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Terrorisme : la GRC arrête deux jeunes Montréalais

El Mahdi Jamali

El Mahdi Jamali

Radio-Canada

La GRC a arrêté mardi deux autres jeunes Montréalais parce qu'elle craint qu'ils ne commettent une infraction liée au terrorisme. Selon les sources de Radio-Canada, les deux jeunes avaient l'intention de se rendre en Syrie.

El Mahdi Jamali, un jeune homme de 18 ans, et sa copine Sabrine Djaermane, elle aussi âgée de 18 ans, ont comparu mercredi, en milieu d'après-midi, au palais de justice de Montréal.

Ils vont demeurer détenus, puisque la Couronne s'est opposée avec succès à leur remise en liberté. Ils reviendront en cour lundi prochain.

La GRC n'a pas rendu public ce qu'elle reproche au jeune couple. L'enquête se poursuit et pourrait donner lieu au dépôt d'accusations.

Les parents de la jeune femme étaient présents et visiblement sous le choc.

Ils ont comparu aujourd'hui sur une dénonciation qui a été portée en vertu de 810.01. La poursuite a décidé de s'objecter à leur remise en liberté. 

Me Lyne Descarie, procureure au Service des poursuites pénales du Canada.

L'article 810.01 du Code criminel (Nouvelle fenêtre) du Canada stipule que : « Quiconque a des motifs raisonnables de craindre qu'une personne commettra une infraction prévue à l'article 423.1, une infraction d'organisation criminelle ou une infraction de terrorisme peut, avec le consentement du procureur général, déposer une dénonciation devant un juge d'une cour provinciale. »

Un mandat d'arrestation, et non une sommation

Deux autres jeunes Montréalais, Merouane Ghalmi et Daniel Minta Darko, avaient comparu en cour sous sommation dans les dernières semaines pour des raisons de sécurité nationale similaires. On ne sait pas pourquoi dans le cas actuel, les deux jeunes ont plutôt fait l'objet d'un mandat d'arrestation et demeurent détenus.

Aucune accusation n'avait été déposée contre MM.Ghalmi et Darko. Ils se sont cependant vu imposer le port du bracelet électronique, entre autres, afin d'éviter qu'ils portent atteinte à la sécurité nationale.

Questionné sur le sujet, l'avocat d'El Mahdi Jamali, Me Marc Giroux, estime que cette façon de faire pourrait être liée aux événements survenus au cours de la dernière année au pays.

« Avec ce qui se passe dans le monde, et même ce qui s'est passé au Parlement canadien, ce qui s'est passé à Saint-Jean-sur-Richelieu, vous savez, le système judiciaire est quand même sensible à la réalité quotidienne de Monsieur Tout-le-Monde. J'ai l'impression que c'est peut-être cette réalité-là qui vient affecter l'exercice du privilège de la police de procéder à l'arrestation des gens, plutôt que par sommation », a déclaré Me Giroux.

Des jeunes de Maisonneuve, encore une fois

Radio-Canada a par ailleurs appris qu'El Mahdi Jamali et Sabrine Djaermane étudient au Collège de Maisonneuve. Le jeune homme étudie en sciences.

Rappelons que cinq des sept jeunes originaires de Laval et de Montréal qui ont quitté le pays à la mi-janvier et pourraient avoir rejoint des djihadistes en Syrie, en passant par la Turquie, fréquentaient aussi ce cégep.

L'information a été confirmée en entrevue par la directrice des communications et affaires corporatives.

Brigitte Desjardins a précisé qu'ils étaient au cégep depuis l'automne dernier et que rien n'avait pu laisser croire qu'ils posaient un risque quelconque.

Si on avait vu ça, évidemment, on aurait agi. On est dans l'imperceptible et l'imprévisible.

Brigitte Desjardins

Elle a réitéré que le Cégep avait l'impression de tout avoir mis en œuvre pour tenter de prévenir de tels événements chez les étudiants. « Hélas, quand ils sont rendus en haut de la pyramide de la radicalisation, c'est très difficile pour nous de les rejoindre », a-t-elle déclaré.

Mme Desjardins est sinon incapable de dire si El Mahdi Jamali et Sabrine Djaermane étaient en lien avec un ou plusieurs des cinq jeunes ayant quitté le pays à la mi-janvier.

D'autre part, El Mahdi Jamali était inscrit sur Facebook en décembre à une conférence organisée par le Centre communautaire islamique de l'Est de Montréal d'Adil Charkaoui. Rien ne prouve toutefois qu'il y ait bel et bien assisté. Un des sept autres jeunes Québécois soupçonnés d'être partis en Syrie en début d'année était aussi inscrit à cette activité.

Avec les informations d'Isabelle Richer et Karine Bastien

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