•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Poudre d'aluminium : des mineurs veulent être indemnisés

Janice Martell entourée de son père Jim et de sa mère Elaine Hobbs
Janice Martell entourée de son père Jim et de sa mère Elaine Hobbs Photo: Radio-Canada/Yvon Thériault
Radio-Canada

Une femme d'Elliot Lake se bat pour obtenir une indemnisation pour son père malade, un mineur à la retraite. Janice Martell affirme que la poudre d'aluminium respirée par son père, Jim, dans une mine d'uranium locale a contribué à sa maladie de Parkinson.

Un texte d’Hugo DuchaineTwitterCourriel

Des années 1940 jusqu'à 1979, plusieurs mines du nord de l'Ontario répandaient de la poudre d'aluminium, surnommée poudre McIntyre, en raison de la mine de Timmins où le programme a vu le jour. La poudre d'aluminium devait protéger les mineurs contre la silicose, une maladie pulmonaire courante causée par les poussières de silice retrouvées dans les mines.

Janice Martell a recueilli des centaines de pages de documents sur la poudre d'aluminium.Janice Martell a recueilli des centaines de pages de documents sur la poudre d'aluminium. Photo : Radio-Canada/Yvon Thériault

Aucune étude n'a jamais pu prouver que la poudre d'aluminium aidait à prévenir la maladie ou si, au contraire, elle nuisait aux mineurs. Janice Martell veut cependant déterminer si cette poudre a contribué à des maladies neurodégénératives, comme le Parkinson ou l'Alzheimer.

Son père, Jim Hobbs, travaillait dans une mine d'uranium d'Elliot Lake. Pendant deux ans, il a été encouragé à respirer un épais nuage noir de poudre d'aluminium avant de descendre sous terre.

Sa fille a déjà formulé une demande d'indemnisation auprès de la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail (CSPAAT), mais elle a été rejetée.

Je veux regrouper assez de mineurs, qui ont vécu la même chose et qui souffrent de problèmes similaires aujourd'hui, pour intéresser le monde médical, entamer des recherches, pour qu'ils obtiennent l'indemnisation qu'ils méritent

Janice Martell, fille de mineur

Elle espère trouver la force dans le nombre, en regroupant plusieurs mineurs, mais il s'agit aussi d'une course contre la montre, puisque les mineurs exposés à cette poudre sont de moins en moins nombreux.

Pas le seul

Âgé de 63 ans, Don Harrison était un électricien sous terre à la mine Rio Algom d'Elliot Lake. Pendant un an, il a dû inhaler la poudre d'aluminium.

En 2002, il a été diagnostiqué avec la maladie de Parkinson. Par contre, il n'a jamais essayé d'obtenir une indemnité avant de rencontrer Janice Martell car il ne savait pas si sa maladie était reliée ou non à son passé de mineur.

« Je n'ai rien à perdre, j'espère surtout sensibiliser les gens à ce qui se passait à cette époque », raconte-t-il.

Même si la poudre d'aluminium devait le protéger, Ton Jeffery souffre aujourd'hui de silicose.Même si la poudre d'aluminium devait le protéger, Ton Jeffery souffre aujourd'hui de silicose. Photo : Radio-Canada/Yvon Thériault

Tom Jeffery a aussi travaillé à la mine Rio Algom et il est aujourd'hui atteint de silicose, même si la poudre d'aluminium devait le protéger contre la maladie.

« Après le travail, on rentrait à la maison et, lorsqu'on toussait, tout était noir. On s'inquiétait, mais l'entreprise continuait de nous dire que c'était ce qu'il y a de mieux », se souvient-il. L'ancien mineur espère maintenant obtenir une compensation pour sa silicose.

De son côté, Dave Mellor a inhalé la poudre d'aluminium pendant huit ans à la mine Denison d'Elliot Lake. Il n'a jamais cru que c'était efficace pour protéger ses poumons.

« C'était ridicule, car la poudre ne faisait que les noircir et ensuite il était impossible de voir quoi que ce soit avec des rayons X », déclare-t-il, ajoutant cependant qu'aujourd'hui il se sent toujours bien.

Pas assez de preuves

La CSPAAT affirme qu'il n'y a pas suffisamment de preuves scientifiques pour lier l'exposition à l'aluminium à des maladies comme l'Alzheimer ou le Parkinson. Elle n'offre donc pas d'indemnisation aux travailleurs.

Le ministère ontarien du Travail réfère quant à lui toute question sur la poudre d'aluminium à la CSPAAT.

Ontario

Maladie