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L'Ukraine veut se débarrasser de l'héritage soviétique

Le drapeau soviétique flotte lors d'une manifestation à Slaviansk, devant le statue de Lenine.
Le drapeau soviétique flotte lors d'une manifestation à Slaviansk, devant le statue de Lenine. Photo: Baz Ratner / Reuters
Radio-Canada

Les députés ukrainiens ont adopté jeudi plusieurs lois mémorielles visant à « désoviétiser » le pays, en s'attaquant aux derniers symboles du communisme dans l'ancienne république soviétique.

Cette législation met sur le même plan les régimes soviétique et nazi et interdit toute « négation publique » de leur « caractère criminel ». Elle proscrit aussi, sauf quelques exceptions, la « production » et l'« utilisation publique » de symboles comme l'emblématique marteau et sa faucille.

En vertu de ces lois mémorielles, les nombreuses statues de Lénine doivent être démontées et les localités, rues ou entreprises dont les noms font référence au communisme doivent être rebaptisées.

La nouvelle législation, qui doit être promulguée par le président Porochenko, prévoit jusqu'à 10 ans de prison pour les contrevenants. Des organisations, des partis ou médias risquent l'interdiction en cas de violation de ces lois.

On peut aimer les communistes. Mais seulement chez soi, en silence et sans l'imposer aux autres. 

Valentina Telitchenko, avocate

Irritée, la diplomatie russe n'a pas tardé à dénoncer des lois « antirusses », accusant Kiev d'user de méthodes « totalitaires ».

Tension

Saluées par certains, ces lois, qui existent dans d'autres anciennes républiques soviétiques, ne font pas l'unanimité partout dans le pays et risquent d'exacerber une tension déjà assez vive.

Pourquoi adopter de telles lois maintenant, alors que l'Ukraine est indépendante de l'ex-URSS depuis 1991? Vadim Karassiov, directeur de l'Institut des stratégies globales à Kiev, voit dans le geste des députés ukrainiens une réponse « à la campagne de propagande du Kremlin » dans laquelle les autorités ukrainiennes sont régulièrement qualifiées de « fascistes ».

Volodymyr Fessenko, analyste politique indépendant, parle d'une loi « trop radicale », qui contient « beaucoup d'excès » et susceptible d'attiser les « tensions surtout dans l'est et le sud » de l'Ukraine, où la nostalgie de l'URSS est la plus forte, selon lui.

C'est une grosse erreur, voire une manière de signer son arrêt de mort vis-à-vis de l'est du pays. 

David Marples, directeur d'un programme d'études sur l'Ukraine à l'Université de l'Alberta

La situation est d'autant plus délicate dans les régions russophones, où l'héritage soviétique est plus présent. Déjà en 2014, en décidant de revenir sur une loi qui donnait une plus grande place à la langue russe, le nouveau pouvoir ukrainien pro-européen avait créé des remous dans ces régions.

Dans les « Républiques populaires » autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, ce geste était perçu comme une volonté de Kiev d'interdire l'usage du russe. Ce qui, conjugué au démantèlement de statues de Lénine dans plusieurs villes ukrainiennes, a alimenté l'opposition au régime de Porochenko.

Avec les informations de Agence France-Presse

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