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Affaire Ghomeshi : des écarts de conduite tolérés par la direction de CBC, selon une enquête interne

Un rapport indépendant indique que la direction de CBC de la société savait ou aurait dû savoir que Jian Ghomeshi se comportait de façon intimidante et inappropriée envers des employés
Radio-Canada

Les avocats chargés de l'enquête sur la façon dont CBC a géré le scandale de Jian Ghomeshi estiment que la direction savait ou aurait dû savoir que son animateur-vedette Jian Ghomeshi se comportait de façon intimidante et inappropriée au travail, et que ces agissements étaient tolérés.

Ils disent aussi qu'un ou plusieurs membres de la direction savaient que Jian Ghomeshi était quelqu'un avec qui il était très difficile de travailler et savaient qu'il fréquentait une employée non permanente.

Rien ne prouve toutefois que la direction était au courant des allégations de harcèlement sexuel portées contre M. Gomeshi.

Le réseau anglophone de Radio-Canada a mandaté l'avocate spécialisée en droit du travail Janice Rubin pour mener une enquête indépendante sur la gestion de la crise par CBC relativement à des allégations d'agressions sexuelles pesant contre Ghomeshi.

Le rapport fait ressortir des lacunes dans notre culture.

Hubert Lacroix, président de CBC/Radio-Canada

Le président de Radio-Canada/CBC, Hubert Lacroix, a présenté des excuses aux employés en affirmant que « les conclusions du rapport sont troublantes et démontrent des problèmes ». « Nous nous engageons à créer un environnement de travail plus sécuritaire et respectueux », a-t-il ajouté. Hubert Lacroix a aussi dit accepter toutes les recommandations du rapport.

Intimidation

Dans le cadre de l'enquête, Mme Rubin a encouragé tous ceux qui ont côtoyé Jian Ghomeshi à CBC à lui faire part des informations qu'ils pourraient posséder concernant toute forme de harcèlement, de violence et de discrimination.

De la centaine de personnes interrogées, plusieurs disent que Jian Ghomeshi intimidait ses collègues, était très souvent en retard, irrespectueux, humiliant et qu'il a parlé à quelques reprises de relations sexuelles.

Janice Rubin note que les employés intimidés ne portaient pas plainte en général, car ils ne faisaient pas confiance au processus en place et croit que la direction n'a pas réussi à faire respecter les règles de conduite, que ses interventions étaient insuffisantes et qu'elle a toléré trop d'écarts de conduite.

Le rapport reproche aussi au syndicat de ne pas avoir réagi correctement à la plainte de harcèlement sexuel déposée en 2010. La Guilde canadienne des médias nie avoir été au courant.

CBC a congédié Jian Ghomeshi de son émission culturelle Q en octobre dernier, après que des cadres du diffuseur public eurent pris connaissance de « preuves matérielles » qui montraient que l'animateur avait causé des blessures physiques à une femme. Un grief est toujours en cours à ce sujet.

L'animateur fait face à sept accusations d'agression sexuelle et à une autre pour tentative d'étranglement. Son avocate a souligné que Jian Ghomeshi plaiderait non coupable à tous les chefs d'accusation qui pèsent contre lui.

Des recommandations

Parmi les recommandations des avocats à CBC il y a : clarifier le code de conduite, sensibiliser les employés à ce code, veiller à son application juste et équitable, créer des mécanismes pour que soient mieux rapportés les comportements inappropriés.

Deux cadres quittent CBC

Par ailleurs, CBC a annoncé le départ de deux cadres qui étaient suspendus de leurs fonctions. La direction de CBC a indiqué jeudi matin que « Todd Spencer (directeur général, Ressources humaines et Relations industrielles) et Chris Boyce (directeur général, Radio et Audio) ont quitté la Société ».

La radio de CBC a également indiqué mercredi que le nom de l'émission quotidienne avait été modifié, passant de à q. Son nouvel animateur, le rappeur Shadrach Kabango, alias Shad, entrera en ondes lundi.

Jian Ghomeshi a été libéré sous caution et doit se plier à de nombreuses conditions. Il doit retourner en cour le 28 avril.

Affaire Ghomeshi

Pour consulter le rapport sur un appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Société