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Hong Kong : réforme électorale sans compromis pour le mouvement prodémocratie

Carrie Lam a dévoilé le projet de réforme électorale au Parlement mercredi.

Carrie Lam a dévoilé le projet de réforme électorale au Parlement mercredi.

Photo : La Presse canadienne / AP/Vincent Yu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement de Hong Kong a dévoilé mercredi son projet de réforme électorale pour l'élection du prochain chef de l'exécutif, en 2017. Il ne fait aucune concession au camp prodémocratie, ce qui menace de replonger l'ex-colonie britannique dans le tumulte de l'automne dernier.

Le projet de réforme, présenté au Parlement par le numéro 2 de l'exécutif, Carrie Lam, prévoit qu'un maximum de trois candidats pourront briguer les suffrages. Ils devront tous avoir reçu l'aval d'un comité loyaliste de 1200 personnes réputées proches du gouvernement de Pékin.

Jusqu'à 10 candidats pourront entrer dans la course lors d'une présélection, avec l'appui de 120 membres du comité. En bout de piste, dans une deuxième étape, ils devront tout de même obtenir l'approbation de 50 % d'entre eux pour se présenter au scrutin, lors d'un vote qui sera tenu secret.

La feuille de route dévoilée par Mme Lam reprend essentiellement la proposition faite en août dernier par l'Assemblée nationale populaire (ANP), chambre d'enregistrement du régime chinois. L'affaire avait choqué le mouvement prodémocratie et engendré ce qui a été baptisé la « révolution des parapluies ».

Dans un discours précédant celui de Mme Lam, le chef de l'exécutif, Leung Chun-ying a été très clair à ce sujet. « En ce moment, nous ne voyons aucun espace de compromis », a-t-il lancé à l'intention des parlementaires qui soutiennent le mouvement prodémocrate.

« Si cela fait l'objet d'un veto, je crois qu'il faudra plusieurs années avant que le projet soit relancé », a ajouté M. Leung, qui a lui-même été nommé à son poste par le comité loyaliste.

« Ces propositions sont faites dans le respect le plus strict de la loi fondamentale [la Constitution de Hong Kong] et des décisions » des autorités chinoises, a ensuite déclaré Mme Lam.

Hong Kong est devenu une colonie britannique en 1842, au terme de la guerre de l'opium. Le territoire a été rétrocédé à la Chine en 1997. Pékin a accepté de maintenir le système politique et légal en place, en vertu du principe « un pays, deux systèmes ». Cet engagement n'est cependant valable que pour 50 ans, soit jusqu'en 2047.

La possible opposition du Parlement

Pour être adoptée, la réforme doit encore être votée par les deux tiers des membres de la législature de Hong Kong, ou 47 des 70 parlementaires. L'affaire est cependant loin d'être conclue, puisque 27 sièges sont occupés par des parlementaires associés au camp prodémocratie.

Plus d'une vingtaine parlementaires ont d'ailleurs quitté l'enceinte du Parlement après le discours de Mme Lam. Ils portaient des chandails noirs marqués d'un X jaune, pour signifier leur volonté de s'opposer à une « démocratie de pacotille » et, dans certains cas, des parapluies jaunes, symbole du mouvement de contestation de l'an dernier.

Les députés associés au mouvement prodémocratie quittent l'enceinte du Parlement après le discours de Mme Lam.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les députés associés au mouvement prodémocratie quittent l'enceinte du Parlement après le discours de Mme Lam.

Photo : Bobby Yip / Reuters

À la suite de l'annonce de l'ANP, le 31 août dernier, des dizaines de milliers de citoyens avaient bloqué les artères principales de quatre districts de Hong Kong, pour réclamer un vote réellement démocratique et un processus de nomination ouvert pour le prochain chef de l'exécutif.

Le mouvement, qui s'est étendu sur 79 jours, a pris fin lorsque la police a démantelé les camps de fortune des protestataires. Au cours de cette période, un millier de personnes ont été arrêtées.

Des prodémocrates en colère

Après le discours de Mme Lam, les prodémocrates n'ont pas tardé à faire savoir qu'ils fourbissaient déjà leurs armes en vue de ce qui s'annonce comme une nouvelle bataille.

« Les prodémocratie condamnent fermement le gouvernement », a déclaré Alan Leong, du Parti civique. « La proposition permet à un "petit cercle" de contrôler le résultat de l'élection en contrôlant le processus de nomination. »

« Nous allons lancer une campagne pour nous opposer à cette proposition et demanderons au public de Hong Kong de continuer à réclamer un suffrage universel véritable »,a-t-il ajouté.

Les étudiants, fer de lance du camp prodémocratie, brandissent d'ores et déjà l'idée d'un mouvement « Occupy Legco » [LegCo désigne le Parlement] qui tenterait de prendre possession du Parlement si le texte est adopté.

« Nous sommes complètement déçus », a commenté Joshua Wong, l'étudiant de 18 ans qui est devenu l'emblème du mouvement. « Il appartient à la jeune génération » de s'opposer aux restrictions électorales.

L'annonce du projet de réforme a donné lieu à des affrontements entre des militants prodémocratie et pro-Pékin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'annonce du projet de réforme a donné lieu à des affrontements entre des militants prodémocratie et de pro-Pékin.

Photo : Getty Images / Lam Yik Fei

Des échauffourées ont aussi eu lieu devant le Parlement au terme du discours de Mme Lam. Des militants prodémocratie ont affronté des partisans pro-Pékin devant le Parlement.

Les autorités ont d'ailleurs annoncé que les mesures de sécurité seront bientôt intensifiées autour du siège du gouvernement.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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