•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Détail de la couverture de « L'homme rapaillé » de Gaston Miron.

Détail de la couverture de « L'homme rapaillé » de Gaston Miron.

Photo : Hexagone/Typo

Radio-Canada

GASTON MIRON
Presses de l'Université de Montréal

Recueil de poésie publié pour la première fois en avril 1970, L'homme rapaillé est l'œuvre québécoise la plus lue de toute la francophonie. Auteur d'une seule œuvre devenue emblématique, Miron raconte dans L'homme rapaillé le destin collectif d'un peuple aliéné dont il revendique la liberté. À la fois épopée et voix intime, poésie autobiographique et chant universel, son œuvre éclate comme un cri du cœur et raconte aussi, à travers ses accents épiques, l'histoire collective des Québécois. Le recueil, récompensé du Prix de la revue Études françaises en 1970, a été sans cesse remanié par Miron et a fait l'objet de sept éditions. Avec ses vers truffés d'expressions populaires et de québécismes, la poésie de Miron est souvent qualifiée d'orale. L'homme a aussi contribué à consacrer la poésie dans la vie intellectuelle québécoise en devenant cofondateur des éditions de l'Hexagone en 1953.

VIDÉO

Pour voir la vidéo sur votre appareil mobile, cliquez ici.  (Nouvelle fenêtre)

EXTRAIT

Dans les lointains de ma rencontre des hommes
le cœur serré comme les maisons d'Europe
avec les maigres mots frileux de mes héritages
avec la pauvreté natale de ma pensée rocheuse

j’avance en poésie comme un cheval de trait
tel celui-là de jadis dans les labours de fond
qui avait l’oreille dressée à se saisir réel
les frais matins d’été dans les mondes brumeux

Extrait du poème « Paris » tiré de L'homme rapaillé de Gaston Miron

Yanick Villedieu, l'animateur des « Années lumière » sur ICI Radio-Canada Première.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yanick Villedieu, l'animateur des « Années lumière » sur ICI Radio-Canada Première.

Photo : Radio-Canada

Ce livre a été suggéré par :

Yanick Villedieu
LES ANNÉES LUMIÈRE
ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE
Dimanche 12 h 10


Les mots, les images, la langue rude et musicienne à la fois, l’amour pays et le pays amour, l’enracinement, tout chez Miron soudain vous habite, et pour longtemps. Batèche, agonique, déréliction, rapaillé, caboche, callosités, bramement : son vocabulaire claque comme des « taloches de vent ». « Dépoétisé dans ma langue et mon appartenance », écrit-il, « je parle avec les mots noueux de nos endurances ». Marqué par la « batèche de [son] grand-père dans le noir analphabète », Miron dira ou inventera les mots des gens d’ici : « d’une brunante à l’autre / je farouche de bord en bord / je barouette et fardoche et barouche / [...] laissez-moi donner la main à l’homme de peine / et amironner ». Miron, poète de l’oralité, a été superbement servi par les chansons de Chloé Sainte-Marie, notamment Je marche à toi, dernière partie de la puissante Marche à l’amour. Douze hommes rapaillés l’ont aussi chanté. De quoi donner envie de lire et relire Miron, « Miron le magnifique », comme l’a appelé un autre poète, Jacques Brault.

Livres

Arts