•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le maintien en détention d'un étudiant militant dénoncé

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, et l'avocat Julius Grey
Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, et l'avocat Julius Grey Photo: Marie-Eve Maheu
Radio-Canada

Le député de Québec solidaire Amir Khadir et l'avocat Julius Grey dénoncent la détention préventive de l'étudiant militant Hamza Babou, arrêté à la suite de levées de cours houleuses à l'UQAM. Un juge de la cour municipale de Montréal a décidé de le garder derrière les barreaux dans l'attente de son procès.

Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel

« On assiste à une judiciarisation, certains parleraient d'une criminalisation, de la contestation politique », a déploré Amir Khadir en conférence de presse dimanche.

« Alors que plusieurs bandits que nous avons pu voir passer devant la commission Charbonneau continuent à courir en toute liberté, il y a un sentiment de deux poids deux mesures », a-t-il ajouté.

Hamza BabouHamza Babou Photo : Facebook

Il presse les juristes, les associations de défense des droits et le public à faire entendre leur voix dans le dossier. « On doit se demander si c'est comme ça en démocratie qu'on protège le droit des individus, le droit à la dissidence, le droit à la grève, et même le droit des accusés. »

Le député était accompagné de Julius Grey, spécialiste des droits de la personne, qui croit lui aussi que le maintien en prison d'Hamza Babou est un « geste punitif » injustifié.

C'est vraiment insolite. L'incarcération dans l'attente d'un procès doit être pour les cas les plus exceptionnels, et cela n'en est pas un.

Julius Grey

Il souligne que des accusés d'homicide involontaire sont souvent libérés sous caution.

Hamza Babou fait face à 12 chefs d'accusation de voies de fait, d'agression armée (pour avoir utilisé des serpentins en aérosol), de menaces de mort ou de lésions corporelles et d'attroupement illégal.

Me Grey ne remet pas en question la bonne foi du juge de la cour municipale, même s'il se dit convaincu que sa décision sera infirmée. C'est d'ailleurs l'intention de l'avocate d'Hamza Babou, Me Véronique Robert, qui devrait déposer lundi une requête de remise en liberté en Cour supérieure.

Me Grey n'est pas contre ce jugement en particulier ou contre le juge, mais plutôt contre « une tendance en droit criminel, une nouvelle sévérité dans un monde où il y a de moins en moins de crimes ».

« La dissidence est importante, particulièrement quand le point de vue n'est pas populaire. On n'a pas besoin de la liberté d'expression pour dire j'aime ma mère, illustre-t-il. C'est quand on veut dire quelque chose de dérangeant, quand on n'a pas l'accord, qu'il est nécessaire de pouvoir être dissident. »

Le juge Denis Laberge, qui a refusé de libérer Hamza Babou, a expliqué dans son jugement qu'il croyait « que l'opinion publique serait un peu découragée de voir que la justice, finalement, n'arrive à rien », soulignant que l'accusé avait déjà violé une injonction de la Cour supérieure pour stopper le blocage des cours à l'UQAM.

Le juge s'était défendu de vouloir faire du jeune homme un exemple. « Je ne veux pas que vous soyez la personne qui paye pour tous les autres. Ce n'est pas ça du tout », avait-il dit au jeune militant.

Hamza Babou doit revenir en cour municipale mercredi.

Grand Montréal

Société