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Grève étudiante : l'ASSE change de visage et s'explique

Hind Fazazi
Hind Fazazi Photo: Radio-Canada

La minirévolution au sein de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) cette fin de semaine apparaît maintenant plus claire. Dans une lettre à ses militants obtenue par Radio-Canada, l'ASSE justifie la destitution de son exécutif et son plan d'action. Une nouvelle équipe intérimaire a par ailleurs été nommée.

Un texte de Thomas GerbetTwitterCourriel

L'ASSE change de visage. C'est Hind Fazazi, une étudiante en philosophie à l'Université de Montréal, qui prend la relève de Camille Godbout, destituée avec le reste de l'exécutif.

Hind Fazazi siégeait jusqu'à présent au comité à la recherche et aux affaires académiques de l'organisation.

« L'ASSE souhaite affirmer sa volonté de respecter la souveraineté des associations étudiantes locales qui tiendront des assemblées générales de grève cette semaine », affirme la porte-parole intérimaire dans une convocation aux médias. 

Fait intéressant à noter, son attaché de presse intérimaire sera Maxence Valade, l'étudiant qui avait perdu un oeil lors de la manifestation de Victoriaville en 2012. Il a récemment annoncé son intention de poursuivre la Sûreté du Québec.

Ce qu'il s'est passé au congrès

L'exécutif en place avant le Congrès a fait part de son intention de démissionner dès le début de la rencontre à Salaberry-de-Valleyfield. Cependant, les représentants des associations membres ont pris la décision de le destituer « symboliquement ».

La lettre aux militants fait état d'un « sentiment grandissant d'insatisfaction ». L'exécutif était critiqué et contesté depuis un certain temps au sein de certaines associations membres.

Dans un texte de réflexion transmis à ses associations membres la semaine dernière, l'exécutif sortant de l'ASSE avait avancé l'idée de reporter la grève, pour mieux la reprendre à l'automne avec les syndicats. Le rapport de force avec le gouvernement n'en serait alors que plus grand, faisait-il valoir.

Une frange jusqu'au-boutiste de l'ASSE, réunie sous le vocable « Printemps 2015 », s'était toutefois opposée publiquement à cette idée, notamment lors de la manifestation de vendredi.

La lettre envoyée aux militants par les nouveaux représentants de l'association prend toutefois le temps de saluer le travail de l'exécutif depuis un an. On peut y lire que l'exécutif  « a fait une erreur en envoyant une lettre de réflexion aux membres à un si court intervalle du congrès », des agissements jugés « contraires aux structures de démocratie directe ».

Selon la lettre envoyée aux militants de l'ASSE, ce n'est pas le contenu du message de l'exécutif sortant qui a agacé, mais surtout la façon de procéder et le moment choisi.

Loin de nous l'idée de minimiser l'importance de prendre en compte la conjoncture politique et l'état de la mobilisation des autres syndicats. Loin de nous, surtout, l'idée d'homogénéiser les luttes, les enjeux ou les préoccupations des associations étudiantes qui constituent l'ASSE, qu'elles soient en ce moment en grève, reconductible ou non. Bien au contraire, c'est par respect pour la souveraineté et la diversité des associations étudiantes locales que nous tenions à rectifier le tir et à réaffirmer les mandats dont nous nous sommes doté-e-s collectivement.

Lettre envoyée aux militants de l'ASSE

Nouveau plan d'action

L'ASSE tiendra un conseil central extraordinaire jeudi matin. Une équipe assurera l'intérim jusqu'au congrès d'orientation et d'élections déjà prévu pour les 25 et 26 avril. Entre-temps, des votes de reconductions seront tenus par les associations locales, principalement la semaine du 7 avril.

Dans sa lettre aux militants, l'ASSE détaille ce qu'elle désigne comme « la suite de notre lutte ». Le congrès a aussi permis d'adopter un nouveau plan d'action, qui vise à « accroître la pression sur le gouvernement libéral de Philippe Couillard ».

« L'ASSE appelle à la continuation de la grève et de la mobilisation étudiante contre les mesures d'austérité, la lutte aux hydrocarbures et la répression politique ». Il est notamment recommandé de poursuivre les manifestations du samedi et du soir.

L'ASSE représente environ 70 000 étudiants.

L'ASSE souhaite orienter sa lutte vers ces événements dans les prochains jours

  • 11 avril : manifestation Action-Climat
  • 13 avril : manifestation intercollégiale
  • En avril (date à déterminer) : manifestation nationale à Montréal contre les arrestations, les expulsions et la répression politiques
  • 1er mai : « Grève sociale » pour la fête des Travailleurs

Par ailleurs, l'ASSE compte perturber le congrès du Parti libéral du Québec à la mi-juin et mener une campagne cet été contre les hydrocarbures au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Société