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Le couvre-feu défié à Baltimore, la police intervient

Un manifestant dans les rues de Baltimore

Un manifestant dans les rues de Baltimore

Photo : Shannon Stapleton / Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Appuyés par des gardes nationaux, les policiers de Baltimore sont intervenus dans la nuit de mardi à mercredi pour disperser les dizaines de personnes qui ont bravé le couvre-feu en vigueur pour la première fois de la semaine. Le calme revient progressivement dans la ville.

Peu après 22 h, à une intersection de l'ouest de la ville qui avait été le théâtre des émeutes les plus violentes lundi, des policiers ont été ciblés par des projectiles, dont des bouteilles, après avoir demandé à la foule de libérer la voie publique.

En utilisant des gaz irritants et des balles de caoutchouc, ils ont scindé et dispersé le groupe en quelques minutes et ont procédé à sept arrestations.

Trois autres personnes ont par ailleurs été arrêtées ailleurs dans la ville, notamment dans un quartier du sud où des manifestants ont lancé des pierres et des briques sur des policiers, blessant au moins un agent.

La police de Baltimore a également fait savoir qu'un incendie avait été allumé devant une bibliothèque.

Pendant les minutes précédant le couvre-feu, des policiers avaient sillonné la ville en voitures de patrouille avec des porte-voix, et même un hélicoptère avec un haut-parleur, pour prévenir de son imminence.

Appel au respect du couvre-feu

Plus tôt dans la journée, le capitaine John Kowalczyk, de la police de Baltimore, avait invité la population à respecter ce couvre-feu, qui sera appliqué fermement, mais avec  bon sens aussi, a-t-il dit. Toute personne se trouvant dehors, sauf pour des raisons professionnelles ou médicales, sera arrêtée, avait-il prévenu.

« Cette nuit, nous aurons 2000 gardes nationaux et plus d'un millier de policiers en service » pour « restaurer l'ordre », avait fait savoir le gouverneur du Maryland Larry Hogan.

Alors que le gouverneur Hogan a décrété l'état d'urgence, la mairesse de Baltimore, Stephanie Rawlings-Blake, a imposé un couvre-feu entre 22 h et 5 h pour le reste de la semaine.

M. Hogan a affirmé avoir tout mis en oeuvre pour que les choses se déroulent différemment mardi soir. « Nous mobilisons toutes les ressources de l'État. Nous voulons rétablir le calme et que les gens se sentent en sécurité. Nous offrons le logement d'urgence. Nous avons 2000 bénévoles mobilisés dans l'État et des milliers de policiers de plus dans les rues ».

Nous ne voulons pas revivre ce que nous avons vécu hier soir. Cela ne se reproduira pas ce soir.

Une citation de :Le gouverneur du Maryland, le républicain Larry Hogan

Un match des Orioles sans public

Signe que le calme demeure fragile à Baltimore, l'équipe locale de baseball, les Orioles, annonce qu'elle maintient son match de mercredi face aux White Sox de Chicago, mais que le stade sera fermé au public.

Retour au calme, lourd bilan

Nettoyage dans les rues de Baltimore au lendemain de violentes émeutesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nettoyage dans les rues de Baltimore au lendemain de violentes émeutes

Photo : Matt Rourke

Un calme relatif était revenu dans la ville, mardi, après une nuit d'émeutes qui a mené à de nombreux actes de pillage et de vandalisme. Au moins 20 policiers ont été blessés en tentant de mettre fin aux violences, selon un bilan communiqué par le capitaine Kowalczyk.

Il a ajouté qu'une personne se trouve dans un état critique, victime des incendies qui ont éclaté lors des émeutes.

Les autorités font état aussi de 144 véhicules et 19 immeubles incendiés, de même que 230 arrestations. Plusieurs commerces ont par ailleurs été pillés.

Ci-dessous : Une chaîne humaine de bénévoles s'est formée entre la foule et la police, mardi, à Baltimore. « Pour éviter tout contact. Pour éviter toute violence », dit le pasteur Terrance Priester. Photos : Radio-Canada/Marcel Calfat

Des policiers font face aux manifestants à Baltimore.
Une chaîne humaine de bénévoles s'est formée entre les manifestants et les policiers à Baltimore, pour éviter tout contact.
Le pasteur Terrance Priester, au milieu des manifestants à Baltimore.

Obama condamne la violence, mais invite à l'introspection

Le président américain Barack Obama a dénoncé les violences perpétrées à Baltimore, dans une déclaration faite à la Maison-Blanche, à la mi-journée, mardi. Il a affirmé que rien ne justifiait ces actes « contre-productifs ».

Quand un individu se munit d'une barre en fer et tente de forcer les portes pour piller, il ne proteste pas [...]  il vole. Quand des individus mettent le feu à un immeuble, ils commettent un acte criminel. Et ils détruisent et minent le commerce et ses possibilités dans leur propre communauté, ce qui prive les gens d'emplois. Il est donc tout à fait approprié que la mairesse et le gouverneur tentent de stopper cette violence et cette destruction insensées.

Une citation de :Le président américain Barack Obama

Barack Obama a invité par ailleurs la police américaine à faire son « examen de conscience » sur la façon avec laquelle elle traite les suspects afro-américains.

Il estime que les policiers doivent reconnaître que certains d'entre eux ont un problème dans leurs rapports avec les personnes de couleur soupçonnées d'infractions.  

« Il y a certains policiers qui ne font pas ce qui est juste », a laissé entendre le président américain.

Nous ne pouvons nous contenter de laisser faire la police. Il me semble qu'il y a des services de police qui doivent faire leur examen de conscience. Je pense qu'il y a certaines communautés qui doivent faire leur examen de conscience. Mais, nous, en tant que pays, devons (aussi) faire notre examen de conscience. Ce n'est pas nouveau. Cela dure depuis des décennies. 

Une citation de :Barack Obama.

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L'élément déclencheur : le décès de Freddie Gray

La ville a été la proie d'un soulèvement quelques heures après les funérailles de Freddie Gray. Au moment de son arrestation, le 12 avril dernier, ce jeune Afro-Américain avait sur lui un couteau à cran d'arrêt. Lors de son interpellation, il a été victime d'une fracture des vertèbres cervicales qui a entraîné son décès, une semaine plus tard. La police a ouvert une enquête dont les conclusions seront transmises au parquet. Six agents ont été suspendus et le département de la Justice mène également une enquête sur une possible violation des droits civiques.

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Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Agence France-Presse

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