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Élever sa fille malgré les défis d’être une femme autochtone

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Bandy Maxie ne veut pas que sa fille, Valyncia Sparvier, soit victime de la violence et de la peur qu'elle a vécu dans le quartier North Central de Regina.

Bandy Maxie ne veut pas que sa fille, Valyncia Sparvier, soit victime de la violence et de la peur qu'elle a vécu dans le quartier North Central de Regina.

Photo : CBC/Chanss Lagaden

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2015 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour Brandy Maxie, la vie a longtemps été remplie de défis et de violence, puisqu'elle est une femme autochtone. La mère de trois enfants maintenant célibataire s'efforce aujourd'hui de tout faire pour que ceux-ci n'aient pas la même adolescence qu'elle.

Brandy Maxie avait 15 ans lorsqu'elle a quitté la résidence familiale située sur le territoire de la Première Nation White Bear pour s'installer à Regina. Elle voulait ainsi échapper à la violence et aux problèmes de la réserve autochtone.

J'ai pu voir beaucoup de problèmes présents dans les réserves et c'est souvent lié à l'alcool, aux drogues et à la violence.

Brandy Maxie

À Regina, Brandy Maxie a dû s'installer dans le quartier North Central, où elle étudiait, un quartier qui l'effrayait et qui a une mauvaise réputation. Elle raconte d'ailleurs avoir été droguée et violée à 16 ans, sans rapporter l'incident à la police.

Brandy Maxie est finalement retournée dans la réserve après ses études, mais son parcours l'a ramenée à Regina.

Retour dans un milieu difficile

Elle a dû déménager à nouveau afin de réaliser son rêve d'obtenir une éducation supérieure, d'acheter une auto et d'offrir un milieu sécuritaire à ses enfants. Ayant peu de moyens, c'est encore dans le quartier North Central qu'elle a dû s'établir.

Il y avait des gens saouls qui déambulaient tous les jours. Quand j'allais me promener avec mes enfants au parc, et je ne mens pas, il y avait toujours quelqu'un qui nous suivait. C'était trop pour moi.

Brandy Maxie
Brandy Maxie et sa fille au centre de boxe Nelson où cette dernière s'entraîne pour pouvoir se défendre si elle est agressée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Brandy Maxie et sa fille au centre de boxe Nelson où cette dernière s'entraîne pour pouvoir se défendre si elle est agressée.

Photo : CBC/Madeline Kotzer

La mère, désormais séparée de son conjoint, a même envoyé ses enfants vivre chez leur père pendant qu'elle étudiait et vivait chez des amis. Sans voiture, elle affirme que chaque déplacement était épeurant.

Brandy Maxie a réussi à obtenir un emploi lui permettant de quitter Regina et le quartier dont elle n'arrivait pas à s'extraire. Elle raconte avoir gagné plusieurs concours d'entrepreneuriat autochtone afin d'obtenir cet emploi tout en étant toujours confrontée au racisme envers les femmes autochtones.

Je marche vers un concours de planification d'entreprises et je me fais crier "combien?" Ils ne passent pas en auto en se disant : "Elle semble vouloir améliorer sa vie, je vais la laisser tranquille." Mon apparence correspond à leur stéréotype d'une prostituée.

Brandy Maxie

Sensibiliser sa fille à un monde dangereux

Brandy Maxie se souvient très bien du moment où sa fille de 11 ans, Valyncia Sparvier, a commencé à comprendre le danger auquel sont confrontées les femmes autochtones. Une voiture s'est arrêtée près du parc où ses enfants jouaient pendant qu'elle s'entraînait tout près. Elle a ainsi pu voir l'homme tenter d'attirer sa fille dans la voiture, mais celle-ci s'est méfiée et est allée rejoindre sa mère.

C'est à ce moment que Brandy Maxie a expliqué à sa fille que plusieurs femmes autochtones disparaissaient ou étaient assassinées simplement en raison de leur origine. Inspiré par ce sujet,Valyncia Sparvier a préparé une présentation pour l'école sur cette question qui lui a mérité un prix (Nouvelle fenêtre). Sa mère est fière d'elle et dit qu'elle ne veut pas que sa fille vive dans la peur comme elle.

Femmes autochtones disparues ou assassinées, notre dossier

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