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Moyen-Orient : des artisans de la paix formés à Montréal

L'Israélienne Shirli Karavani et la Palestinienne Kifa Odeh-palestinienne étudient au RIAC (Réseau international d'action communautaire) de l'Université McGill.

L'Israélienne Shirli Karavani et la Palestinienne Kifa Odeh-palestinienne étudient au RIAC (Réseau international d'action communautaire) de l'Université McGill.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l'Université McGill, un groupe de recherche en travail social unique au monde enseigne une matière fort exigeante par les temps qui courent : l'espoir.

Un texte d'Émilie DubreuilTwitterCourriel

Du Moyen-Orient, ils viennent pendant deux ans étudier le service social au Réseau international d'action communautaire (RIAC) de McGill. Avec une maîtrise en poche, les boursiers s'engagent, ensuite pendant quatre ans à travailler dans un des 11 centres d'action communautaires établis par le RIAC dans des quartiers défavorisés d'Israël, de la Palestine et de la Jordanie.

Changer le monde, petit à petit

Au début des années 70, James Torczyner, un juif new-Yorkais diplômé de l'Université Berkeley, est engagé comme professeur par l'Université McGill. L'homme est échevelé, idéaliste et rêve de changer le monde. Ça tombe bien; c'est l'époque du Peace and Love, des manifestations et des chansons pacifiques de John Lennon, et Torczyner enseigne l'activisme au Département de travail social.

Un activisme social qu'il mettra en pratique dans les années 80 au Québec en dénonçant les « boubous macoutes », ces agents de l'aide sociale aux méthodes contestées, ou encore en s'assurant que les sans-abri puissent recevoir leur chèque d'aide sociale sans avoir d'adresse fixe.

Aujourd'hui, le professeur n'a plus de cheveux, mais il a gardé son idéalisme. Assis au centre de la table de conférence d'une grande salle chargée de livres poussiéreux, il regarde avec tendresses ses neuf stagiaires. Neuf étudiants venant de partout au Moyen-Orient et qui participent à ce programme unique de deux ans.

James Torczyner, du RIAC (Réseau international d'action communautaire) de l'Université McGillAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

James Torczyner, du RIAC (Réseau international d'action communautaire) de l'Université McGill

Photo : Radio-Canada

Si on ne se tient pas debout pour dénoncer les injustices, on en est complice.

Une citation de :James Torczyner

Ingénieurs, travailleurs sociaux, travailleurs de la santé de la Palestine, d'Israël ou de la Jordanie viennent ici apprendre le militantisme de gauche et le travail social dans nos organismes. En résumé, ils viennent apprendre comment on change le monde, une petite chose à la fois.

L'an prochain, ils iront en stage dans les centres affiliés au groupe de recherche au Moyen-Orient. Ces stages sont pilotés par une diplômée du programme, qui a fondé un centre d'alphabétisation pour les femmes bédouines chez elle en Palestine.

Le reportage d'Émilie Dubreuil est diffusé ce soir au Téléjournal sur ICI Radio-Canada Télé.

Thérapie de groupe et réseautage

Au-delà de l'apprentissage en travail social, ce groupe de recherche est unique en ce sens qu'il réunit des voisins souvent ennemis qui ne pourraient jamais se rencontrer sur leur territoire.

Pendant l'année, plusieurs heures sont consacrées à l'écoute de l'autre. Par exemple, les Palestiniens peuvent raconter leurs problèmes aux Israéliens. Les stagiaires développent donc des liens d'amitié qui survivent à leur séjour à Montréal, et sont susceptibles de créer des ponts improbables entre leurs communautés.

La Syrie

Cette année, le RIAC compte parmi ses étudiants un Syrien qui a dû traverser à pied les territoires occupés par le groupe armé État islamique pour quitter son pays et venir à Montréal.

Adnan Al-Mhamied veut retourner en Syrie pour aider les réfugiés et éventuellement reconstruire son pays. D'ailleurs, vendredi dernier, avec le professeur Torczyner, l'étudiant a rencontré des membres de la communauté syrienne de Montréal pour recueillir des fonds pour aider les réfugiés de là-bas.

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