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Un budget équilibré sur mesure pour les élections

Le reportage de Marc Godbout

Le gouvernement fédéral renoue de peine et de misère avec les surplus après sept années marquées par l'austérité et les déficits. Le ministre des Finances, Joe Oliver, offre dans son premier budget un peu d'air aux contribuables, mais surtout son lot de promesses. Objectif : fourbir les armes des troupes conservatrices en vue des élections.

Un texte de Gaétan PouliotTwitterCourriel

Malgré la chute du prix du pétrole et une économie moins vigoureuse que prévu, le gouvernement de Stephen Harper respecte sa promesse en présentant un budget avec un surplus de 1,4 milliard de dollars en 2015.

L'équilibre budgétaire est la seule façon de veiller à la prospérité à long terme des Canadiens.

Joe Oliver, ministre fédéral des Finances

Mais pour arriver à ses fins, le ministre Oliver a dû faire preuve de créativité.

Par prudence, le gouvernement avait pris l'habitude de tempérer les prévisions économiques du secteur privé. Cette fois, il utilise un scénario de croissance plus optimiste, lui permettant de générer 2 milliards de dollars sur papier. Il pige aussi deux autres milliards de dollars dans sa réserve d'urgence.

La vente des actions de General Motors détenues par le gouvernement a aussi généré un milliard de dollars cette année.

Sans ces aménagements budgétaires, le pays afficherait encore un déficit cette année.

La marge de manœuvre du gouvernement est donc plus mince en cas d'imprévus. Mais le résultat est là : les conservateurs pourront se présenter devant l'électorat avec un budget équilibré.

En mode séduction

Le budget de Joe Oliver est la pièce maîtresse du Parti conservateur en vue des élections générales prévues le 19 octobre prochain.

Plusieurs groupes de la population canadienne sont courtisés au moyen de nouvelles mesures, ainsi que de promesses qui verront le jour seulement si l'équipe de Stephen Harper est reportée au pouvoir. Il y a un peu de tout, pour tout le monde.

Par exemple, les épargnants pourront investir davantage dans un compte d'épargne libre d'impôt (CELI), dont le plafond sera haussé de 5500 $ à 10 000 $ cette année.

La prestation universelle pour la garde d'enfants est aussi bonifiée. Les familles avec des enfants de moins de 18 ans en profiteront.

Au cours des prochaines années, les conservateurs promettent aussi de réduire les impôts des petites entreprises. L'objectif est de réduire leur taux d'imposition de 11 % à 9 % d'ici 2019. Il ne fait aucun doute que cet engagement sera martelé lors de la campagne électorale.

Et la liste des promesses est encore longue. Même l'industrie du phoque pourrait toucher quelques millions de dollars pour l'aider à vendre ses produits à l'étranger, indiquent les documents budgétaires.

En jouant un peu avec les chiffres pour équilibrer les finances publiques, le ministre Joe Oliver offre aux troupes conservatrices un bilan positif à présenter aux Canadiens.

La réduction de la marge de manœuvre du gouvernement servira aussi les conservateurs dans l'arène électorale. Les partis d'opposition auront les mains attachées. En raison d'un manque de fonds, ils ne pourront pas promettre de nouvelles mesures sans couper ailleurs. Un exercice toujours périlleux.

Avant même le dépôt du budget, le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral du Canada dénonçaient certaines mesures favorisant les plus fortunés, à leur avis.

Bref, avec ce budget, la bataille électorale commence... et elle s'annonce rude.

Ontario

Économie