•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Accord historique sur le nucléaire iranien

Entrevue avec Julien Tourreille à 24|60
Radio-Canada

À Lausanne, l'Iran et les grandes puissances du monde se sont entendus sur les principaux paramètres d'un futur accord d'au moins 10 ans sur le nucléaire iranien. Un « accord historique », selon le président américain, Barack Obama

La République islamique d'Iran, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l'Allemagne poursuivront donc leurs négociations pour parvenir à un accord définitif d'ici le 30 juin.

En vertu de l'accord-cadre, l'Iran devra se défaire de plus des deux tiers de ses centrifugeuses – lesquelles produisent de l'uranium pouvant servir à une bombe atomique –, démanteler un réacteur qui pourrait produire du plutonium et accepter des vérifications.

Au terme de ces 10 ans, les recherches sur les centrifugeuses et leur mise au point seront limitées et contrôlées. D'autres restrictions continueraient par ailleurs à peser sur le programme nucléaire iranien pendant un autre quart de siècle.

Selon un document américain, l'Iran accepterait en outre de ne pas enrichir d'uranium à plus de 3,67 % pendant au moins 15 ans et à ne pas construire de nouvelles installations d'enrichissement d'uranium.

Les sanctions internationales seront suspendues lorsque l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) aura constaté que l'Iran s'est soumis à toutes ses obligations.

Elles pourront être rétablies à tout moment si l'Iran ne respecte plus ses engagements, lit-on dans le document américain.

L'agence sera prête à remplir son rôle dans la vérification de l'application des mesures relatives au nucléaire, une fois l'accord finalisé

Yukiya Amano, directeur de l’AIEA

Un accord « historique »

Le président américain, Barack Obama, a déclaré qu'il s'agit d'un « accord nucléaire historique », précisant cependant qu'il y a encore beaucoup à faire avant le 30 juin.

Aujourd'hui, nous, les États-Unis, de concert avec nos alliés et partenaires, sommes parvenus à un accord historique avec l'Iran qui, s'il est pleinement mis en oeuvre, empêchera ce pays d'obtenir l'arme nucléaire.

Barack Obama

« Quand vous entendrez les inévitables critiques s'élever contre cet accord, posez une simple question, a proposé le président américain: ''Pensez-vous réellement que cet accord vérifiable, s'il est pleinement mis en oeuvre, avec l'appui des puissances de ce monde, est une option pire que le risque d'une nouvelle guerre au Proche-Orient? ».

Le secrétaire d'État et négociateur au dossier, John Kerry, a indiqué pour sa part avoir consulté les Israéliens et les pays du Golfe et avoir réaffirmé l'engagement de Washington à préserver leur sécurité.

Israël a réagi à l'annonce en déclarant que se réjouir de l'accord-cadre conclu sur le nucléaire iranien serait « détaché de la triste réalité ». L'État hébreu entend continuer à faire pression contre un « mauvais » accord final.

Dans une conversation avec le président américain Barack Obama, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a répété que cet accord représentait une menace pour l'existence de son pays.

Aux États-Unis, le sénateur républicain à la tête du comité des affaires étrangères, Bob Corker, a déclaré que le Congrès devrait avoir son mot à dire dans tout accord final avec l'Iran.

À Téhéran, l'annonce d'un accord préliminaire sur le nucléaire a suscité des scènes de joie, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Le président iranien Hassan Rohani a confirmé un accord sur les « principaux paramètres » et le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, parlant de « solutions trouvées », s'est dit prêt à entamer sans plus attendre la rédaction d'un accord global et définitif.

Ottawa appelle à demeurer vigilant

Le Canada a pour sa part salué « les efforts déployés » pour en arriver à cette entente par la voix de son ministre des Affaires étrangères, ajoutant qu'il continuera « toutefois de juger l'Iran à ses actes, et non à ses paroles ».

Rob Nicholson rappelle « qu'il faut prendre toutes les mesures diplomatiques pour que ce pays n'acquière jamais la capacité d'utiliser des armes nucléaires ».

À cette fin, le Canada annonce une contribution de 3 millions de dollars pour aider l'Agence internationale de l'énergie atomique à s'assurer que l'Iran respecte ses engagements.

Rob Nicholson

Stabilité du Proche-Orient

À New York, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a indiqué que : « L'accord avec l'Iran contribuera à la paix et à la stabilité au Proche Orient. »

Pour sa part, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a déclaré « il y a eu un pas en avant, mais on n'est pas au bout du chemin ». Son homologue britannique, Philip Hammond, soutient pour sa part que l'accord peut constituer la base d'un « très bon accord ».

Les pétromonarchies sunnites du Golfe sont quant à elle restées silencieuses.

Comprendre la crise nucléaire iranienne

Vous ne voyez pas cette ligne tu temps sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International