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La lutte contre l'agrile du frêne ne serait pas perdue d'avance

Agrile du frêne
Radio-Canada

La lutte contre l'agrile du frêne ne serait pas perdue d'avance, contrairement à ce qu'affirment certains experts. Robert Lavallée, un chercheur scientifique en gestion des ravageurs forestiers à Ressources naturelles Canada, s'inscrit en faux contre cette idée.

Lundi, l'horticulteur Jean-Pierre Martel expliquait en entrevue à Bernier et cie que c'était « trop peu, trop tard », et que les dommages causés par l'agrile étaient irréversibles.

Selon Robert Lavallée, il est vrai que les ravages de l'agrile du frêne sont irréversibles. Toutefois, ils peuvent être ralentis par divers procédés.

Agir en amont

Le frêne est perdu à partir du moment où la circulation de la sève est interrompue. Habituellement, on abat l'arbre quand il a perdu 30 % de son feuillage.

Lorsqu'on trouve un frêne affecté par l'agrile, l'arbre est souvent infesté depuis deux ou trois ans déjà.

Robert Lavallée, chercheur scientifique en gestion des ravageurs forestiers à Ressources naturelles Canada
Piège pour détecter la présence de l'agrile du frênePiège pour détecter la présence de l'agrile du frêne

Pour agir en amont, on utilise des pièges qui intègrent des phéromones synthétiques, afin de capturer les insectes avant le début de l'infestation.

Une autre méthode consiste à prélever des branches, pour dresser un portait de l'infestation.

Cela permet de déceler le problème, avant d'atteindre le seuil critique.


Réduire la vitesse de progression de l'agrile

Par ailleurs, l'introduction de la guêpe Tetrastichus Planipennisi dans le sud de l'Ontario, ainsi que dans le sud du parc de la Gatineau, permet de ralentir la progression de l'agrile.

Cette guêpe est très petite et n'attaque pas les humains. Elle va pondre ses œufs dans les larves de l'agrile du frêne.

La guêpe Tetrastichus Planipennisi a été introduite dans le parc de la Gatineau pour lutter contre l'agrile du frêne.La guêpe Tetrastichus Planipennisi a été introduite dans le parc de la Gatineau pour lutter contre l'agrile du frêne. Photo : Stephen Ausmus

Robert Lavallée travaille aussi avec un piège dans lequel l'insecte se fait contaminer par un champignon.

Ce champignon pénètre dans l'insecte et produit un enzyme, qui tue ce dernier. Cette technique sera déployée cette année, notamment à Montréal, selon Robert Lavallée.

L'ensemble du territoire de Gatineau est atteint par l'agile du frêne. Environ 8000 arbres infestés, sur les 30 000 frênes présents, ont été abattus.

Gatineau s'est donné davantage de moyens ce printemps, pour lutter contre l'agrile du frêne

Le fléau est aussi bien présent à Ottawa, où des milliers d'arbres ont été abattus.

L'agrile du frêne est un insecte ravageur venu d'Asie. Ses larves prolifèrent sous l'écorce, pouvant faire mourir les arbres. L'insecte n'a aucun prédateur naturel en Amérique du Nord.

Ottawa-Gatineau

Environnement