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« Optimiste », « sans surprise », « austère » : réactions au budget 2015

Charles Sousa, le ministre des Finances de l'Ontario présente le budget 2015.

Charles Sousa, le ministre des Finances de l'Ontario présente le budget 2015.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Nos analystes, le politologue Ian Roberge et les économistes Jean-Paul Lam et Sébastien Lavoie, ainsi que des officiels commentent le budget 2015 de l'Ontario. 

Perspectives économiques et équilibre budgétaire

Le politologue Ian Roberge croit que la dette « est un gros montant et ça demeure un objectif que le gouvernement, même en ce début de mandat, ne semble pas particulièrement intéressé à toucher ».

Pour l'économiste Jean-Paul Lam, « cette promesse [d'équilibre budgétaire en 2017-2018] repose surtout sur des perspectives économiques assez fortes : une relance des exportations pour augmenter les recettes d'impôt sur les entreprises et les ménages. Cela repose surtout sur l'accroissement des sources de revenus venant de la vente des biens provinciaux et venant d'une hausse des recettes d'impôt. »

« Lorsqu'on regarde dans le budget, on réalise que pour atteindre l'objectif du déficit zéro en 2017-2018, il va falloir couper. »

— Une citation de  Ian Roberge, politologue

Il estime aussi que le budget 2015 est sans grande surprise. « Il n'y a presque pas de marge de manoeuvre parce je pense que les prévisions sont assez optimistes. Donc s'il y a un choc négatif à l'économie, je pense que les prévisions seront difficiles à réaliser », ajoute-t-il.

L'économiste à la Banque Laurentienne Sébastien Lavoie croit que c'est « un budget de réaction par rapport à une situation économique qui s'améliore, mais qui ne sera pas suffisante pour rééquilibrer les livres budgétaires ».

Quant à l'élimination du déficit en 2017-2018, la province n'a pas vraiment le choix, selon lui. « Je pense que c'est une réalisation nécessaire parce que les agences de crédit regardent », dit-il. Sébastien Lavoie pense toutefois que l'échéancier est réaliste, mais que le gouvernement compte beaucoup sur la vigueur de l'économie américaine.

Investissements en infrastructure

Jean-Paul Lam estime que c'est « définitivement un bon plan à long terme. Je pense que la province fait un gros chantier dans les dix années à venir. Ça va permettre la création d'environ 100 000 emplois dans les 10 années à venir, mais tout va dépendre de comment on va financer ces projets à part avec les ventes des sociétés d'État ».

Pour Ian Roberge, ça ne fait aucun doute : « je pense que l'objectif premier de ce budget c'est d'épater parce qu'on lance de gros gros chiffres et on les lance sur 10 ans ».

Sébastien Lavoie estime lui aussi que le plan d'investissement de 130 milliards de dollars en infrastructures est un bon plan à long terme et qu'il est temps de le faire.

Un budget d'austérité?

Ce n'est pas un budget d'austérité dit le politologue, Ian Roberge. Il nuance toutefois en ajoutant : « Est-ce que c'est un budget d'austérité cachée? Possiblement, mais encore là, qu'est-ce qui est coupé exactement dans chaque ministère. Ce n'est pas nécessairement très clair lorsque l'on regarde le budget ».

Sébastien Lavoie affirme que « c'est un budget austère avec lequel on essaie de plafonner les dépenses qui le sont depuis quelque temps ».

Transport en commun

Le maire de Toronto, John Tory, se réjouit du budget présenté par le gouvernement ontarien, surtout du volet consacré au transport en commun. « Le budget provincial s'engage explicitement à construire le service ferroviaire express régional dans les corridors de Kitchener et Stouffville. Mais ne vous méprenez pas, c'est la base de SmartTrack », a-t-il déclaré.

John Tory a ajouté que Toronto a maintenant deux partenaires aux niveaux fédéral et provincial pour développer le transport en commun dans la ville.

« Aujourd'hui, nous avons la confirmation de l'engagement de la province pour SmartTrack. »

— Une citation de  John Tory, maire de Toronto

Son prédécesseur, le conseiller municipal Rob Ford, se dit confus par ce que dit John Tory, à savoir que les autres paliers de gouvernement appuient son plan de transport en commun. « Je n'ai pas vu son plan lié à du financement. Le maire Tory parle comme si le plan de la province d'électrifier les rails est en train d'être fait pour son plan de transport en commun. Cette étude a été faite en 2010 et faisait partie de la proposition de budget début 2014 », dit-il.

Rob Ford regrette aussi que les gouvernements provincial et fédéral n'aient pas mis en place un budget dédié à l'amélioration du transport en commun et de l'infrastructure à Toronto.

L'Association des municipalités de l'Ontario rappelle au gouvernement que si des investissements sont nécessaires pour le transport en commun dans la région de Toronto, à l'extérieur de la métropole aussi il y a un besoin d'argent pour les routes et les ponts.

L'organisme de défense de l'environnement Environmental Defence croit que l'investissement dans le transport en commun et l'engagement de la province dans un système de limitation et d'échange sur le carbone montre que le gouvernement « est sérieux quant au besoin de s'occuper des changements climatiques ».

D'autres réactions

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante estime que le budget provincial fera du mal aux entrepreneurs indépendants et à leurs employés « en allant de l'avant avec son plan de retraite, un impôt déguisé sur les fiches de paie ».

La Fédération du travail de l'Ontario estime que « le gouvernement tente de laisser le public décider entre garder Hydro One comme tel et construire les infrastructures publiques et c'est un faux choix ».

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Ontario