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Les Bernier fébriles à l'aube de la finale

Les Bernier fébriles à l'aube de la finale
Radio-Canada

Le sous-sol de la famille Bernier, à Brossard, est une véritable caverne d'Ali Baba.

Un texte d'Antoine DeshaiesTwitterCourriel

On y trouve des centaines de cassettes VHS des plus grands matchs de l'histoire du soccer. Certains matchs de Patrice, enfant, se sont fait leur place au sein de cette collection.

« Même si on m'offrait de l'argent, je ne vendrais pas ma collection, dit Jean Bernier, le paternel. Ça vaut plus que de l'argent. C'est de l'histoire ça. »

Jean Bernier a longtemps joué au soccer en Haïti, puis à Montréal dans la défunte Ligue excellence, au début des années 1970. Il a longtemps été entraîneur, puis dirigeant à Soccer Québec.

Il a même été admis au Panthéon du soccer québécois.

« C'est lui qui m'a transmis la passion du soccer, explique Patrice. Il a été mon entraîneur, me racontait des histoires et me faisait visionner certains des plus grands matchs de l'histoire. »

Enfant, Bernier connaissait donc déjà la magie entourant le stade Azteca, à Mexico, où l'Impact a fait match nul 1-1 mercredi dernier contre América.

« C'est le seul stade au monde à avoir accueilli deux finales de Coupe du monde, rappelle Jean Bernier. Pelé a gagné avec le Brésil en 1970, puis Maradona en 1986 avec l'Argentine. La main de Dieu, c'était là aussi. »

Le paternel a bien sûr fait le voyage à Mexico la semaine dernière. 

« C'était émouvant de voir mon fils fouler cette pelouse. Il y a plusieurs grands joueurs qui n'auront jamais cette chance. C'est extraordinaire pour lui, en plus il l'a fait comme capitaine. Ça, c'est venu me chercher. »

Patrice, qui a aussi joué en Europe, téléphone à son père Jean après chaque match depuis le début de sa carrière. Les deux échangent sur le match et analysent la performance du milieu de terrain.

Aujourd'hui, le fils est le plus sévère des deux.

« Plus jeune, même si je marquais 10 buts, mon père trouvait toujours quelque chose à corriger, explique Patrice. J'ai hérité de ce jugement critique. J'ai ce côté insatiable de n'être jamais complètement satisfait de ma performance. »

Un match attendu mercredi

Papa sera bien sûr dans les tribunes du Stade olympique mercredi pour le plus grand match de l'histoire de l'Impact et sans doute du soccer québécois.

Si la population peine à mesurer la magnitude de la rencontre de mercredi, Jean Bernier parle d'un impact planétaire. Un ami du Brésil lui a même écrit la semaine dernière.

« Il est à Curitiba, au Brésil, et il m'a envoyé une note pour féliciter Patrice d'avoir participé à cette compétition. On parle d'un Brésilien qui connaît son foot et qui suit les grands clubs de son pays. Que lui s'intéresse au match, ça montre toute l'envergure de cette compétition. »

« Si on gagne mercredi, on va remporter le plus grand trophée, ajoute Patrice. La MLS, c'est bien, mais c'est un trophée local. Ça, c'est international, ça nous permet à la fin de l'année d'aller affronter d'autres grands clubs internationaux à la Coupe du monde des clubs. »

« Si on gagne mercredi, on va mettre le sceau sur l'histoire, explique le paternel. Ça ne pourra plus jamais s'effacer. L'Impact de Montréal aura réécrit l'histoire. »

De voir son fils soulever la Coupe dans sa ville et son stade serait indescriptible. Pourtant, son fils lui en a fait vivre, des émotions.

« Je me souviens, j'étais en Norvège quand Patrice jouait pour Tromso. Il a marqué un but en Ligue Europa contre Galatasaray, le plus grand club de Turquie. Ma femme et moi sommes allés attendre l'équipe à son retour à l'aéroport en plein milieu de la nuit. »

Le match en question (Patrice Bernier marque à 1:15) : 

« Quand la foule a su que nous étions les parents de Patrice, ils nous ont encerclés et ont commencé à chanter en l'honneur de notre fils. C'était très émouvant. »

Une victoire et le club aura sa légende. Patrice, lui, mettra un point d'exclamation à une carrière bien remplie.

« On espère obtenir du succès et faire partie de ce moment d'histoire », conclut Patrice Bernier.

Mais gagne ou perd, Patrice aura aussi un pied dans la porte du Panthéon du soccer, où son père l'attend.

Grand Montréal

Soccer