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La couverture d' « Il pleuvait des oiseaux » de Jocelyne Saucier

La couverture d' « Il pleuvait des oiseaux » de Jocelyne Saucier

Photo : XYZ

Radio-Canada

Jocelyne Saucier
XYZ

Le roman de Jocelyne Saucier met en scène des personnages très âgés vivant en forêt, des marginaux épris de liberté qui apprivoisent la mort loin de la civilisation. Trois hommes ? Boychuck, brûlé des grands feux qui ont ravagé le nord de l'Ontario au début du XXe siècle, Tom et Charlie ? ont choisi de se retirer du monde, vivant relativement heureux et en préparant leur mort. L'arrivée d'une photographe dans leur refuge, alors que Boychuck n'est plus de ce monde, bouleversera la vie des deux survivants, qui feront aussi la rencontre de Marie-Desneige, 82 ans, qui a été internée pendant 66 ans. Mêlant faits historiques à l'histoire inspirante de cet ermitage de vieux qui rend un bel hommage à la fin de la vie, Il pleuvait des oiseaux a connu un succès fulgurant à sa sortie et a été bardé de prix, dont le prix Ringuet, le prix France-Québec, le Prix des cinq continents de la Francophonie en 2011 et le Prix littéraire des collégiens.

EXTRAIT

Il y avait un pacte de mort entre mes p'tits vieux. Je ne dis pas suicide, ils n'aimaient pas le mot. Trop lourd, trop pathétique pour une chose qui, en fin de compte, ne les impressionnait pas tellement. Ce qui leur importait, c'était d'être libres, autant dans la vie qu'à la mort, et ils avaient conclu une entente. Encore là, pas de serment sur le coeur, rien de pathétique, simplement la parole donnée de l'un à l'autre que rien ne serait fait pour empêcher ce qui devait être fait si l'un devenait malade au point de ne plus pouvoir marcher, s'il devenait un poids pour lui-même et les autres. L'entente ne valait pas pour une frac­ture à une main ou un bras, un manchot peut encore se débrouiller, mais les jambes, il n'y a pas plus important en forêt. La locomotion, comme disait Tom en insistant sur les " o " comme s'ils devaient marcher en les prononçant. L'entente disait aussi que, s'il le fallait, ils aideraient. Ils ne laisseraient pas l'autre se dissoudre dans la souffrance et l'indignité en regardant le ciel.

Extrait de « Il pleuvait des oiseaux » de Jocelyne Saucier

David Chabot, l'animateur de l'émission « Des matins en or » sur ICI Radio-Canada Première en Abitibi-Témiscamingue.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David Chabot, l'animateur de l'émission « Des matins en or » sur ICI Radio-Canada Première en Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada

Ce livre a été suggéré par :

David Chabot
DES MATINS EN OR
ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE
En semaine 6 h

David Chabot : « Il pleuvait des oiseaux » de Jocelyne Saucier

Il faut absolument lire, au moins une fois dans sa vie, le livre Il pleuvait des oiseaux de l'Abitibienne Jocelyne Saucier. L'auteure nous amène dans une forêt secrète du nord de l'Ontario dans laquelle les vieux Boychuck, Tom et Charlie ont choisi de se retirer du monde. Presque tout a déjà été dit sur ce livre qui s'est retrouvé sur les plus grandes tribunes et qui a reçu la plupart des prix littéraires les plus prestigieux. J'ajouterais qu'il faut le lire pour la quiétude des lieux qu'on y retrouve, la liberté que nous insufflent les grands espaces, la paix que nous apportent les personnages face à la mort et surtout, pour le sentiment de bien-être qui nous habite en tournant la dernière page.

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