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Photo du graffiti d'un policier avec une balle dans la tête : Pawluck coupable

Jennifer Pawluck est accusée de harcèlement criminel
Jennifer Pawluck est accusée de harcèlement criminel
La Presse canadienne

Jennifer Pawluck, cette femme qui avait diffusé sur Internet un graffiti montrant le commandant Ian Lafrenière du SPVM avec un trou de balle dans la tête, a été reconnue coupable de harcèlement criminel, jeudi.

Elle avait pris une photo du graffiti et l'avait diffusée sur le réseau de partage de photos Instagram.

En rendant sa décision, la juge Marie-Josée Di Lallo a fait valoir « qu'il y a des limites à ne pas franchir » et « qu'un simple clic à partir de son téléphone mobile ne prend qu'une seconde, mais peut entraîner des conséquences ».

La procureure au dossier, Me Josiane Laplante, a repris ce message à la sortie du tribunal pour en élargir la portée, rappelant que les interventions dans le cyberespace peuvent rejoindre même des personnes très éloignées.

« Il est important que chacun fasse attention à ce qu'il met sur les médias sociaux. C'est très accessible, c'est très facile. (...) Je pense que nous devons tous faire attention à ce que l'on met, parce qu'on ne pense pas à l'impact que ça peut avoir sur les autres individus », a souligné Me Laplante.

Le verdict n'a pas semblé ébranler outre mesure Jennifer Pawluck, puisque la jeune femme de 22 ans rigolait avec une copine en se dirigeant vers la sortie du palais de justice de Montréal. Elle a par ailleurs refusé de répondre aux questions des médias.

La juge Di Lallo avait préalablement indiqué que la jeune femme n'avait montré aucun souci quant à savoir si le commandant Lafrenière se sentirait harcelé par la diffusion de cette image. Il est clair, selon elle, que l'image en question était violente et qu'une menace pouvait être perçue puisque l'accusée avait également diffusé une autre image qu'elle avait elle-même fabriquée où l'on pouvait lire « Un flic, une balle, SPVM Justice sociale ».

Le commandant Lafrenière, un des policiers montréalais les plus en vue de par ses fonctions de responsable des relations avec les médias, avait indiqué, lors de son témoignage au procès, que l'image l'avait ébranlé, avait effrayé ses enfants et avait forcé sa conjointe à délaisser son emploi durant plusieurs mois.

La juge Di Lallo a par ailleurs précisé que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le harcèlement criminel n'est nullement lié à une répétition des faits.

« Il s'agit d'un acte menaçant qui peut constituer du harcèlement, même en une seule occasion », a confirmé la procureure Laplante.

Jennifer Pawluck avait soutenu lors du procès en février qu'elle avait diffusé l'image sans même savoir qui était Ian Lafrenière. La juge a toutefois exprimé un fort doute quant à la véracité de cette affirmation, doute appuyé sur les ajouts que l'accusée avait faits à l'image.

« Avec la photo, sous la photo, il y avait des mots-clic (où) il y avait le nom de Ian Lafrenière écrit de plusieurs façons et des allusions à ACAB (All Cops Are Bastards - tous les flics sont des bâtards) », a rappelé Me Laplante.

Ian Lafrenière n'était pas présent dans la salle d'audience pour le prononcé du verdict. Rejoint par La Presse Canadienne, il a indiqué qu'il n'avait aucun commentaire à formuler pour le moment.

Les représentations sur la peine auront lieu le 14 mai.

La jeune femme est passible d'une peine maximale de six mois de prison et 5000 $ d'amende.

Société