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Peu de femmes dans le Cabinet Couillard, dit le Conseil du statut de la femme

Julie Miville-Dechêne

Photo : Radio-Canada/Louis-André Bertrand

Radio-Canada

La présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Julie Miville-Dechêne, a écrit au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, pour dénoncer la sous-représentation des femmes au sein de son Conseil des ministres.

« Il y a longtemps que les femmes ont détenu si peu d'influence au sein d'un gouvernement québécois », souligne-t-elle dans une lettre datée du 16 avril, mais rendue publique mardi. « Vous avez le pouvoir, Monsieur le Premier ministre, de rétablir la situation. »

Selon Mme Miville-Dechêne, Philippe Couillard n'a pas respecté sa promesse de former un Cabinet se trouvant dans une « zone paritaire » où les femmes compteraient pour 40 % à 60 % du Cabinet, comme il s'y était engagé lors de la campagne électorale. À l'heure actuelle, 8 ministres sur 25 sont des femmes, soit 32 %.

Qui plus est, ces femmes ne gèrent que 9 % du budget du gouvernement, estime-t-elle. « C'est beaucoup moins que sous le gouvernement Marois, où les femmes contrôlaient à peu près 28 % du budget, et moins aussi que sous le gouvernement Charest », a-t-elle souligné en entrevue à l'émission Pas de midi sans info.

« Ce qu'on dit, c'est qu'en termes réels, comme les questions budgétaires sont très importantes [...] ceux qui détiennent les cordons de la bourse ont souvent plus d'influence que les autres », note-t-elle.

Mme Miville-Dechêne dit avoir écrit au gouvernement Couillard à l'occasion du 75e anniversaire du droit de vote des femmes.

« On trouvait important de dire que, bien que beaucoup de progrès ont été faits depuis l'obtention du droit de vote, on sent aujourd'hui qu'il y a un recul en terme de représentation des femmes à l'Assemblée nationale et au Cabinet », explique-t-elle.

On fait un appel à M. Couillard pour que la situation change. Et la situation va changer quand on va présenter davantage de femmes candidates. Comme il a eu moins de 30 % de femmes élues au Parti libéral, bien sûr le choix pour le Cabinet est moins étendu.

Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme

Recruter plus de candidates aux prochaines élections

Pour parvenir à la parité tant souhaitée, Mme Miville-Dechêne presse donc le Parti libéral et les autres grands partis politiques du Québec de présenter plus de candidates lors des prochaines élections, voire de s'imposer des quotas. Ce recrutement, dit-elle, doit commencer maintenant.

« Il faut du temps. Il faut que M. Couillard ou le parti s'y prennent d'avance, parce qu'on le sait, ça prend plus de temps, recruter des femmes que des hommes en politique. Elles ont plus de barrières avant de franchir cette étape », affirme-t-elle.

Ce qui serait un excellent signe, et qui se fait dans plusieurs autres pays – je pense au Royaume-Uni, à la Suède et à l'Afrique du Sud – c'est que le parti d'influence, et le Parti libéral en est un, se fixe lui-même des quotas. Et ça, on sait que, dans plusieurs partis, ça marche.

Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme

Julie Miville-Dechênes note que Québec solidaire a agi en ce sens. « Mais pour que la situation change, ajoute-t-elle, il faut que de grands partis, ceux qui ont une chance de prendre le pouvoir, établissent eux-mêmes des quotas. »

La présidente du CSF admet cependant qu'il y a une « résistance importante » à ce sujet dans les grands partis. « Soit les femmes ne veulent pas être choisies et ne veulent pas être l'objet d'un quota, [soit] les structures de parti ne veulent pas renoncer à leur pouvoir de nommer qui elles veulent », résume-t-elle.

Concilier travail et famille, un enjeu incontournable

Interrogée en marge du caucus libéral, la ministre de l'Immigration et de la Diversité, Kathleen Weil, a d'abord tenu à souligner que la composition du Conseil des ministres est une décision qui revient au premier ministre.

La ministre a cependant convenu qu'il est plus difficile de convaincre les femmes que les hommes de faire le saut en politique.

« On a vraiment essayé aux dernières élections [...] on a eu beaucoup de difficultés, et je pense qu'on n'est pas le seul parti politique », a-t-elle souligné.

« Je le sais : moi-même, on a essayé de me recruter longtemps, et il y a un moment dans ma vie où j'étais prête à faire le saut », a expliqué la ministre, faisant allusion à sa vie de famille.

Et c'est vrai pour beaucoup de femmes qui, quand elles ont des enfants, veulent coucher à la maison, et c'est normal. Moi, j'avais quatre enfants, et pour moi c'était important de rester à la maison.

La ministre Kathleen Weil

Ouellet accuse deux ministres libéraux de sexisme

La députée péquiste Martine Ouellet a accusé les ministres Robert Poëti et Gaétan Barrette de faire preuve d'arrogance et de condescendance envers leurs adversaires féminines.

Je vous dirais que c'est une attitude généralisée d'arrogance et de condescendance, mais je vous dirais que c'est pire lorsqu'ils s'adressent à des femmes, et je pense que ce n'est pas acceptable, de toute façon, de façon générale, a-t-elle dit. Mais je pense qu'il devrait y avoir un suivi plus serré de la part de la présidence. 

La députée péquiste Martine Ouellet

Mme Ouellet a d'ailleurs demandé au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, de rappeler à l'ordre les deux ministres. « On tolère, je dirais, un petit peu de dérapages », a-t-elle déploré.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, s'en est défendu. « Moi, a-t-il rétorqué, je réponds aux questions qu'on me pose et c'est sans égard au sexe de la personne qui me pose des questions, a-t-il dit. Vous avez constaté qu'on me pose des questions particulières. »

Réaction défensive également du ministre des Transports, Robert Poëti. « Qu'elle [Martine Ouellet] donne un seul exemple. C'est tout ce que je veux entendre. Jamais je n'ai eu cette attitude-là. Qu'elle donne un seul exemple. Elle n'en a pas », a-t-il lancé.

La ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, a défendu ses deux collègues en affirmant qu'ils respectent les femmes.

On est une belle équipe. Je pense que Mme Ouellet pousse un petit peu loin. Il y a un grand respect de la part de mes collègues, de part et d'autre, pour la place des femmes.

La ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée
Avec les informations de La Presse canadienne

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