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Égypte : 20 ans de prison pour l’ancien président Morsi

Mohamed Morsi

Mohamed Morsi

Photo : Stringer Égypte/Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien président égyptien Mohamed Morsi a été condamné mardi à 20 ans de prison incompressibles pour la mort de manifestants en décembre 2012.

Le verdict, le premier prononcé à l'encontre du dirigeant islamiste depuis sa destitution par l'armée en juillet 2013, a été annoncé lors d'une audience retransmise à la télévision.

Mohamed Morsi, qui a été le premier président démocratiquement élu en Égypte, en juin 2012, a la possibilité de faire appel.

Douze autres cadres des Frères musulmans, dont le secrétaire général de la confrérie Mohamed El-Beltagy et l'ancien parlementaire Essam El-Erian, ont été condamnés à la même peine.

Les prévenus ont été reconnus coupables de violence, d'enlèvements, de torture, mais acquittés de l'accusation de meurtre, passible de la peine capitale.

À l'annonce du verdictpar le juge Ahmed Sabri Youssef, les condamnés, enfermés dans une cage, ont fait le salut à quatre doigts symbolisant la résistance contre la répression subie par les Frères musulmans et ont scandé : « Dieu est le plus grand. »

À Istanbul, un ancien ministre du gouvernement Morsi, Amr Darrag, a dénoncé une « parodie de justice scénarisée et contrôlée par le gouvernement ».

Les procureurs accusaient Mohamed Morsi d'avoir, avec d'autres dirigeants des Frères musulmans, encouragé des violences qui ont abouti à la mort de manifestants en décembre 2012, dans les semaines après la publication d'un décret élargissant ses prérogatives de chef de l'État.

L'ex-président rejette ces charges et continue de voir dans sa destitution, survenue après des manifestations massives contre son exercice du pouvoir, un coup d'État.

« Nous reviendrons »

Son fils Oussama Morsi a assuré que son père ferait tout pour revenir au pouvoir. « Il sait très bien qu'il est investi d'une mission. Cette mission est le retour de la démocratie que nous avons obtenue lors de la révolution du 25 janvier (2011), a-t-il dit. Nous reviendrons, le président Morsi le sait bien ».

Mohamed Morsi a été renversé par le chef d'état-major de l'armée, Abdel Fattah Al-Sissi, qui s'est depuis fait élire à la présidence du pays et a mené une répression implacable contre les Frères musulmans tout en bénéficiant du soutien de nombreux Égyptiens avides de stabilité.

La confrérie prône une résistance pacifique, mais a été bannie et qualifiée en décembre 2013 d'organisation terroriste par le nouveau pouvoir.

La répression s'est étendue aux autres voix discordantes, dont plusieurs figures de proue de la « révolution du Nil » qui a conduit à la chute du président Hosni Moubarak en février 2011.

Mohamed Morsi est poursuivi dans plusieurs autres dossiers. Il est notamment accusé d'avoir organisé une évasion collective d'une prison du Caire durant le soulèvement de 2011, ainsi que l'enlèvement et le meurtre de gardiens.

Il est également accusé d'avoir conspiré avec le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais pour commettre des violences dans la péninsule du Sinaï après sa destitution, et d'avoir divulgué des secrets d'État à l'émirat du Qatar, son allié lorsqu'il était au pouvoir.

Le guide des Frères musulmans Mohamed Badie a quant à lui été condamné à mort à deux reprises, la dernière fois il y a neuf jours pour incitation au chaos et à la violence.

Il s'est vu infliger plusieurs peines de prison à vie, tout comme Mohamed El-Beltagy et Essam El-Erian.

Égypte : retour à l'ordre établi. Notre dossier

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