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« Tout est possible » pour le Cirque du Soleil, selon Mitch Garber

L'homme d'affaires Mitch Garber

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le futur président du C. A. du Cirque du Soleil, Mitch Garber, connaît bien le nouveau propriétaire majoritaire de l'entreprise. TPG Capital détient la société Caesars Entertainment, dont une filiale, Caesars Acquisition Company, est dirigée par M. Garber lui-même.

L'entrepreneur québécois dit travailler avec TPG depuis maintenant sept ans. Il se dit en mesure de confirmer que le fonds d'investissement partage « les valeurs, les moeurs » de Guy Laliberté et du Cirque du Soleil.

En entrevue avec Gérald Fillion à RDI Économie, Mitch Garber affirme avec conviction que le siège social du Cirque demeurera à Montréal.

« Vous savez, il n'y a pas de garantie dans n'importe quoi. Mais l'ADN du Cirque du Soleil, c'est un ADN de créativité qui n'est basé qu'au Québec. On ne peut pas demain matin, ni dans cinq ans, trouver cet ADN de créativité à Chicago ou à Las Vegas, à Los Angeles ou à Tokyo », affirme M. Garber.

« Chose certaine, si c'était une compagnie de comptabilité, prendre des comptables de Chicago ou de Montréal serait presque pareil. Mais, la créativité qui fait toute la valeur du Cirque du Soleil est ici à Montréal, au Québec. C'est pour ça qu'on est très confiant que le siège social va demeurer à Montréal », poursuit-il.

Mitch Garber n'écarte pas la possibilité que le Cirque du Soleil se retrouve en bourse, ce qu'a toujours refusé Guy Laliberté.

« Tout est possible, dit-il. Vous savez, on s'en va tous au travail pour faire de l'argent et aujourd'hui, le Cirque du Soleil est très rentable. [...] Je pense que TPG et Fosun ont raison de vouloir faire cet investissement avec un retour important », estime-t-il.

Moi, je pense que ce qui va arriver, c'est qu'ils vont investir de l'argent, ils vont investir dans leur réseau de contacts et ils vont laisser gérer l'entreprise par Daniel Lamarre et son équipe. Et ça, c'est dans leur historique.

Le futur président du C. A. du Cirque du Soleil, Mitch Garber

M. Garber estime sinon que l'entreprise restera tout aussi québécoise que d'autres grands fleurons d'ici, malgré ce changement d'actionnaire.

« On ne peut pas être schizophrénique, dit Mitch Garber. On veut que les Américains viennent investir au Québec. Et aussitôt qu'un Américain vient investir, on dit : "Pourquoi pas les Québécois?" Le siège social reste, les employés restent. Bon, l'argent vient de l'extérieur, mais je ne comprends pas pourquoi l'actionnariat est si important que ça ».

Si on regarde Couche-Tard, Bombardier et d'autres compagnies qu'on considère comme étant québécoises, regardons dans les actionnaires quel pourcentage est détenu par des Américains. C'est plus que 50 % dans tous les cas.

Le futur président du C. A. du Cirque du Soleil, Mitch Garber

Selon des informations fournies aux employés, le Cirque sera détenu par le fonds américain TPG Capital (60 %), le fonds chinois Fosun (20 %), la Caisse de dépôt et placement du Québec (10 %) et Guy Laliberté, qui conserve 10 % des actions et qui continuera de participer à la direction stratégique et artistique de l'entreprise.

Le meilleur des deux mondes, pour Daniel Lamarre

Scène d'un spectacle du Cirque du SoleilAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Scène d'un spectacle du Cirque du Soleil

Photo : La Presse canadienne / Darren Decker

Le président et chef de la direction du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, souligne que l'entreprise a plus qu'un siège social à Montréal. Il s'agit, en fait, d'un véritable centre de production et de création.

« Il n'y a personne qui aurait investi autant d'argent, comme l'ont fait les gens de TPG Fosun, et qui penserait même une seconde à déménager le siège social », a-t-il expliqué en entrevue à l'émission Le 15-18.

Mais craint-il tout de même que Montréal devienne un siège social fantôme, et que des emplois soient déplacés? Daniel Lamarre affirme qu'il a été reconfirmé en poste et qu'il a un plan stratégique sur plusieurs années. Il souligne également que les gens de TPG ont eu la « sensibilité » d'aller chercher en Mitch Garber un Québécois pour présider le conseil d'administration.

Tant et aussi longtemps que le Cirque du Soleil continuera à faire de bonnes affaires, le siège social demeurera à Montréal. 

Daniel Lamarre

Il estime par ailleurs qu'il s'agit pour lui du meilleur des mondes, car il pourra continuer de profiter du « génie créatif » de Guy Laliberté, tout en comptant sur deux groupes financiers extrêmement puissants qui jouissent de vastes réseaux de contacts.

Il croit notamment qu'avoir un partenaire local comme Fosun pourra aider le Cirque du Soleil à percer le difficile marché de la Chine.

Un observateur du milieu circassien est optimiste

Louis Patrick Leroux, professeur adjoint à l'Université Concordia, qui coordonne le groupe de travail de Montréal sur le cirque, se dit de son côté « rassuré » par l'entente qui vient d'être conclue.

« On ne vend pas les meubles, on cherche à pérenniser et à s'ouvrir sur le monde entier, en particulier la Chine », a-t-il affirmé en entrevue à ICI Radio-Canada Première.

« On sent qu'il y a un désir de maintenir le "momentum" qu'on connaît au Cirque du Soleil depuis très longtemps, a-t-il dit. On le voit dans le choix des gens, dont le président du C. A., Mitch Garber, qui est un Montréalais qui fait des affaires à Las Vegas, et qui choisit de travailler à partir de Montréal. »

M. Leroux cite aussi la participation de la Caisse de dépôt et le maintien du siège social à Montréal, des éléments rassurants, selon lui.

« Ils ajoutent qu'ils veulent continuer de soutenir la croissance, embaucher des créateurs québécois, montréalais en particulier. [...] Un autre aspect qui m'a interpellé est qu'ils vont maintenir leur recherche et développement à Montréal, donc ça augure très bien pour les projets à long terme. [Il y a] aussi le financement continu aux organismes culturels et communautaires », poursuit-il.

Toutefois, le Cirque du Soleil risque de connaître de profonds changements, croit-il.

Ils arrivent avec de nouveaux capitaux, des partenaires internationaux. Fosun leur ouvre la Chine, un marché qui a résisté très longtemps.

Louis Patrick Leroux, professeur adjoint à l'Université Concordia

« L'identité me semble préservée. [Mais] il y a un déplacement quand même. Laliberté est le guide de l'entreprise depuis 30 ans. Il devient "aviseur" créatif. C'est un changement sémantique important. Il va demeurer au sein de l'entreprise, mais il n'aura pas le droit de veto final », explique M. Leroux.

Avec la collaboration de Gérald Fillion

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Économie