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Un printemps prometteur pour l'immobilier dans le Grand Montréal

Condos,  immobilier Montréal

Condos, immobilier Montréal

Photo : Daniel Herrera Castillo

Radio-Canada

La saison de mise en vente des propriétés bat son plein. Après des mois décevants, le marché immobilier donne des signes d'espoir.

Un texte de Maxime BertrandTwitterCourriel

Vendre sa maison n'est pas chose facile de nos jours. Le nombre de propriétés sur le marché ne cesse de croître, au grand dam des vendeurs. Les délais de vente aussi.

« On est autour, disons, de quatre mois pour la maison unifamiliale et de cinq mois pour le condo », soutient Hélène Bégin, économiste en chef au Mouvement Desjardins

Il y a tout de même une lueur d'espoir à l'horizon. Le marché immobilier qui tournait au ralenti vient de changer de vitesse.

Dans la grande région de Montréal, les transactions qui accusaient une baisse de 1 % au début de l'année viennent de faire un bond de 6 % en mars 2015 par rapport à la même période l'an dernier.

« Ça fait plusieurs mois qu'on n'a pas eu un aussi bon résultat. [...] Depuis le dernier resserrement des règles d'assurance prêt hypothécaire, à l'été 2012, ce n'est pas arrivé souvent qu'on ait de bons mois comme celui-là », affirme Paul Cardinal, directeur du service analyse de la Fédération des chambres immobilières du Québec.

La Fédération attribue cette embellie à la baisse des taux d'intérêt et aux promotions offertes par la plupart des institutions bancaires.

Résultat : 4495 ventes résidentielles ont été réalisées en mars 2015.

Hormis la Rive-Nord, tous les principaux secteurs ont enregistré des hausses des ventes. La Rive-Sud remporte la palme avec une augmentation de 17 %. Elle est suivie de l'île de Montréal avec 7 %, puis de Laval et de Vaudreuil-Soulanges avec 2 %. Par contre, la Rive-Nord accuse un recul de 5 %.

Cet accroissement des ventes est de bon augure pour certains types de propriétés qui affichent un surplus.

C'est le cas des copropriétés, particulièrement à Montréal, où les mises en chantier de cette catégorie de domicile commencent à peine à ralentir.

« Grâce au ralentissement dans les mises en chantier, ça devrait aider le marché à se rééquilibrer au cours des prochaines années. On ne parle pas de 2015, mais plutôt de 2016-2017 », estime Paul Cardinal.

« Du côté de Québec, la bonne nouvelle c'est que la construction de copropriétés s'est affaiblie depuis maintenant deux ans; donc, on observe qu'il y a un ajustement qui est en train de se faire dans le marché », observe Hélène Bégin.

Des trucs pour vendre

En attendant, les propriétés résidentielles, peu importe la catégorie, abondent.

Si les acheteurs ont la partie belle, les vendeurs, eux, doivent ramer.

« Ça stimule les acheteurs à aller magasiner. [...] C'est important pour un vendeur à ce moment-ci de l'année que sa maison se démarque », croit Hugo Leroux, président de Hypotheca, agence hypothécaire.

Or, c'est justement ce qu'offrent les sociétés de plus en plus nombreuses à se spécialiser dans la mise en valeur des propriétés (qu'on appelle le home staging dans le milieu).

L'entreprise de France Arcand a lancé la tendance au Québec, il y a une dizaine d'années. Elle offre des services et des cours de rafraîchissement de décor (relooking) et de valorisation résidentielle, notamment.

« Dans le home staging, ce qu'on va faire c'est qu'on va, si on peut dire, dépersonnaliser; donc, l'acheteur potentiel doit arriver dans la maison et sentir que moi, je me vois ici, et je ne vois pas quelqu'un d'autre ici », affirme Patricia Le Blanc, porte-parole de France Arcand, création et design.

Que l'on ait ou non les moyens de recourir à un professionnel, l'entretien de la maison s'impose.

« Le fait d'avoir bien entretenu la propriété et de la présenter sous son meilleur jour pour les visiteurs, c'est sûr que ça donne un plus », conseille Hélène Bégin.

Réalisme

Enfin, l'apparence de la maison, c'est une chose, mais il faut aussi être réaliste quand on vend, car le marché a changé, rappelle l'économiste.

« On est loin de l'époque où on avait des offres multiples à l'intérieur de quelques jours seulement. Dès le départ, il faut que le vendeur établisse le juste prix pour sa propriété. »

Un avis que partage le courtier Hugo Leroux.

« Avant, le plus grand défi des acheteurs, c'était de trouver une propriété, parce qu'il n'y en avait pas beaucoup à vendre et les vendeurs étaient très sévères sur le prix, si vous voulez, ils ne voulaient pas beaucoup négocier. Là, il va y avoir une sorte de flexibilité qui va aider les acheteurs, surtout les premiers acheteurs à entrer sur le marché de l'habitation. »

Bref, un vendeur qui ne se plie pas aux nouvelles règles du jeu risque de rater sa chance.

Grand Montréal

Économie