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Plastique dans les cours d'eau : la pollution loin des regards

Des déchets de plastique à Hanauma Bay, Hawaii.

Photo :  Photo/NOAA Pacific Islands Fisheries Science Center

Radio-Canada

La pollution de l'eau par le plastique prend de l'ampleur. Des millions de tonnes de déchets de plastique flottent dans les mers du monde et contaminent de grands cours d'eau comme le fleuve Saint-Laurent. Une pollution souvent loin des regards, mais dont les effets sont dévastateurs.

Un texte de Michel MarsolaisTwitterCourriel

Nous avons l'impression que nous recyclons une bonne partie du plastique que nous utilisons. Pourtant, une grande quantité de ce plastique se retrouve dans nos cours d'eau et dans les océans.

« Il y aurait huit millions de tonnes de déchets de plastique par année qui se retrouvent dans les océans et on sait que le plastique prend énormément de temps à se dégrader : 400 ans, peut-être même 1000 ans. Donc, on veut sensibiliser tout le monde », explique Evelyne Daigle, biologiste au Biodôme de Montréal.

Au Biodôme, on vient de mettre en place des activités sur ce type de pollution pour conscientiser les visiteurs.

Dans les océans, ces plastiques sont regroupés par les courants marins en des amas plus grands que bien des pays. Il existe aujourd'hui cinq de ces gyres de plastiques océaniques. La plus connue se situant entre Hawaii et la Californie.

Des projets comme Ocean Clean up, initié par un jeune Hollandais et prévu pour 2020, visent à retirer des tonnes de déchets flottants sur les océans, mais ceux-ci ne sont que la partie visible du problème. Seule une faible partie des déchets de plastique flotte à la surface.

« Il y a des microparticules de plastique qui se retrouve dans la chaîne alimentaire, donc dans les poissons que l'on mange », dit Evelyne Daigle.

Des microbilles de plastiques dans les cosmétiques

L'industrie des cosmétiques utilise en effet des microbilles de plastique si fines qu'elles passent à travers les filtres des usines d'épuration.

Une étude récente a démontré que ces microbilles se retrouvent jusque dans les sédiments du Saint-Laurent.

Dans le fleuve, on retrouve jusqu'à 1000 microbilles de polyéthylène par litre d'eau, souligne Beatrix Beisner du Département des sciences biologiques, Université du Québec à Montréal.

« C'est très important parce que ces billes-là sont exactement la bonne taille pour entrer dans la chaîne trophique parce qu'elles ressemblent beaucoup à la taille des planctons qui sont mangés par les poissons ».

Pour l'instant, seul l'État de l'Illinois a légiféré pour interdire l'utilisation de ces microbilles. Certaines entreprises de produits cosmétiques se sont engagées à retirer les microbilles de leurs produits, mais pour l'instant peu sont passées à l'acte.

L'industrie de la récupération du plastique pose aussi parfois problème puisque celui-ci est déchiqueté ou transformé en billes pour la revente. Lorsque le plastique ne complète pas son cycle de recyclage, ces petits morceaux se perdent plus facilement en nature ou entre plus aisément dans la chaîne alimentaire.

Par ailleurs, les déchets de plastiques des océans n'affectent pas que les poissons, mais aussi les oiseaux de mer.

« Dans les îles d'Hawaii par exemple, il y a des milliers d'albatros qui nichent là. On les retrouve morts avec beaucoup de plastique dans leur estomac », souligne Evelyne Daigle.

On estime que les plastiques tuent des millions d'animaux marins chaque année et ce n'est sans doute pas fini. Depuis 1975, la production de plastique a augmenté de plus de 600 %

Environnement