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Je ne veux pas mourir seul

Gil Courtemanche
Boréal

Gil Courtemanche livre son récit le plus personnel dans Je ne veux pas mourir seul, une autofiction où il relate sans pudeur sa maladie et le départ de sa femme. Le journaliste, dont on a célébré le roman Un dimanche à la piscine à Kigali, y dissèque sa relation avec Violaine, jeune femme qui rompt avec lui par courriel la semaine même où tombe un diagnostic de cancer. Le livre alterne donc entre la vie et la mort, se divisant en chapitres consacrés à l'amour perdu et en d'autres décrivant les affres de la maladie : décrépitude du corps, humiliation et froideur des médecins. Répétant que, pour lui, la mort de l'amour est plus souffrante que celle du corps, Courtemanche livre un bouleversant cri de douleur, mais aussi une déclaration d'amour extrêmement touchante à celle qu'il aimait.



EXTRAIT

La peur de la mort ne m'est pas venue de l'annonce de la maladie, elle m'est venue de cette femme qui m'a quitté. Il y a deux morts, celle qu'on attend, l'inévitable terminal, et l'autre, bien pire, sentir quotidiennement qu'on ne vit plus, que le soleil n'est plus qu'un astre, la pluie un phénomène météorologique, les humains des créatures. La mort permanente, c'est vivre dans un dictionnaire. Rien de concret, de lourd, de goûteux. Des définitions seulement.

Extrait de Je ne veux pas mourir seul de Gil Courtemanche

Frédéric Laflamme, l'animateur de l'émission « Chez nous le matin » sur ICI Radio-Canada Première à Trois-Rivières.Frédéric Laflamme, l'animateur de l'émission « Chez nous le matin » sur ICI Radio-Canada Première à Trois-Rivières. Photo : Radio-Canada

Ce livre a été suggéré par :

Frédéric Laflamme
CHEZ NOUS LE MATIN
ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE
En semaine 6 h

Il y a des livres qui marquent au fer rouge. Qui remuent. Qui dérangent. Quand Gil Courtemanche écrit Je ne veux pas mourir seul, il est terrassé par l'annonce d'un diagnostic de cancer. Il livre ses réflexions sur la vie, la solitude, l'amour. Surtout l'amour. Autofiction aboutie, livre testament, cet ouvrage est à mettre au rang des incontournables parce que Courtemanche, en se racontant en toute intimité, en se voyant tour à tour vivre et mourir, touche à l'universel. Il émeut. Il réveille. « Certes, le journaliste est compétent, l'écrivain a eu du succès, je fais bien la cuisine, j'ai parfois des élans de générosité et je vis selon mes convictions », écrit-il. « Cela ne fait ni une vie ni un homme réussis. Si on perd ce qu'on a de plus cher, on rate sa vie. Voilà, j'ai raté ma vie. » Douloureux examen, plein de vérité.

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