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Les participantes au café-citoyen et membres du conseil d'administration de Plurielles

Les participantes au café-citoyen et membres du conseil d'administration de Plurielles

Photo : ICI Radio-Canada/Michel Saba

Radio-Canada

Le conseil d'administration de l'organisme sans but lucratif Pluri-elles a tenu un premier « café-citoyen » lundi soir dans ses locaux afin d'aborder les thèmes proposés par la Société franco-manitobaine (SFM) dans le cadre des États généraux de la francophonie manitobaine. Les participantes à la rencontre ont discuté notamment de services en français et de l'avenir de la francophonie manitobaine.

Un texte de Michel SabaTwitterCourriel

Plusieurs gens à la rencontre étaient issus du milieu de la santé. Une des participantes s'est d'ailleurs renseignée sur la tenue d'un « café-citoyen » qui se pencherait en particulier sur la question des services de santé en français, une idée qui a plu à au moins une autre participante.

L'infirmière Brigitte Arondel-Parent remarque une évolution encourageante dans la francophonie manitobaine depuis son arrivée dans la province il y a 30 ans. « Au début, il n'y avait pas beaucoup de services en français : au niveau de l'accueil francophone, au niveau des ressources francophones, au niveau de la santé en français. J'ai pu voir l'évolution qu'il y a eu en 30 ans. Il y a encore beaucoup de défis, c'est sûr, au niveau de la francophonie, mais je pense que ça a été un grand atout au niveau des ressources. Savoir où aller en français, où se faire soigner en français, la culture également. »

Plusieurs participantes ont mentionné des insatisfactions dans la prestation des services en français. Une personne s'est notamment plainte de ne pas recevoir des services bilingues à tous les niveaux de gouvernements, notamment au niveau municipal. D'autres sont allés plus loin en se demandant pourquoi il était extrêmement difficile de recevoir un service bilingue au supermarché ou dans la programmation au cinéma. La modératrice de la rencontre a souligné que ni la Ville de Winnipeg ni les commerces ne sont tenus d'offrir des services en français, à tous les niveaux. Une autre participante optimiste a simplement souligné que tout est possible. Par ailleurs, Janelle Lapointe a déploré un faible niveau de français enseigné dans les classes des écoles d'immersion. Elle y constate un « manque de vocabulaire et de diversité de mots ».

Des rêves francophones

La SFM incite les participants aux « cafés-citoyens » à se projeter dans l'avenir et d'imaginer les succès de la francophonie manitobaine.

Les participantes ont notamment mentionné le souhait de voir le Manitoba devenir une province officiellement bilingue et de ne plus avoir à se battre pour obtenir des services en français.

Janelle Lapointe souhaite vivre en français. « J'aimerais pouvoir travailler en comité rural comme infirmière praticienne dans ma propre clinique. Où je peux desservir ma communauté en français. Où mes enfants pourront aller à l'école en français. Où ils pourront jouer des sports en français. Je n'aurais pas besoin de me débattre pour trouver ça. Ce serait à notre disposition et facile à utiliser. »

Brigitte Arondel-Parent a rêvé à l'avenir du Manitoba dans 30 ans. « Il n'y aurait plus de frustrations. Ne plus chercher des endroits où parler en français. S'épanouir en français. » Elle s'est tout de même montrée inquiète pour l'avenir. « Comment les gens de notre génération qui ont entre 50 et 60 ans allons vivre dans 30 ans? Allons-nous recevoir nos services en français? Allons-nous également avoir notre identité francophone? Ça aussi c'est la question dans 30 ans. Puis, j'aimerais être soignée en français. J'aimerais terminer mes jours en français. Je ne veux pas être pessimiste, mais pour moi, c'est vraiment très important. »

Une occasion de s'exprimer

La directrice générale de Pluri-elles, Mona Audet, a indiqué que l'organisation de ce « café-citoyen » était une occasion à saisir. « La SFM nous donnait l'occasion de parler, de nous faire entendre. Je trouvais que c'était vraiment important. C'est un dialogue. Il y avait un rapport qui va sortir. C'est une chance qu'on avait. Il y a de nombreuses années que ça n'avait pas été fait. Le conseil d'administration a décidé que c'était très important de participer. Le personnel va participer à une autre rencontre aussi. Je trouve ça important. On a la chance de parler. Alors, parlons! »

Les États généraux de la francophonie manitobaine se poursuivent jusqu'au mois de juin. La Société franco-manitobaine compilera par la suite le résultat des discussions. Elle présentera un rapport détaillé au public l'automne prochain.

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