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« Je suis un vrai bleu », dit Gérard Deltell

Gérard Deltell brandissant sa carte de membre du Parti progressiste-conservateur du Canada

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Gérard Deltell confirme qu'il démissionne de son poste de député caquiste de Chauveau pour se présenter sous la bannière du Parti conservateur du Canada dans la circonscription de Louis-Saint-Laurent aux prochaines élections fédérales. Il dit répondre ainsi à la volonté de ses électeurs, et assure qu'il reste animé par les mêmes convictions politiques.

En conférence de presse, mardi matin, M. Deltell a assuré que sa décision de se présenter dans l'équipe de Stephen Harper constitue un « retour aux sources » pour lui. Il a d'ailleurs brandi la carte de membre du Parti progressiste-conservateur du Canada qu'il avait signée alors qu'il étudiait au cégep de Sainte-Foy, en novembre 1981.

Je continue à défendre fièrement les valeurs auxquelles je crois. Je suis un bleu, un vrai bleu, un vieux bleu. Je retourne à la maison, et j'en suis fort heureux

Gérard Deltell

Réélu député de Chauveau pour une troisième fois consécutive il y a un an, Gérard Deltell a assuré que faire le saut en politique fédérale n'était « pas du tout dans [son] plan de match initial », mais que « l'occasion s'est présentée », ce qui lui a permis de sonder l'intérêt de ses commettants.

« Plusieurs gens me disaient, jour après jour: " vas-y, on a besoin de toi à Ottawa" », a-t-il relaté. 

« Je vais continuer à défendre les valeurs auxquelles je crois et qui m'animent, et qui ont fait en sorte que je me suis présenté en politique il y a six ans ans, c'est-à-dire : une saine gestion des finances publiques, plus d'argent dans les poches du monde plutôt que dans les mains du gouvernement, un État moins lourd, mais qui développe l'économie, qui réponde aux besoins des familles et de la classe moyenne, un État moins permissif pour les criminels, qui assure notre sécurité ici, et partout à travers le monde ».

Harper, un chef qui « dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit »

Selon Gérard Deltell, le Québec n'a « pas assez » de cinq députés conservateurs à la Chambre des communes. « Il est temps de retourner sur la glace en grand nombre, là où les décisions se prennent », a-t-il plaidé. « Le Québec doit avoir une voix portée avec plus de députés conservateurs à la Chambre des communes. »

Il a aussi lancé des fleurs à son nouveau chef, le premier ministre Stephen Harper, qu'il décrit comme « un homme de conviction, de principe et de valeurs, [...] qui dit ce qu'il fait et qui fait ce qu'il dit » et qui « réalise ses engagements ». Selon lui, « le Canada est redevenu une puissance économique mondiale avec la saine gestion des finances publiques » prônée par les conservateurs.

J'ai rudement hâte de commencer. [...] Je vais contribuer à faire en sorte qu'il y aura plus de députés du Parti conservateur à la Chambre des communes.

Gérard Deltell

Deltell renonce à son indemnité de départ

M. Deltell a aussi confirmé qu'il renonce à son indemnité de départ de 114 000 $, et à toucher une rente annuelle de 24 126 $ à laquelle il aurait eu droit au cours des 15 prochaines années, pour une somme totale d'un peu plus de 388 000 $.

« À terme, je laisse sur la table un demi-million de dollars auquel j'ai droit [...] Il s'agit d'une décision personnelle qui correspond en tout point à mes convictions, et aux valeurs auxquelles je souscris », a-t-il expliqué. « Le message que j'envoie, c'est que je suis un gars qui dit ce qu'il fait et qui fait ce qu'il dit. »

Il a souligné que cette somme équivaut peu ou prou aux dépenses qui seront engendrées par l'élection partielle qui devra être déclenchée par le premier ministre Philippe Couillard en raison de son départ.

Interrogé sur son appui à la motion unanime de l'Assemblée nationale réclamant qu'Ottawa transmette à Québec les données québécoises du registre des armes d'épaule, Gérard Deltell a admis qu'il était personnellement contre cette requête, mais qu'il s'était rallié après avoir donné son opinion à la députation caquiste. Selon lui, ce sont essentiellement les chasseurs qui possèdent des armes d'épaule, et ils doivent déjà faire beaucoup de démarches pour avoir le droit d'en posséder une.

Le député de Chauveau a par ailleurs salué le chef de la CAQ, François Legault, qui a été « extrêmement respectueux » face à sa réflexion. Il n'a pas commenté les allégations selon lesquelles il a été contrarié de perdre son poste de leader parlementaire du parti en chambre au terme du dernier scrutin. « Ces emplois ne nous appartiennent pas, ils nous sont prêtés », a-t-il laissé tomber.

La circonscription fédérale de Louis-Saint-Laurent est actuellement représentée par la députée néo-démocrate Alexandrine Latendresse, qui a déjà annoncé qu'elle ne solliciterait pas de nouveau mandat. Elle avait été élue en 2011 avec une avance d'environ 1300 votes sur la candidate conservatrice Josée Verner, qui siégeait à la Chambre des communes depuis 2004.

Le départ de Gérard Deltell force la CAQ à modifier les fonctions parlementaires de plusieurs députés. Ainsi, la députée d'Arthabaska, Sylvie Roy, devient porte-parole du parti en matière d'énergie et de ressources naturelles. Benoit Charette, député de Deux-Montagnes, devient pour sa part vice-président de la Commission de l'administration publique, tandis qu'Éric Caire, député de La Peltrie, sera dorénavant responsable de la région de la Capitale-Nationale.

Stephen Harper s'est dit « très encouragé » par l'intérêt de M. Deltell. « Je pense que cette candidature et d'autres indiquent que de plus en plus de Québécois reconnaissent dans notre parti leurs priorités. Ça veut dire l'économie, la sécurité », a-t-il commenté en marge d'une conférence de presse tenue mardi midi à Vancouver

(Les Québécois) veulent un gouvernement qui protège leurs programmes, qui équilibre le budget et qui assure les baisses de taxes et d'impôts pour les familles. Et ils veulent aussi un parti qui est prêt à contrer les crimes et le terrorisme.

Stephen Harper

Deux sièges vacants dans la région de Québec

Le saut sur la scène fédérale de Gérard Deltell n'est pas très surprenant, dans la mesure où les rumeurs en ce sens circulaient depuis un certain temps dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Gérard Deltell abandonne la CAQ après six ans et demi de politique provinciale. Élu pour la première fois en 2008, il a été réélu aux élections de 2012 et de 2014. Durant cette période, il a notamment piloté la fusion de la CAQ et de l'ADQ, qu'il est le dernier à avoir dirigée.

M. Deltell a également occupé la fonction de leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition de 2012 à 2014, mais cette fonction lui a été retirée après les dernières élections.

Avec sa démission, deux sièges seront désormais vacants dans la région de Québec. On compte aussi celui de l'ex-ministre Yves Bolduc, élu dans Jean-Talon, après sa démission en février dernier. Des élections complémentaires devront être annoncées.

Gérard Deltell est le deuxième député caquiste d'importance à démissionner depuis les élections provinciales de 2014. Avant lui, Christian Dubé avait annoncé qu'il quittait son poste de député de Lévis pour se joindre à la Caisse de dépôt et placement du Québec.

La CAQ a néanmoins remporté l'élection partielle qui a suivi en faisant élire son candidat François Paradis.

Avec les informations de Sébastien Bovet

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