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La grande messe du vinyle... avec le retour de Tabarnac

La file était longue devant le magasin de disques Aux 33 tours avant l'ouverture.
La file était longue devant le magasin de disques Aux 33 tours avant l'ouverture.
Radio-Canada

Des clients à la porte des heures avant l'ouverture, des ruptures de stock, de longues files d'attente à la caisse. C'est l'équivalent de l'Après-Noël aujourd'hui chez les magasins de disques indépendants en cette Journée des disquaires indépendants, connue comme le Record Store Day. Un événement célébré partout dans le monde, dont à Montréal.

Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel

« Première cueillette : 339 $! On s'en va à un autre magasin. La folie commence! » lance le mélomane Charles-Éric Véronneau, à la sortie du magasin Aux 33 tours, un incontournable situé rue Mont-Royal, à Montréal. « Il y a des sorties exclusives qui se font aujourd'hui, donc on veut profiter de ça. »

Aujourd'hui, c'est comme notre Noël, on profite de l'occasion pour fêter.

Charles-Éric Véronneau, fou de musique

Devant ce disquaire, des clients attendaient à la porte dès 6 h, comme Sefora Larcinese, qui avait un objectif en tête. « Moi je suis ici pour Offenbach. J'adore le band. » L'album Tabarnac, rare sur le marché, a été réédité à l'occasion de la Journée des disquaires indépendants.

Sefora Larcinese voulait absolument mettre la main sur la réédition de « Tabarnac » d'Offenbach.Sefora Larcinese voulait absolument mettre la main sur la réédition de « Tabarnac » d'Offenbach. Photo : Radio-Canada

C'est le propriétaire d'Aux 33 tours, Pierre Markotanyos, qui est à l'origine de son retour sur les tablettes. Il lance aujourd'hui une nouvelle étiquette de disques Returm to Analog Records, qui va rééditer de vieux classiques québécois difficiles à trouver pour mieux les faire connaître ici et ailleurs.

« Le but, c'est de transmettre la musique francophone des années 60, 70, 80, 90 à travers le monde. On a déjà des gens de la Croatie, des distributeurs européens qui nous ont appelés de la Hollande, de la France, de l'Angleterre pour nous acheter du Offenbach, parce qu'ils ne sont pas capables de l'avoir là-bas, et il y a une demande. Ils ont une bonne notoriété sur la planète. »

Comme propriétaire d'un magasin de disques, il dit savoir ce qui manque sur le marché. Il prévoit maintenant sortir deux autres disques d'Offenbach, Bulldozer et Saint-Chrone de Néant (enregistré à l'oratoire Saint-Joseph), et des vinyles de Vos voisins, Pollen et Contraction, tous des groupes de rock progressif des années 70.

Mais Pierre Markotanyos souhaite aussi mettre sur vinyle des artistes qui ne l'ont jamais été. « Les Colocs par exemple. Il y a eu une période creuse dans le vinyle de 1990 à 2000, explique-t-il. Il n'y a eu aucun Jean Leloup d'imprimé de 1990 à 2007. Ce sont des disques qui manquent. »

Il aimerait aussi sortir tout le catalogue de Richard Desjardins et rééditer Break syndical, des Cowboys fringants.

Une cassette en demande

Cassette de Metallica No Life 'til LeatherCassette de Metallica No Life 'til Leather Photo : metallica.com

François Belhumeur s'est levé tôt pour obtenir, en autres, No Life 'Til Leather de Metallica, la réédition du démo du groupe métal dans son format original, une cassette. Et il n'était pas le seul, puisque les 20 copies en stock Aux 33 tours se sont vite envolées.

Il ne s'attendait pas à ce qu'il y ait autant de gens, mais il s'en réjouit. « C'est le fun de voir qu'il y a encore des produits physiques qui se vendent. Il y a encore du monde qui tripe à attendre à 6 h du matin pour aller chercher leur album. Je trouve ça cool l'ambiance. On se retrouve entre tripeux et on discute en attendant d'aller chercher nos perles. »

L'évènement Record Store Day existe depuis huit ans, mais il ne cesse de prendre de l'ampleur partout dans le monde.

Au Canada, les ventes de vinyles ont bondi de 71 % en 2014 par rapport à l'année précédente pour un total de 400 000 albums. Ce n'est pas des masses, mais il s'agit du seul support qui voit ses ventes d'albums augmenter, par rapport au CD et même au numérique. 

Le propriétaire du magasin de disques Beatnik, autre institution pour les amateurs de vinyles installée rue Saint-Denis, aimerait bien que ce soit le Record Store Day tous les jours. Durant cette journée, sa clientèle est dix fois plus nombreuse qu'à la normale. 

« On ne sait pas où tous ces gens sont le reste de l'année, dit Nick Catalano. Pourquoi sortir seulement une journée par année pour acheter des disques? Ça, on ne le comprend pas. Mais on est reconnaissant qu'ils soient là aujourd'hui, parce que c'est pour encourager les disquaires indépendants à continuer. »

Beatnik durant la journée des disquaires, connu comme le Record Store Day.Beatnik durant la journée des disquaires, connu comme le Record Store Day. Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Maheu

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