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L'Ontario imposera un tarif sur le carbone

Une cheminée industrielle polluante
Une cheminée industrielle polluante Photo: iStock / iStockPhoto
Radio-Canada

Après avoir jonglé avec l'idée pendant plusieurs années, l'Ontario imposera sous peu un prix sur le carbone. La province s'inspirera de la bourse du carbone qui est déjà en place au Québec et en Californie. Une annonce en ce sens est prévue lundi.

Un texte de Christian NoëlTwitterCourriel

L'Ontario veut restreindre les émissions de gaz à effets de serre de ses plus grands pollueurs et mettre en place un système d'échange de crédits. Cela permettrait aux entreprises qui limitent leurs émissions polluantes de vendre des permis de polluer à celles qui n'atteignent pas leur cible. L'Ontario se joindra ainsi à la quarantaine de pays et à la trentaine de provinces et d'États partout dans le monde qui imposent actuellement un prix sur le carbone.

Tarification du carbone (juridiction, année, type, prix)

  • Québec : 2013, bourse du carbone, entre 10 $ et 15 $ la tonne
  • Californie : 2012, bourse du carbone, entre 10 $ et 15 $ la tonne
  • Alberta :  2007, système de référence et d'échange de crédits, 15 $ la tonne
  • C.-B. : 2008, taxe sur le carbone, 30 $ la tonne
  • UE : 2005, quotas d'émission et d'échange de crédits, coût variable
  • Chine : 2005, plusieurs projets pilotes régionaux, coût variable
  • Suède : 1991, taxe sur le carbone,150 $ la tonne
  • Australie : de 2012 à 2014, taxe sur le carbone (abolie en 2014) - 20 $ la tonne

L'Ontario y travaille depuis longtemps. La province a adopté une loi en 2009 pour mettre en place les mécanismes d'un système de limitation et d'échange de crédits du carbone. Le plan a cependant atterri sur une tablette, en raison de la récession économique et des déboires politiques du gouvernement libéral minoritaire de l'époque.

Maintenant majoritaire, le gouvernement ontarien ramène le projet à l'avant-plan. L'automne dernier, le ministre de l'Environnement et des changements climatiques, Glen Murray, ouvrait la porte, en marge d'un conseil des ministres conjoint à Toronto avec le gouvernement du Québec.

Le Québec, la Californie et l'Ontario représentent ensemble la 4e économie mondiale. Si on travaille de concert, c'est un grand pan de l'Amérique du Nord qui aura un prix sur le carbone, et d'autres États pourraient suivre.

Glen Murray

Dans un document de consultation publié cet hiver, l'Ontario cite « l'urgence d'agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le domaine des transports, de l'industrie et des bâtiments », qui représentent ensemble 80 % des émissions polluantes de la province.

Pour voir ce tableau sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre).

Le sommet des provinces sur les changements climatiques, qui se déroule dans la ville de Québec la semaine prochaine, donne à l'Ontario l'occasion d'annoncer ses intentions en la matière. Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a promis de choisir son mode de tarification du carbone dès ce printemps. La province prépare également un plan plus vaste pour s'attaquer aux changements climatiques, qui doit être dévoilé en novembre.

La province n'a pas le choix d'agir parce qu'elle est en retard sur ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Au rythme où vont les choses, le gouvernement ontarien ratera son objectif en 2050 de réduire ses émissions de 80 % (par rapport au niveau de 1990).

En outre, l'Ontario veut aussi faire bonne figure en vue de la conférence internationale sur les changements climatiques, qui aura lieu à Paris en décembre.

Le ministre du Développement économique de l'Ontario, Brad Duguid, explique que le projet a reçu un bon accueil lors des consultations tenues cet hiver.

« Nous avons reçu beaucoup d'appuis auxquels je ne m'attendais pas. Nous venons de recevoir une lettre signée par une vingtaine d'entreprises. Elles reconnaissent qu'il faut agir et elles veulent faire partie du processus et s'assurer que ce soit bien », s'est- il félicité.

Il y aura beaucoup de consultations avec nos entreprises, pour s'assurer qu'il n'y a pas de conséquence inattendue et que l'Ontario demeure concurrentiel.

Le ministre du Développement économique de l'Ontario, Brad Duguid

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