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Les mères blogueuses : quand le passe-temps devient un boulot

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Consommateurs avertis, 18 février 1976

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les blogues ont connu leur heure de gloire au début des années 2000, mais leur succès s'est fait quelque peu éclipser par les réseaux sociaux. Cette popularité est toutefois toujours vive pour plusieurs mamans. Blogueuses ou lectrices, elles se retrouvent dans la blogosphère à la recherche de trucs, de recettes ou même pour partager leurs états d'âme.

Un texte de Geneviève ProulxTwitterCourriel

La Sherbrookoise Jaime Damak est l'une d'entre elles. Après être devenue mère à la maison pour passer plus de temps avec ses enfants, la jeune femme a décidé de se lancer dans l'aventure du blogue afin d'échanger avec d'autres mamans. « On a ouvert une garderie, donc on avait des amis qui venaient à la maison et ça se passait très bien, mais le côté social de parler avec d'autres adultes, sur l'heure du lunch ou durant les pauses, ça me manquait », raconte-t-elle.

De là est né le site jesuisunemaman.com, un blogue consacré aux parents. On peut y lire des textes de toutes sortes, comme un sur le jugement entre parents ou un autre sur l'allaitement. On y présente aussi des recettes ou des produits pour la famille. Le site fonctionne tellement bien que, depuis trois ans, Jaime a laissé tomber la garderie pour se consacrer à temps complet à son blogue.

Je me souviens que, dans les premiers jours, j'avais cinq visites sur le site ou j'en avais eu dix. Cinq ans plus tard, on parle de milliers!

Jaime Damak

Quelque 35 000 internautes visitent son blogue chaque mois. Sa page Facebook compte, quant à elle, 27 000 fans. En plus des articles qu'elle écrit, cette maman a démarré sa web télé. Au total, 12 collaboratrices contribuent également au contenu du site.

Jamie Damak est l'une des rares blogueuses au Québec à pouvoir vivre de sa passion. Non seulement grâce à son blogue, mais aussi grâce aux contrats qu'elle a décrochés en se faisant connaître par jesuisunemaman.com. « Ça m'a amenée à faire de la radio, à faire de la télé, j'écris aussi pour l'hebdomadaire La Nouvelle, j'écris pour le site web de Véronique Cloutier, j'écris pour Yoopa! », énumère-t-elle.

Par contre, ce ne sont pas toutes les blogueuses qui ont ce rayonnement. Pour réussir à en vivre, il faut beaucoup de travail croit-elle. « Je travaille souvent sept jours sur sept, même le week-end, pour des mises à jour. J'ai l'impression que ma tête travaille toujours. »

Marie Noelle Marineau constate le même phénomène. Pour cette maman à la maison de Shawinigan, alimenter son blogue, Une vie marginale et heureuse, est un travail à temps plein. « Les mamans ont une petite baisse de vie sociale. Il y a des communautés qui se créent autour des blogues. Les gens commentent les articles, se parlent sur Facebook. Je pense que c'est un besoin que de se rassembler et de se sentir dans une petite communauté », analyse-t-elle.

Mine d'or

La blogosphère n'est pas seulement un réseau d'échange : elle est aussi une mine d'or pour les entreprises. Que ce soit par la publicité, les articles commandités ou avec le don de produits, les blogues sont devenus des outils de marketing très influents auprès des milliers de mamans qui les consultent.

Ces mères sont une clientèle plus difficile à joindre pour les entreprises. « C'est quand même difficile, quand on fait des publicités, de rejoindre spécifiquement des femmes enceintes. Alors que sur des blogues de mères, vous avez un public cible qui est assez ciblé. Une des beautés de l'Internet, c'est la possibilité de faire du marketing de niche. Quand vous avez un produit pour les bébés à vendre, c'est peut-être un des endroits les plus nichés pour rejoindre votre public cible », soutient la consultante spécialisée en marketing Internet, Michelle Blanc.

Ce n'est donc pas pour rien que de nombreuses compagnies s'associent avec les blogueuses pour faire connaître leurs produits. « L'avis d'un autre consommateur comme vous, l'avis d'un être humain qui n'est pas un spécialiste aura beaucoup plus d'impact et d'influence dans votre décision d'achat que l'avis d'un spécialiste », croit Mme Blanc.

Pour les blogueuses, s'associer avec une entreprise peut être payant. Jaime Damak s'est même fait commanditer une voiture pour quelques semaines. Par contre, elles disent ne pas accepter les offres d'emblée. « Parfois, c'est difficile. Sur le coup, on voit que l'on pourrait gagner tant, que le budget est intéressant. Je pense que c'est important de rester fidèle à soi-même et aux valeurs du site », affirme Jaime Damak.

Même son de cloche du côté de Marie Noelle Marineau. « Je n'accepte pas toutes les compagnies. Parfois, on a des demandes étranges. Soit qu'elles ne vont pas du tout avec les gens qui me lisent ou que ce sont des produits que je ne suis pas du tout intéressée à tester. Ce que je teste, ce sont des choses que j'utiliserais dans mon quotidien. »

Certaines blogueuses se sont fait une ligne éditoriale afin d'aviser leurs lecteurs quant à leurs sources de revenus. Chaque fois qu'elles reçoivent des avantages liés à un objet, elles l'indiquent dans l'article en question.

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