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Québec va de l'avant avec la ligne d'Hydro malgré l'opposition de la population

Le projet de la ligne de transport d'électricité entre le Lac-Saint-Jean et Montréal provoque la colère des citoyens de Lanaudière.

Le projet de la ligne de transport d'électricité entre le Lac-Saint-Jean et Montréal provoque la colère des citoyens de Lanaudière.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement libéral du premier ministre Philippe Couillard garde le cap avec le projet de construction d'une ligne de transport d'électricité de 400 km entre Montréal et le Lac-Saint-Jean, malgré l'avis contraire du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) et la grogne qu'il suscite dans la région de Lanaudière.

« C'est un projet important qui a été démontré par la Régie de l'énergie », a déclaré le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, en réponse à une question de l'opposition sur le sujet. « On a parlé du caractère incontournable de ce projet et de la solution qui a été présentée dans le cadre de ce projet. »

Le ministre Arcand soutient que le projet a reçu l'appui de la Régie de l'énergie, de la Commission de la protection des territoires agricoles et de toutes les municipalités de la région, à l'exception de Sainte-Émélie-de-l'Énergie.

Lorsqu'on parle d'acceptabilité sociale, ça ne veut pas dire nécessairement toujours l'unanimité.

Pierre Arcand, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles

« Dans ce genre de projet là, il y a toujours des oppositions, précise le ministre Arcand. Il y a eu plus de 300 consultations qui ont été faites par rapport à ce projet et il est clair que ce projet est, dans l'ensemble, bénéfique pour les Québécois. »

Un projet contesté

Le tracé de la nouvelle ligne Chamouchouane-Bout-de-l'île d'Hydro-Québec suscite pourtant la colère dans la région de Lanaudière, où les six préfets des municipalités régionales de comtés (MRC) ont adopté une résolution contre le tracé.

Outre les préfets des MRC, les maires et les citoyens de la région se sont ligués contre le projet. « Tous les maires, tous les préfets signent contre, tous les corps intermédiaires ont signé contre et vous avez 11 000 signatures individuelles », explique un retraité de la région, André Dallaire.

La présidente du regroupement Citoyens sous haute tension, Chantal Lapointe, déplore également le passage de cette ligne dans la région. « C'est pas l'effet du "pas dans ma cour", c'est économique », avance-t-elle. « Parce que 1,35 milliard [de dollars], c'est nous les citoyens qui allons la payer, cette facture-là. »

La préfète de la MRC de Montcalm, Danielle Allard, abonde dans ce sens. « Pourquoi dépenserait-on de l'argent pour quelque chose dont nous n'avons pas besoin présentement », s'interroge-t-elle.

Le tracé du projet de la ligne Chamouchouane-Montréal d'Hydro-Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le tracé du projet de la ligne Chamouchouane-Montréal d'Hydro-Québec.

Photo : Radio-Canada

« Ça me renverse totalement », renchérit le maire de Rawdon, Bruno Guilbault. Le maire déplore l'ironie de sa situation lorsqu'il est forcé d'envoyer un constat d'infraction à un citoyen de son territoire qui a coupé un arbre sur la bande riveraine, alors qu'Hydro-Québec ravagera une bande 150 mètres sur une distance de 400 km.

M. Guilbault a reçu une lettre du gouvernement du Québec lui indiquant que le projet allait de l'avant malgré l'opposition des élus de la région.

Si tout est décidé d'avance, pourquoi on nous fait travailler pour rien? Ça me met hors de moi.

Bruno Guilbault, maire de Rawdon

« D'un bout à l'autre, c'est de l'acériculture qui se fait sur la montagne et c'est mélangé avec des pins et des sapins », explique le premier vice-président du syndicat du nord de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Beauséjour. « Mais sur toute la montagne, il y a de l'acériculture », déplore-t-il. Les agriculteurs de la région dénoncent également le tracé qui ravagera une partie de leurs terres. 

Citoyens et élus demandent à Hydro-Québec de recycler une ligne existante, mais qui serait tombée en désuétude. Ils suggèrent à la société d'État de remettre cette ligne à niveau pour lui permettre de transporter les 735 kilovolts qu'elle compte acheminer vers la métropole québécoise.

La solution a été étudiée par Hydro-Québec et ses ingénieurs, a répondu le ministre Arcand en chambre, en précisant qu'elle était beaucoup plus coûteuse que le nouveau tracé d'Hydro-Québec. « Il y a une solution qui a été regardée par Hydro-Québec, par tous les ingénieurs responsables du dossier et il est très clair que cette solution a été rejetée par la Régie de l'énergie en plus d'être une solution qui était infiniment plus coûteuse. »

C'est un projet de 1,1 milliard de dollars qui va créer des centaines d'emplois à travers le Québec et qui règle sur le plan technique un problème qui était devant nous à Hydro-Québec.

Pierre Arcand
Une ligne de transport existante est proposée par les citoyens comme alternative à la construction d'un nouveau projet.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une ligne de transport existante est proposée par les citoyens comme alternative à la construction d'un nouveau projet.

Photo : Radio-Canada

Les citoyens entendent continuer à s'opposer au projet d'Hydro-Québec. Ils envisagent la possibilité de déposer un recours collectif ou de mener des actions de sabotage.

La société d'État rappelle que la Régie de l'énergie a accepté le projet de la nouvelle ligne de transport d'électricité. Quant au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, il comptait sur ce projet pour annoncer de nouveaux emplois, mais il devra peut-être patienter.

Avec des informations de Catherine Kovacs

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