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Tragédie de L'Isle-Verte : la Résidence du Havre estime être jugée trop sévèrement

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Anna Lumière au piano

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le propriétaire de la Résidence du Havre, Roch Bernier, estime être « sévèrement ciblé » dans de nombreux commentaires à la suite du dépôt du rapport du coroner en février sur l'incendie mortel à L'Isle-Verte.

Le propriétaire de la Résidence a réagi officiellement ce matin au rapport d'enquête du coroner Cyrille Delâge sur l'incendie du 23 janvier 2014.

S'il dit appuyer la plupart des recommandations du rapport du coroner, M. Bernier ne prend aucune responsabilité dans le drame. Il soutient qu'un ensemble de facteurs ont mené à la tragédie. 

« Dans la plupart de ses recommandations, le coroner Delâge questionne les normes gouvernementales en vigueur et non notre travail, comme pour la question des gicleurs ou du ratio du personnel sur place la nuit », soulève-t-il.

Il fait valoir que le plan d'urgence de la Résidence était conforme et répondait au temps d'évacuation prescrit de 8 minutes et que la Résidence était dûment certifiée par l'Agence de santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent. Il affirme de plus que les professionnels en prévention des incendies de la municipalité et de la MRC n'ont jamais signalé d'irrégularités.

Manque de soutien

Il rejette en quelque sorte le blâme sur ceux qui ont certifié la Résidence du Havre. Selon lui, les préventionnistes en incendie auraient dû mieux informer la direction de la résidence sur la manière de gérer un tel événement.

« Comment se fait-il qu'aucun des intervenants qui a visité examiné ou travaillé sur notre résidence pendant 16 années ne nous ont jamais rien dit? La réponse est la suivante : les propriétaires de la résidence doivent faire confiance à un ensemble d'intervenants qui n'ont pas à répondre de leurs responsabilités », déclare M. Bernier, qui lance un appel pour un meilleur soutien pour les résidences pour aînés du Québec.

Une enquête indépendante

M. Bernier soutient par ailleurs que l'enquête du coroner n'est pas « allée en profondeur » sur certains points. Il mentionne avoir demandé une enquête indépendante afin d'obtenir davantage de réponses sur la cause de l'incendie. Les conclusions de cette enquête devraient être dévoilées prochainement.

Le propriétaire continue de croire que l'incendie s'est déclaré au 2e étage comme l'a soutenu le gardien de nuit, contrairement aux expertises selon lesquelles l'incendie se serait plutôt déclaré au rez-de-chaussée.

Dans son rapport déposé en février dernier, le coroner Cyrille Delâge avait déploré le nombre insuffisant d'employés en place à la résidence de même qu'une formation déficiente du personnel pour faire face à de telles urgences.

Le gardien de nuit était formé de façon théorique et n'a jamais participé à un exercice pratique d'évacuation. Les résidents pour leur part n'ont pas participé à une évacuation de nuit en raison de la prise de médicaments, a par ailleurs expliqué M. Bernier.

Poursuite envisagée

Roch Bernier songe à déposer de nouvelles poursuites judiciaires contre ceux qui ont construit, puis rénové l'immeuble incendié. S'il va de l'avant, il se basera sur les résultats de l'enquête indépendante réalisée par la firme Drolet, Besselle et Landreville de Montréal.

Le propriétaire et ses assureurs avaient déposé des poursuites en juillet dernier contre la Municipalité de L'Isle-Verte pour des erreurs qu'ils jugeaient « lourdes et grossières ». Ces poursuites ont été retirées quatre jours après la fin de l'enquête du coroner Cyrille Delâge, en décembre dernier.

En 2014, la Résidence du Havre hébergeait 36 résidents autonomes et semi-autonomes et 18 résidents non autonomes. Le 23 janvier 2014, 32 des résidents sont décédés en raison d'un incendie.

 

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