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Canadian Royalties : Couillard dément tout conflit d'intérêts

Philippe Couillard

Philippe Couillard répond aux questions des journalistes, le 15 avril.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le premier ministre du Québec Philippe Couillard dément toute implication dans le prêt de 100 millions de dollars qu'Investissement Québec a accordé à Canadian Royalties, une minière dont il a été administrateur pendant quelques mois en 2009. Il s'indigne d'avoir été accusé « à tort » par le Parti québécois dans ce dossier.

« La décision d'Investissement Québec d'accorder un prêt – et non pas une subvention – à l'entreprise est la décision d'Investissement Québec », a-t-il déclaré mercredi matin depuis le « hot room » de l'Assemblée nationale, un lieu hautement inhabituel pour une conférence de presse d'un premier ministre.

« En aucun moment, je ne suis intervenu auprès d'investissement Québec. [...] pour que ce prêt se fasse. C'est un prêt commercial, qui a été fait sur une base commerciale, avec les fonds propres d'Investissement Québec », a-t-il affirmé.

« Ça n'a pas à passer devant le Conseil des ministres. C'est une décision autonome d'Investissement Québec, avec leurs fonds propres. »

Moi j'ai quitté ce conseil [d'administration] en 2009, lorsque compagnie a été acquise par celle qui la détient aujourd'hui. Et je n'ai eu absolument aucun contact avec l'entreprise depuis, et aucun intérêt financier, bien sûr, relié.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Le premier ministre a déploré que le porte-parole du Parti québécois en matière d'éthique et d'intégrité, Stéphane Bergeron, ait abordé la question en son absence, mardi, lors de la période des questions à l'Assemblée nationale. « Pas très élégant de sa part », a-t-il commenté.

« C'est un autre exemple d'association libre qui est assez désagréable », a-t-il ajouté. « Ils n'ont même pas fait l'effort minimum de vérifier que ce prêt a été fait de façon autonome par Investissement Québec », a-t-il laissé tomber.

Philippe Couillard dit avoir convoqué la presse mercredi pour « exprimer [son] indignation sur le traitement de l'information qui est fait dans le milieu politique ». Bien qu'il ait parlé du dossier Canadian Royalties, il s'est surtout indigné d'un article du Journal de Montréal, qui l'a injustement associé, selon lui, à une histoire de fraude boursière.

Je n'ai aucun problème à discuter des faits. Là où j'ai des problèmes, et il faut que ça cesse, c'est les amalgames, des fausses associations et surtout la culpabilité par association. Il faut que ça arrête, on ne peut plus continuer avec cette ambiance-là.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Une histoire soulevée à l'Assemblée nationale

Mardi, Stéphane Bergeron a laissé entendre que M. Couillard s'était placé en conflit d'intérêts dans ce dossier. « Il appert qu'il ne s'est pas retiré des discussions au Conseil des ministres », comme il aurait dû le faire, puisqu'il a été administrateur de Canadian Royalties avant de revenir en politique, a argué le député péquiste lors de la période des questions à l'Assemblée nationale.

« Il avait même été nommé au comité spécial de quatre personnes, présidé par son ami et partenaire d'affaires, Arthur Porter, qui avait piloté la vente de cette société québécoise à des intérêts chinois », a encore dit M. Bergeron, en ajoutant que M Couillard avait aussi abordé le sujet lors de son voyage à Pékin, cet automne.

Les questions de M. Bergeron s'inscrivaient elles aussi dans la foulée d'un article du Journal de Montréal, qui affirmait la semaine dernière que Ressources Québec, filiale d'Investissement Québec, était sur le point de prêter 100 millions à Canadian Royalties et à sa société-mère, Jien Canada.

Les deux entreprises, contrôlées par la chinoise Jilian Jien Nickel Industry, veulent obtenir des capitaux pour développer le projet Nunavik Nickel, visant à exploiter des gisements de nickel, de cuivre, de cobalt, de platine et de palladium dans le Grand Nord québécois. Selon une porte-parole de l'entreprise citée par le quotidien montréalais, une entente devrait être annoncée très prochainement.

« L'argent de Ressources Québec provient du Fonds de développement économique, ce qui implique que le dossier est nécessairement passé par le Conseil des ministres », avait affirmé M. Bergeron. « En tant qu'ancien membre du conseil d'administration de cette entreprise, [le premier ministre] n'aurait-il pas dû se retirer de toute discussion et de toute implication dans ce dossier? », avait-il lancé.

Le ministre de l'Économie, Jacques Daoust, avait défendu le premier ministre. « Investissement Québec gère deux portefeuilles : ses fonds propres et le Fonds du développement économique. Ce dont il est question actuellement, c'est une négociation qui a eu lieu uniquement entre Investissement Québec et Canadian Royalties à même ses fonds propres », avait-il expliqué. « Le premier ministre n'a pas été impliqué, pas plus que moi, [dans] ce dossier-là. »

La vice-première ministre Lise Thériault s'est plainte pour sa part que M. Bergeron faisait du « salissage », accusation qu'elle a dû retirer à la demande du président de l'Assemblée. Le leader du gouvernement en chambre, Jean-Marc Fournier, a aussi lancé la même accusation, avec le même résultat.

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