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Budget de l’Ontario : déficit de 8,5 G$; des milliards pour les infrastructures

Le ministre des Finances de l'Ontario, Charles Sousa, présente le budget à l'Assemblée législative, jeudi.

Le ministre des Finances de l'Ontario, Charles Sousa, présente le budget à l'Assemblée législative, jeudi.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement ontarien investira 2,6 milliards de dollars de plus que prévu dans les infrastructures cette année, tout en maintenant le cap sur l'élimination du déficit en 2017-2018, dans le cadre d'un budget jugé « très optimiste » par plusieurs analystes.

Selon le budget dévoilé jeudi après-midi, le déficit de l'Ontario doit s'établir à 8,5 milliards en 2015-2016, demeurant le plus élevé de toutes les provinces.

Quoi qu'il en soit, le gouvernement Wynne hausse de près de 10 % son financement pour le transport en commun, les routes et les ponts, pour un total de 31,5 milliards sur dix ans.

« Ce sont les investissements dans l'infrastructure les plus importants de toute l'histoire de l'Ontario. »

— Une citation de  Charles Sousa, ministre des Finances de l'Ontario
En 10 mesures

« Ce n'est pas un budget d'austérité, parce que c'est un gouvernement qui croit qu'il a un rôle dans l'économie », explique le politologue Ian Roberge, du Collège universitaire Glendon de Toronto.

L'analyse du politologue Ian Roberge, du Collège universitaire Glendon de Toronto

Élimination du déficit

Prévisions trop roses?

Le gouvernement ontarien compte sur des économies annuelles, non identifiées, d'un demi-milliard dans les dépenses et la vente d'actifs, incluant la privatisation à 60 % du distributeur d'électricité Hydro One et la vente des sièges sociaux torontois de sociétés d'État, pour financer ses promesses, tout en sortant du rouge.

Le plan libéral prévoit aussi une forte croissance aux États-Unis ainsi qu'un prix du pétrole et un huard relativement bas.

Selon le professeur d'économie Jean-Paul Lam, de l'Université de Waterloo, ces prévisions sont « très optimistes ».

« Ils misent sur des exportations assez robustes. Ça dépend de l'économie mondiale. »

— Une citation de  Jean-Paul Lam, professeur d'économie à l'Université de Waterloo

Le ministre Sousa répond que son gouvernement a « même dépassé ses cibles » dans le passé.

L'analyse du politologue Ian Roberge du Collège universitaire Glendon de Toronto

Mauvaises nouvelles

Derrière les investissements dans les infrastructures, l'éducation et l'emploi se cache, toutefois, une série de mauvaises nouvelles dans le budget, souligne le politologue Ian Roberge.

D'une surtaxe sur les caisses de 24 bouteilles de bière à l'augmentation planifiée d'une variété de frais d'usagers, le gouvernement puisera davantage dans la poche des Ontariens.

C'est sans parler de la hausse prévue des franchises d'assurance-automobile et de la réduction de la durée des indemnités versées en cas d'accident, afin de limiter l'augmentation des primes.

Croissance économique prévue

Par ailleurs, les intérêts sur la dette provinciale, qui frôle 300 milliards, augmenteront de 5,7 % cette année, atteignant 11,4 milliards en 2015-2016. C'est l'équivalent de plus de 20 % des dépenses en santé. Le ministre Sousa affirme, toutefois, que le ratio dette-PIB demeure raisonnable.

Budget décrié par l'opposition

De son côté, le chef intérimaire des conservateurs, Jim Wilson, soutient que le gouvernement n'a pas de plan pour réduire la dette.

« [La dette] ne fait qu'augmenter et augmenter. »

— Une citation de  Jim Wilson, chef intérimaire du PC

Selon lui, « tout ce que le gouvernement sait faire, c'est de dépenser ». M. Wilson ajoute que l'État sera privé de dividendes annuels, une fois Hydro One privatisée.

Les conservateurs soulignent que les agences d'évaluation du crédit ont menacé la province d'une décote, qui ferait augmenter ses coûts d'emprunt, si l'Ontario ne remet pas de l'ordre dans ses finances.

Pour sa part, la chef du NPD, Andrea Horwath, croit que le budget « ignore les priorités des Ontariens », comme l'emploi, l'éducation, le coût de la vie et les tarifs d'électricité ainsi que les besoins du nord de l'Ontario.

Selon Mme Horwath, la privatisation d'Hydro One va faire augmenter à nouveau les tarifs d'électricité. « Les Ontariens n'ont pas voté pour ça, dit-elle. Kathleen Wynne n'a pas le mandat [de vendre le distributeur d'électricité] ».

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