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Pas de terminal à Cacouna pour TransCanada

Les précisions de Denis Leduc
Radio-Canada

La compagnie TransCanada confirme qu'elle ne construira pas de terminal maritime ou de réservoirs connexes à Cacouna, au Québec.

La compagnie modifie ainsi la portée du Projet Oléoduc Énergie Est au Québec, mais signale que d'éventuelles options alternatives pour un terminal au Québec étaient présentement à l'étude.

Le porte-parole du projet Énergie Est de l'entreprise albertaine, Tim Duboyce, explique que TransCanada souhaite toujours l'implantation d'un port pétrolier au Québec, outre celui de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick. « S'il y a deux ports maritimes qui sont proposés, c'est parce que nos clients cherchent cette option-là pour exporter leur produit », dit-il.

Les sites de Baie-des-Sables, près de Matane, et de Lévis figuraient parmi les scénarios étudiés par l'entreprise avant qu'elle ne choisisse Cacouna.

Tim Duboyce souligne que les enjeux de la protection de l'environnement et du développement économique guideront la compagnie dans sa démarche.

Cette modification à la portée du projet et l'ajustement au calendrier des travaux auront comme résultat de repousser la date de mise en service en 2020.

La compagnie ajoute que les raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick demeureraient directement reliées à Énergie Est dans son projet. TransCanada affirme aussi que les plans d'intervention d'urgence seront fournis à l'Office national de l'énergie (ONÉ) plus tôt que prévu dans le processus réglementaire.

Une victoire pour les bélugas

Russ Girling, président et chef de la direction de TransCanada, explique que la décision de renoncer au terminal de Cacouna découlait de la recommandation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) de reconnaître les bélugas comme une espèce en voie de disparition

Les discussions continues avec les collectivités et d'autres parties y ont aussi contribué. « Nous voulons que les Canadiens sachent que nous avons été à l'écoute et que nous continuerons de l'être », indique Russ Girling par voie de communiqué. 

Le biologiste du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins, Robert Michaud, se dit soulagé de la décision de TransCanada de renoncer à Cacouna.

Je ne pense pas que les bélugas se seraient remis de la construction d'un port pétrolier.

Robert Michaud, biologiste du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins

Dans les derniers mois, un consensus semble s'être dégagé parmi les écologistes, les analystes et les politiciens que TransCanada n'avait d'autre choix que d'abandonner son projet à ce site.

Dans la foulée du rapport du COSEPAC, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré que le promoteur devrait « aller vers des sites alternatifs ».

Réactions politiques

La nouvelle a suscité de nombreuses réactions sur la scène politique. Pour sa part, la mairesse de Cacouna, Ghislaine Daris, se montre déçue d'apprendre qu'il n'y aura pas de terminal pétrolier dans sa municipalité. « Il y a un peu d'amertume, confie-t-elle. On s'y attendait un peu, mais on avait toujours un espoir. »

Même son de cloche du côté du député de Rivière-du-Loup, le ministre Jean D'Amour, qui qualifie l'abandon du projet de coup dur pour l'économie de Cacouna. Il soutient que la municipalité avait besoin qu'un tel projet se réalise.

Quant au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, il somme le premier ministre Philippe Couillard de « sortir de son immobilisme » dans le but de « s'assurer que le terminal maritime soit construit au Québec. »

« Tout le monde s'entend sur l'importance de respecter les plus hauts standards environnementaux, affirme le chef de la CAQ par voie de communiqué. Mais, il est de la responsabilité d'un gouvernement qui priorise l'économie de faire preuve de leadership pour trouver un autre site. »

Le premier ministre rétorque que le gouvernement va insister pour que le projet Énergie Est « ait des retombées économiques pour le Québec, soit directes ou fiscales ». 

S'il y a un projet qui passe par le Québec, il y aura des retombées fiscales et des emplois pour les Québécois.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Du côté de Québec solidaire, la députée de Gouin, Françoise David, se réjouit de l'annonce. « Les gens de Cacouna et du Bas-Saint-Laurent méritent beaucoup mieux en termes d'emploi dans des emplois verts et des emplois les mèneront à développer toutes sortes de nouvelles technologies, croit-elle. Ils méritent vraiment mieux que ce port en eau profonde. » 

Projet d'oléoduc Énergie Est

L'oléoduc de 4600 km transporterait quotidiennement plus d'un million de barils de pétrole brut de l'Ouest canadien jusqu'à des raffineries et des terminaux au Québec et au Nouveau-Brunswick. Le projet prévoit la conversion d'un gazoduc existant de TransCanada, puis la construction d'un oléoduc sur le reste du parcours en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Avec les informations de La Presse canadienne

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