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Christiane Taubira, une ministre française éprise de justice, en visite au Canada

Christiane Taubira, ministre de la Justice française.

Radio-Canada

La ministre française de la Justice a profité de sa visite au Canada et de son passage à la Faculté de droit de l'Université de Montréal pour parler du difficile, mais nécessaire équilibre que toute société doit trouver entre la lutte contre le terrorisme et la préservation des libertés individuelles.

« N'attendez pas que je vienne vous dire que c'est facile, qu'on a trouvé la solution juste en claquant des doigts, qu'il n'y a aucun risque [...], puisque je vous dis que c'est difficile », a averti Christiane Taubira.

« On ne veut pas dénaturer nos démocraties, nos États de droit, nous voulons faire cela de la façon la plus sérieuse et responsable possible [mais] c'est délicat », a poursuivi la ministre française.

Mme Taubira a évoqué au passage le débat en cours à Ottawa entourant le projet de loi antiterroriste C-51, évitant cependant toute critique.

« Le Canada construit ses propres réponses. Maintenant, je pense qu'il y a dans la société, aussi bien canadienne que française, des forces de vigilance, des structures, des institutions, même de contrôle qui s'assurent que la balance est bien faite entre la nécessité de protéger en assurant la sécurité, et la nécessité de préserver les libertés », a-t-elle convenu.

En entrevue à 24/60, en soirée, Mme Taubira a comparé plusieurs valeurs de la France à celles du Québec, comme « cet attachement à la culture, cet attachement à la solidarité, ce souci de l'autre [qui] sont des choses que nous avons en commun », a-t-elle dit à Anne-Marie Dussault, écorchant au passage la droite française. « Je trouve que c'est trop beau pour être enlaidi aujourd'hui par l'image que renvoie l'extrême droite », a-t-elle poursuivi.

Devant la perspective que la chef du Front national Marine Le Pen soit candidate à la présidence en 2017, elle a répondu que ce serait « hideux pour la France, pour l'image de la France ».

Mais si elle se montre critique de la droite, la ministre l'est aussi envers sa propre famille politique. « C'est-à-dire que je veux être lucide, confie-t-elle. Donc je ne dissimule pas nos fautes, nos erreurs, nos défauts, parce que je crois que la gauche est bien utile et bienfaisante pour la société. Et par conséquent, il faut qu'elle aie les coudées franches pour agir selon ses valeurs, selon son patrimoine, selon sa doctrine, qui repose essentiellement sur une ambition d'égalité et de justice sociale. »

La ministre française de la Justice, au Canada pour trois jours, a notamment signé à Ottawa un accord de coopération en matière de renseignements avec le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.

Avec les informations de Agence France-Presse

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