de dollars, pour la Garde côtière canadienne. L'an dernier, Bell Helicopter avait également décroché le contrat du gouvernement fédéral pour 15 appareils légers.

À Mirabel, mardi, après l'annonce des compressions, des employés tentaient de faire contre mauvaise fortune bon coeur : « Ça ne m'inquiète pas du tout, ça va bien aller », disait un homme. « C'est sûr que le marché est bas présentement, mais je suis sûr que ça va remonter. Je ne suis pas inquiet pour l'avenir de Bell Helicopter », affirmait un autre. 

Une perte au plan humain

On va perdre du bon monde. C'est désolant. C'est la conjoncture économique. Même en Europe ça ne va pas bien. 

Un employé de Bell Helicopter

Mehran Ebrahimi, professeur et directeur du groupe d'études des entreprises de l'aéronautique de l'UQAM, va dans le même sens que cet employé : ces mises à pied pourraient nuire à l'entreprise, qui se trouve à perdre de l'expertise.

« Je pense que Bell Helicopter était en mesure de garder ces gens-là parce que ce sont en même temps des experts », déplore M. Ebrahimi.

Il y a de fortes chances que ces gens-là, qui ont de l'expertise en ingénierie technique, se replacent assez facilement. [...] Ils vont peut-être même quitter le pays parce que, même si la conjoncture sur la scène internationale n'est pas très bonne, ils risquent de se replacer.

Mehran Ebrahimi, professeur et directeur du groupe d'études des entreprises de l'aéronautique de l'UQAM

Mehran Ebrahimi rappelle que le secteur de l'aéronautique souffre de la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée. De l'avis de cet expert, Bell Helicopter fait ici un choix financier à court terme qui pourrait s'avérer coûteux à long terme.

Avec les informations de Sonia Duguay

Avec les informations de La Presse canadienne

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Économie