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Travailleurs étrangers temporaires : autre plaidoyer contre la réforme d'Ottawa

Travailleurs agricoles étrangers au Québec
Travailleurs agricoles étrangers au Québec Photo: FERME

Les chambres de commerce du Québec, de même que celle du Montréal métropolitain, réclament à leur tour du gouvernement fédéral qu'il modifie sa réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Le gouvernement du Québec, pour sa part, avait lancé un appel en ce sens hier.

Du côté de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), on déplore qu'Ottawa n'ait pas eu de discussion, au préalable, avec le Québec.

La FCCQ estime que la réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires pourrait avoir des effets « catastrophiques » pour des secteurs économiques en pleine expansion, dans des domaines de pointe et dans certaines régions. Pourtant, rappelle la Fédération, de telles discussions sont prévues dans le cadre de l'accord Canada-Québec relatif à l'immigration.

Elle presse le gouvernement de Stephen Harper à discuter avec le gouvernement de Philippe Couillard pour que la réforme soit mieux adaptée aux réalités de la province.

Car la réforme enclenchée par Ottawa, qui s'amorcera dès la fin du mois, desservira le Québec, plaident la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Cette dernière cite en exemple l'industrie du jeu vidéo, qui nécessite l'apport de « talents stratégiques » pour combler les besoins de ses « cycles de création » pendant de courtes périodes.

Dans le contexte de cette industrie, affirme Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la réforme du fédéral va compromettre la réalisation de projets d'envergure et d'investissements.

Avec des cycles de projets plus courts et plus exigeants et dans un contexte de concurrence de plus en plus vive pour l'attraction des entreprises et des talents, c'est toute la compétitivité et l'essor économique de la région métropolitaine de Montréal qui sont en jeu.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

L'accès à de la main-d'œuvre temporaire peu spécialisée dans les domaines de l'hôtellerie, du commerce de détail et de la restauration est également crucial pour l'économie québécoise, dit la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. « [...] En restreignant l'accès aux travailleurs étrangers temporaires, le gouvernement fédéral met en péril ces entreprises et des milliers d'emplois pour des Québécois », affirme encore Michel Leblanc. 

Ce qui a changé dans le Programme des travailleurs étrangers temporaires

  • Les entreprises de plus de 10 employés ne pourront pas faire venir de l'étranger plus de 10 % de leur main-d'œuvre peu rémunérée, et ce, par lieu de travail.
  • Dans les régions où le chômage est à plus de 6 %, les entreprises ne pourront pas recruter de travailleurs étrangers dans les secteurs de l'hôtellerie, du commerce au détail et de la restauration.
  • Le séjour d'un travailleur étranger au Canada sera limité à deux ans, au lieu de quatre.
  • Aucun employé canadien ne pourra être mis à pied ou voir ses heures réduites après l'embauche d'un travailleur étranger.
  • Avant de pouvoir faire appel au PTET, un employeur devra prouver qu'il a fait des démarches pour embaucher un Canadien, en déclarant le nombre de postulants canadiens, le nombre d'entrevues réalisées et les raisons pour lesquelles aucun candidat n'a été retenu.
  • Le gouvernement impose aux employeurs des frais d'utilisation de 1000 $ pour chaque poste destiné à un travailleur étranger, une augmentation de 725 $.
  • Le nombre d'inspections sera augmenté de façon considérable et les employeurs qui enfreignent les règles du programme peuvent recevoir des amendes allant jusqu'à 100 000 $.

Source : Citoyenneté et Immigration Canada

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Économie