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Marché du carbone : les automobilistes ontariens pourraient payer plus

Un automobiliste fait le plein d'essence.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a signé lundi une entente avec le Québec pour sa participation à un marché conjoint du carbone, une initiative qui contient de bonnes et de mauvaises nouvelles pour les Ontariens.

La première ministre  de l'Ontario, Kathleen Wynne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne.

Le Québec et la Californie font déjà partie d'un marché conjoint du carbone, qui impose à leurs entreprises respectives un prix par tonne d'émissions polluantes, leur fixe des cibles à atteindre et leur permet de vendre ou d'acheter des crédits antipollution. En d'autres mots, une compagnie qui n'a pas atteint ses cibles peut acheter des crédits à une autre société qui a dépassé les siennes.

Au Québec, cette initiative a fait toutefois augmenter le prix de l'essence de 2,5 à 3 cents le litre (Nouvelle fenêtre).

La première ministre Wynne rétorque que les gaz à effet de serre ont eux aussi un coût, y compris des primes d'assurance plus élevées en ce qui a trait aux inondations et aux sécheresses liées aux changements climatiques.

Si vous appelez ça une taxe, sachez que l'étiquette importe peu, l'important est d'agir pour les générations futures.

Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario

La première ministre Wynne ajoute que les Ontariens pourront réduire leur facture de chauffage, par exemple, grâce aux nouvelles technologies.

Taxe déguisée?

Selon des observateurs, le nouveau marché du carbone pourrait rapporter à l'Ontario de 1 à 2 milliards de dollars par année. Il s'agirait d'une manne pour la province aux prises avec un déficit de 10,9 milliards.

Les critiques y voient une taxe déguisée.

Néanmoins, le gouvernement ontarien promet d'investir toutes les recettes du nouveau mécanisme dans des projets qui contribuent à la « réduction des gaz à effet de serre » et qui aident les entreprises à demeurer « concurrentielles », tels que l'expansion des transports publics et l'aide aux familles qui achètent des appareils électroménagers moins énergivores.

Les détails du nouveau système de plafonnement des émissions doivent être déterminés d'ici octobre, à la suite notamment de négociations avec le Québec et la Californie, explique le ministre de l'Environnement, Glen Murray.

Il faut que ce soit abordable pour les familles et que les entreprises soient concurrentielles.

Glen Murray, ministre de l'Environnement

Tarification du carbone (juridiction, année, type, prix)

  • Québec : 2013, Bourse du carbone, entre 10 $ et 15 $ la tonne
  • Californie : 2012, Bourse du carbone, entre 10 $ et 15 $ la tonne
  • Alberta :  2007, système de référence et d'échange de crédits, 15 $ la tonne
  • C.-B. : 2008, taxe sur le carbone, 30 $ la tonne
  • UE : 2005, quotas d'émission et d'échange de crédits, coût variable
  • Chine : 2005, plusieurs projets pilotes régionaux, coût variable
  • Suède : 1991, taxe sur le carbone, 150 $ la tonne
  • Australie : de 2012 à 2014, taxe sur le carbone (abolie en 2014), 20 $ la tonne

L'Ontario y travaille depuis longtemps. La province a adopté une loi en 2009 pour mettre en place les mécanismes d'un système de limitation et d'échange de crédits du carbone. Le plan a cependant atterri sur une tablette, en raison de la récession économique et des déboires politiques du gouvernement libéral minoritaire de l'époque.

Pour voir ce tableau sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Sommet de Québec

Le sommet des provinces sur les changements climatiques, qui s'ouvre à Québec mardi, donne à l'Ontario l'occasion d'annoncer ses intentions en la matière. Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a promis de choisir son mode de tarification du carbone dès ce printemps. La province prépare également un plan plus vaste pour s'attaquer aux changements climatiques, qui doit être dévoilé en novembre.

La province n'a pas le choix d'agir, parce qu'elle est en retard sur ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Au rythme où vont les choses, le gouvernement ontarien ratera son objectif, en 2050, de réduire ses émissions de 80 % (par rapport au niveau de 1990).

En outre, l'Ontario veut aussi faire bonne figure en vue de la conférence internationale sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris en décembre.

Le ministre du Développement économique de l'Ontario, Brad Duguid, explique que le projet a reçu un bon accueil lors des consultations tenues cet hiver.

« Nous avons reçu beaucoup d'appuis auxquels je ne m'attendais pas. Nous venons de recevoir une lettre signée par une vingtaine d'entreprises. Elles reconnaissent qu'il faut agir et elles veulent faire partie du processus et s'assurer que ce sera bien », s'est-il félicité.

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Avec la collaboration de Christian NoëlTwitterCourriel

Ontario

Politique provinciale