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Relations tendues entre manifestants et médias

Les manifestants contre la « brutalité médiatique » se sont réunis devant les bureaux du Journal de Montréal rue Frontenac vers midi.

Les manifestants contre la « brutalité médiatique » se sont réunis devant les bureaux du Journal de Montréal rue Frontenac vers midi.

Photo : Radio-Canada#Marie-Eve Maheu

Radio-Canada
Mis à jour le 

Près d'une centaine de personnes se sont réunies dimanche devant les bureaux du Journal de Montréal, rue Frontenac, pour manifester contre ce qu'ils qualifient de « brutalité médiatique ». Ils reprochent essentiellement aux médias traditionnels leur couverture de la grève, qu'ils jugent tendancieuse.

Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel

Les manifestants ont marché avenue du Mont-Royal, avant d'être dispersés par le SPVM. Les policiers ont pris certains protestataires à l'écart, puis il y a eu bousculade.

François, un manifestant, affirme avoir reçu un coup de matraque. « Lorsqu'on parle de brutalité médiatique, c'est d'ignorer ce qui vient de se passer, et ensuite prendre une photo des manifestants qui sont fâchés envers les policiers sans montrer ce qui s'est passé avant », lance-t-il. 

On voit clairement que les médias ont un parti pris en faveur de la police, en faveur de l'austérité. Cette mauvaise foi constante nous amène à être très méfiants.

Vincent, un manifestant

Les grévistes accusent entre autres les médias de cacher la violence policière dont ils se disent victimes, mais aussi de se concentrer sur les aspects plus spectaculaires du mouvement de grève, comme le grabuge ou les militants masqués, plutôt que d'expliquer les revendications.

Louis-Joseph Couturier, étudiant en science politique, donne en exemple le reportage d'une journaliste qui a assisté à l'assemblée générale de son association. « Après une heure et demie de discussion durant lesquelles on a parlé de philosophie politique, de syndicalisme au Québec, des mesures d'austérité, elle en a tiré deux citations : "vive la révolte" et "si on ne fait pas la grève, est-ce qu'il nous reste juste la guérilla?" »

« C'est un exemple probant des mauvaises citations de nos propos qui nous font vraiment refuser de parler aux médias », estime-t-il.

Des journalistes malmenés

Et c'est justement ce qui inquiète la présidente de la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ), Lise Millette. « Il y avait plusieurs journalistes ces dernières semaines qui étaient sur le terrain et qui avaient de la difficulté à obtenir des commentaires. On a entendu toutes de sortes de choses, dont des huis clos médiatiques qui allaient jusque dans la rue, où des gens ne pouvaient plus s'exprimer librement. Là, on tombe dans une entrave à la liberté de presse et à liberté d'expression », déplore-t-elle.

La FPJQ est aussi préoccupée de voir des militants s'en prendre physiquement à des reporters et à des photographes. « Quand on a vu des journalistes se faire agresser, se faire bousculer, se faire pousser, c'est là vraiment où ça dérape et qu'il y a une cassure dans la société. »

Ne faites pas en sorte de taire votre voix. Au contraire, exprimez-vous. Faites en sorte qu'on comprenne vos revendications, rompre tous les canaux de communications ne va servir aucune cause.

Lise Millette, présidente de la FPJQ

Dimanche, un manifestant a été arrêté pour voie de fait envers un policier. Cinq autres manifestants ont reçu un constat d'infraction pour entrave à la circulation ou pour avoir violé un règlement municipal.

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