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Les élections scolaires, « c'est terminé »

Le ministre de l'Éducation, François Blais, souhaite remplacer les élus scolaires par une nouvelle structure plus administrative.

Le ministre de l'Éducation, François Blais, souhaite remplacer les élus scolaires par une nouvelle structure plus administrative.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre de l'Éducation, François Blais, persiste et signe dans le dossier des élections scolaires : « J'ai dit ce que je pensais. Pour moi, c'est terminé. » Le taux de participation anémique du dernier scrutin scolaire prouve que le modèle est désuet, a-t-il expliqué à sa sortie du caucus libéral ce matin à Québec.

Le ministre Blais songe à implanter une nouvelle structure pour remplacer les élus scolaires dont les élections ont coûté 20 millions de dollars au Trésor québécois en novembre dernier.

Le ministre Blais reprend ainsi la réflexion de son prédécesseur, Yves Bolduc, qui avait remis en cause la pertinence de ces élections. M. Bolduc avait déclaré que le taux de participation aux élections scolaires d'octobre dernier déterminerait la suite à donner à cette institution. Or, le taux de participation, qui était de 8 % lors du scrutin de 2007, est descendu sous la barre des 5 % (4,86 % dans l'ensemble de la province) en novembre dernier.

La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, dénonce la position du ministre Blais. « On est devant un fort recul démocratique », déplore-t-elle.

La présidente de la FCSQ souligne que les élections municipales ne sont pas remises en question même si quelque 50 % des représentants y sont élus par acclamation. « La démocratie scolaire doit être réformée », acquiesce Mme Bouchard, mais elle ne doit pas être éliminée, selon elle. Elle estime qu'il faut plutôt la renforcer et elle propose de jumeler les élections scolaires aux élections municipales pour favoriser une participation accrue.

Une avenue que rejette le ministre du revers de la main : « Non, je pense qu'on n'en est plus là. »

Mme Bouchard déplore que le ministre songe à remplacer les élus des conseils de commissaires par des membres de conseils d'administration nommés. Elle craint que les personnes ainsi nommées privilégient leurs intérêts ou ceux de leur organisation - ville, société de transport, etc. - au détriment de ceux des élèves.

La question de la gouvernance des commissions scolaires se heurte à la particularité des commissions scolaires anglophones et préoccupe le ministre Blais. « Ils ont une protection constitutionnelle et on va leur reconnaître cette protection », explique le ministre, tout en précisant que cette particularité ne leur garantit pas des élections scolaires. « C'est vraiment de faire en sorte que cette communauté ait un mot à dire important sur les orientations de leurs écoles, et ça, on est prêt à le reconnaître », précise-t-il.

Élections scolaires

5 184 300 : le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales des commissions scolaires et des circonscriptions en élection

72 commissions scolaires au Québec : 60 francophones, 9 anglophones et 3 à statut particulier (Kativik, du Littoral et Baie-James)

20 millions de dollars : coût des élections scolaires cette année au Québec

La présidente de la FCSQ a profité de l'occasion pour dénoncer les compressions budgétaires que sont forcées d'appliquer les commissions scolaires.

« Ce qui est odieux dans tout ça, c'est de dire que nous n'avions pas le droit de faire ça, pas le droit de couper le service aux élèves, alors que la commande est venue du gouvernement », note Mme Bouchard, en citant les règles budgétaires reliées au budget de l'Éducation. Elle ajoute que les élus ont dû faire « des choix déchirants » pour effectuer les compressions exigées du gouvernement, « là où ce serait le moins douloureux possible, entre guillemets ».

Revenant sur le cas de l'achat regroupé des livres, que le ministre a évoqué au cours des dernières heures, elle précise que des commissions scolaires ont choisi de reporter des achats pour privilégier le service aux élèves. Ils ont choisi « de répondre aux besoins des élèves plutôt que de répondre aux besoins des éditeurs ».

Élections scolaires dans l'Est du Québec
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Élections scolaires dans l'Est du Québec

Le ministre a également abordé l'enjeu de la taxation, qui est problématique. Il souhaite corriger le mode de taxation afin de gagner en prévisibilité et en stabilité. Le ministre Blais estime que le gouvernement doit remédier aux fluctuations de la taxe foncière et aux disparités régionales de la richesse foncière, qui engendrent des écarts de richesse pour les commissions scolaires.

La position du ministre Blais, bien qu'elle déplaise à Mme Bouchard et aux commissions scolaires, est plus modérée que celle de son prédécesseur.

Yves Bolduc était allé plus loin que M. Blais allant jusqu'à proposer l'abolition des commissions scolaires au Québec. C'est le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, qui a le premier évoqué l'abolition des commissions scolaires, en 2007. L'idée avait provoqué un tollé et avait été rejetée d'emblée, voire ridiculisée, par le chef du Parti libéral du Québec de l'époque, Jean Charest.

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