•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Grève étudiante : l'ASSE s'en remet à ses associations locales

Poursuivre la grève ?
Radio-Canada

Les associations étudiantes locales auront le dernier mot dans le différend qui oppose certains groupes au sein de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), dont le congrès mouvementé, à Salaberry-de-Valleyfield, s'est soldé par la destitution de l'exécutif.

Échaudés par une proposition publique proposant le report de la grève à cet automne, les membres de l'ASSE ont montré la porte à l'exécutif. Dans un texte de réflexion transmis la semaine dernière, l'exécutif sortant de l'ASSE avait avancé l'idée de reporter la grève, pour mieux la reprendre à l'automne avec les syndicats.

Le nouveau comité exécutif a rectifié la position de l'Association en enjoignant à ses membres de poursuivre la lutte. « L'ASSE appelle à la continuation de la grève et de la mobilisation étudiante contre les mesures d'austérité, la lutte aux hydrocarbures et la répression politique », soutient le nouvel exécutif.

Les associations demeurent toutefois souveraines et l'ASSE respectera les décisions de ses membres, a expliqué la nouvelle porte-parole intérimaire, Hind Fazazi.

« On fait des appels aux manifestations, on fait des appels à des actions, on fait des appels à la continuation de la mobilisation et à l'escalade des moyens de pression, explique-t-elle. Toutefois, ça reste un appel. Ce qui est important pour nous, c'est de conserver la souveraineté locale des associations qui nous composent. »

Nous allons respecter les décisions des associations membres qui vont se prononcer en assemblée générale. Un appel n'est jamais un ordre.

Hind Fazazi

Quatre des six associations étudiantes en grève à l'UQAM doivent notamment se prononcer cette semaine sur la reconduction ou non du mouvement.

Déjà, lundi soir, l'association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQAM s'est prononcée en faveur de la grève générale illimitée.

Violence médiatique

La porte-parole a par ailleurs déploré la « violence médiatique » auquel fait face le mouvement étudiant. À son avis, les revendications de l'ASSE ne sont pas bien expliquées dans les médias. L'ASSE dénonce les mesures d'austérité du gouvernement Couillard, la répression politique et l'exploitation des hydrocarbures.

Outre la mécompréhension de ses revendications, Mme Fazazi a dénoncé les « radios-poubelles » de la région de Québec.

« À Québec, la violence médiatique, c'est les radios-poubelles qui se présentent sur les piquets de grève pour se faire passer pour des étudiants en grève et intimider ces derniers, et appeler la police », a déclaré Mme Fazazi.

Congrès mouvementé

Malgré les divergences d'opinions, l'ASSE a malgré tout pris le temps de saluer le travail de l'exécutif sortant. Ce n'est pas le contenu du message sur le report de la grève qui a agacé, mais plutôt la façon de procéder et le moment choisi, a expliqué Hind Fazazi.

Le congrès a aussi permis d'adopter un nouveau plan d'action, qui vise à « accroître la pression sur le gouvernement libéral de Philippe Couillard ».

L'ancienne secrétaire aux relations internes du comité exécutif, Virginie Mikaelian, a témoigné de la virulence des échanges et de la dissension qui règne au sein de l'ASSE dans une lettre à « ses camarades » publiée sur sa page Facebook. La militante dénonce la mauvaise foi de certains membres de l'organisation qui ont accusé l'ancien exécutif « d'avoir trahi notre rôle d'exécutants et d'exécutantes ».

Mme Mikaelian déplore également « cette mauvaise foi qui déshumanise complètement ceux et celles qui se donnent corps et âme au sein des structures de l'ASSE. Celle qui invisibilise notre travail. Celle qui nourrit la haine que j'ai lue toute la semaine dans vos différentes conversations Facebook. »

La militante se dit heureuse que ses camarades se soient « réappropriés les structures de l'ASSE », tout en déplorant la manière que les militants ont trouvé pour le faire.

L'ASSE, qui représente environ 70 000 étudiants, tiendra un conseil extraordinaire jeudi pour élire une équipe qui assurera l'intérim jusqu'au congrès d'orientation et d'élections déjà prévu pour les 25 et 26 avril prochains.

Société