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Fuite des Lev Tahor en 2013 : plusieurs maisons à vendre

19 maisons ont été laissées derrière, à Sainte-Agathe, par les Lev Tahor.
19 maisons ont été laissées derrière, à Sainte-Agathe, par les Lev Tahor. Photo: Francis Labbé
Radio-Canada

Les membres de la communauté juive Lev Tahor ont abandonné un quartier complet à Sainte-Agathe. Des maisons qui sont toutes à vendre, mais qui, dans plusieurs cas, n'attirent pas du tout les acheteurs.

Un texte de Francis LabbéTwitterCourriel

Maisons modifées pour répondre aux besoins de la communauté, fenêtres qui ne ferment plus, couvre-planchers en piteux état, cloisons supplémentaires ajoutées de manière « peu orthodoxe », miroirs repeints pour les rendre opaques, voilà des caractéristiques de plusieurs maisons appartenant à la communauté juive Lev Tahor à Sainte-Agathe.

Le courtier immobilier Henri Primeau a reçu le mandat de vendre les propriétés de la communauté Lev Tahor à Sainte-Agathe.Le courtier immobilier Henri Primeau a reçu le mandat de vendre les propriétés de la communauté Lev Tahor à Sainte-Agathe. Photo : Francis Labbé

« Le monsieur rénovateur est le client parfait », explique Henri Primeau, le courtier immobilier qui a reçu le mandat de vendre les maisons, qui appartiennent toujours à la communauté Lev Tahor, dans la majorité des cas.

Ces maisons sont inhabitées depuis le 18 novembre 2013, lorsqu'ils ont fui pour l'Ontario afin d'éviter que la Direction de la protection de la jeunesse ne prennent leurs enfants.

Quatre maisons ayant appartenu à la communauté Lev Tahor ont un certain potentiel de vente, selon le courtier immobilier.Quatre maisons ayant appartenu à la communauté Lev Tahor ont un certain potentiel de vente, selon le courtier immobilier. Photo : Francis Labbé

« Il y en avait 19 en tout, deux ont été vendues et trois ont été reprises par le créancier hypothécaire », explique Henri Primeau. « Il en reste donc 14, mais de celles-là, environ quatre ont un potentiel sérieux pour la revente. »

L'une de ces maisons, évaluée à 205 000 $, pourrait être vendue pour aussi peu que 135 000 $, selon le courtier immobilier.

Je dirais qu'il y en a trois ou quatre qui valent vraiment la peine d'y mettre du temps et des sous pour pouvoir rénover ça. Les autres, d'après moi, c'est peine perdue.

Henri Primeau, courtier immobilier
Plusieurs résidences abandonnées par la communauté Lev Tahor sont dans un piteux état.Plusieurs résidences abandonnées par la communauté Lev Tahor sont dans un piteux état. Photo : Francis Labbé

Créanciers

La Ville de Sainte-Agathe évalue à plus de 5000 $ les impôts fonciers impayés. Vers la fin de mai, si ces arrérages ne sont pas remboursés, une dizaine de maisons pourraient ainsi être saisies.

Trois résidences ont été reprises par la banque qui en finançait l'hypothèque. Ce nombre risque d'augmenter au cours des prochaines semaines. « Les maisons qui vont être vendues ne permettront pas aux propriétaires de réaliser des profits », estime Henri Primeau.

« En général, les créanciers hypothécaires honorent ces dettes et reprennent ensuite  les maisons », explique Henri Primeau. « La valeur de l'ensemble des propriétés ici était évaluée à 4,4 millions. Il y a plusieurs terrains vacants. Mais maintenant, cette valeur est plutôt réduite à 3 millions parce que, visiblement, plusieurs bâtiments devront être démolis. »

50 000 $ en taxes impayées

Selon le maire de Sainte-Agathe, les impôts fonciers impayés par Lev Tahor s'élèvent à « environ 50 000 $ » selon le maire de la ville, Denis Chalifoux. « Nous allons possiblement devenir propriétaires de certaines propriétés si les dettes ne sont pas remboursées et les délais sont déjà prescrits. »

« Parce qu'une dizaine de maisons n'ont pas été entretenues, elles devront probablement être démolies, et ce, même si elles n'ont été construites qu'il y a dix ans », a rajouté le maire Denis Chalifoux.

« Ce n'est pas amusant de parler de démolir un quartier complet (...) mais i s'il y a du ménage à faire, nous allons le faire et laisser place à de nouvelles maisons, qui revitaliseront un secteur qui en a bien besoin. »

Une synagogue laissée en plan

Au début des années 2 000, la communauté avait entrepris la construction d'une synagogue sur l'un des terrains lui appartenant. Mais les travaux de fondation ont été laissés en plan.

« La municipalité a posé des gestes pour qu'ils la terminent, mais ils ont pris des avocats et nous avons laissé tomber les procédures », a expliqué le maire Denis Chalifoux. « Depuis, nous avons fait changer l'usage sur ce terrain, de sorte qu'un tel bâtiment ne pourra plus être construit. »

Résultat, une immense structure de béton trône depuis plus de dix ans sur un monticule rocheux, en pleine forêt, tout près d'une rivière. 

La communauté juive Lev Tahor avait commencé la construction d'une synagogue sur un terrain leur appartenant, à Sainte-Agathe.La communauté juive Lev Tahor avait commencé la construction d'une synagogue sur un terrain leur appartenant, à Sainte-Agathe. Photo : Francis Labbé
La synagogue laissée en plan à Sainte-Agathe.La synagogue laissée en plan à Sainte-Agathe. Photo : Francis Labbé
Une fondation en béton pour une synagogue dont la construction a été interrompue par la municipalité de Sainte-Agathe.Une fondation en béton pour une synagogue dont la construction a été interrompue par la municipalité de Sainte-Agathe. Photo : Francis Labbé

Société