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Drainville se rend « à l'évidence » et rallie PKP

Drainville se rallie à Péladeau, Ouellet et Cloutier y croient encore
Radio-Canada

C'est avec une émotion évidente que Bernard Drainville a confirmé mercredi après-midi qu'il renonce à diriger le Parti québécois et qu'il se range derrière Pierre Karl Péladeau. Il dit avoir pris cette décision « pour l'unité du parti », et parce « qu'il n'avait pas le goût de [se] battre pour être deuxième ».

« J'ai tout donné, comme mon équipe, mais il faut se rendre à l'évidence : dans les dernières semaines, le vote s'est cristallisé et Pierre Karl a rassemblé une nette majorité derrière lui », a-t-il expliqué en conférence de presse, entouré de cinq des sept députés qui lui avaient donné leur appui, dont Sylvain Gaudreault.

Continuer la course en sachant, cela n'aurait pas eu de sens. Pour continuer, il aurait fallu mener une campagne très dure, trop dure. Il ne faut pas être trop égoïste là-dedans. Il faut penser à l'équipe, à notre parti et à la cause qu'on porte.

Bernard Drainville, député de Marie-Victorin

Pierre Karl Péladeau n'était pas présent pour cette conférence de presse; il a commenté le ralliement de son adversaire plus tard en après-midi.

Bernard Drainville affirme quitter la course avec une « certaine tristesse », mais avec « la conscience en paix » et « le sentiment du devoir accompli ». Il dit souhaiter le « rassemblement le plus vaste et le plus rapide possible de tous les membres du Parti québécois et de toute la famille indépendantiste ».

« L'important, c'est qu'après cette course, on s'unisse tous pour affronter notre véritable adversaire, ce gouvernement libéral, qui avec sa politique aveugle d'austérité est en train de provincialiser le Québec. »

M. Drainville a aussi indiqué qu'au terme du dernier débat des candidats, au cours duquel il a posé des questions « légitimes et raisonnables » à M. Péladeau, plusieurs membres du parti lui ont dit : « Bernard, ne va pas là ». Selon lui, « beaucoup de membres sont très inquiets pour la suite des choses ».

Bernard Drainville était entouré de cinq des sept députés péquistes qui l'ont appuyé pour annoncer son retrait de la course. Seuls Carole Poirier et André Villeneuve n'étaient pas présents.Bernard Drainville était entouré de cinq des sept députés péquistes qui l'ont appuyé pour annoncer son retrait de la course. Seuls Carole Poirier et André Villeneuve n'étaient pas présents. Photo : Radio-Canada

Des ententes avec Pierre Karl Péladeau

Bernard Drainville affirme cependant qu'il a conclu certaines ententes avec Pierre Karl Péladeau, au cours de discussions « très intenses », « franches », mais néanmoins « amicales » qu'il a eues avec lui mardi et mercredi matin.

Il affirme ainsi que M. Péladeau et lui prennent l'engagement de laisser les membres du Parti québécois se prononcer, « au moins six mois avant les prochaines élections », sur la démarche d'accession du Québec à l'indépendance qui sera défendue lors du prochain scrutin.

Selon lui, cela inclut « la décision de tenir ou non un référendum dans un premier mandat ».

Bernard Drainville affirme qu'il s'est également entendu avec Pierre Karl Péladeau pour que le Parti québécois « réclame du gouvernement une clause d'appauvrissement zéro » pour tous les employés du secteur public et pour élaborer une stratégie visant à « sortir le Québec du pétrole » à l'horizon 2050.

« Nous sommes tous les deux d'avis que l'homme tout désigné pour porter cette vision à terme et en faire un des engagements phares de notre prochaine campagne, c'est évidemment Sylvain Gaudreault », a-t-il précisé.

Interrogé sur ses récentes déclarations dans lesquelles il a mis les militants péquistes en garde contre la tentation d'un « sauveur » qui ne serait qu'un « mirage », Bernard Drainville a tempéré ses propos. 

Pierre Karl Péladeau « a toujours dit pendant la campagne qu'il ne se prend pas pour un sauveur », a-t-il répondu. Il a ajouté que le député de Saint-Jérôme lui a affirmé mercredi matin qu'il veut être un « bon chef d'équipe ».

Son aptitude à dialoguer, a-t-il ajouté, « m'inspire vaiment confiance pour la suite des choses ».

Vous me permettrez, en terminant, de remercier ma femme et mes trois enfants, qui ne m’ont pas vu beaucoup ces derniers mois. Je vais pouvoir être plus présent maintenant. On va regarder le hockey. Et [ce] soir, promis, je m’occupe du souper.

Bernard Drainville, député de Marie-Victorin
Les quatre candidats à la direction du PQCandidats à la direction du PQ Photo : Radio-Canada

« Bernard a décidé de se retirer de la course, ce qui n'était pas mon choix », a déclaré le député Sylvain Gaudreault en entrevue à Radio-Canada. M. Gaudreault a toutefois expliqué avoir réfléchi avant d'arriver à la conclusion que son appui irait désormais à Pierre Karl Péladeau.

Pour Sylvain Gaudreault, le vote autour de Pierre Karl Péladeau était très cristallisé. Il n'y a pas doute dans son esprit, M. Péladeau remportera la course.

La décision de Bernard Drainville constitue sans contredit un tournant majeur dans la course à la succession de Pauline Marois, qui ne compte plus que quatre candidats. En janvier dernier, Jean-François Lisée avait lui aussi annoncé son retrait dans la course, en concédant la victoire à Pierre Karl Péladeau.

Pierre Karl Péladeau est déjà donné largement favori pour remporter la course, dont le premier tour doit avoir lieu du 13 au 15 mai. Tous les sondages indiquent qu'il est clairement le favori des militants péquistes, qui auront le dernier mot.

L'appui dont le député de Saint-Jérôme dispose au sein de la députation péquiste était cependant moins décisif. Jusqu'ici, il avait rallié neuf députés, contre sept pour M. Drainville.

Les autres aspirants chefs n'ont que peu d'appuis au sein du caucus. Alexandre Cloutier a rallié trois députés, tandis que Martine Ouellet et Pierre Céré n'en ont aucun.

« On va les laisser faire leur course », s'est borné à dire le premier ministre Philippe Couillard, invité à commenter ce développement important dans la course.

En entrevue à ICI RDI, l'ex-chef péquiste Bernard Landry, qui appuie Pierre Karl Péladeau, s'est dit surpris, mais néanmoins « ravi » par la décision de Bernard Drainville.

« Ces ralliements me ravissent. Je les souhaitais ardemment après le résultat. Mais s'ils surviennent auparavant, ça ne me déplaît pas non plus », a-t-il dit.

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