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Révision du redéploiement policier à Saskatoon : 16 agents patrouilleront au centre-ville

Le chef de police de Saskatoon, Clive Weighill.

Photo : CBC

Radio-Canada

La réorganisation des effectifs du Service de police de Saskatoon a été revue avant même d'être entrée en vigueur : le nombre d'agents qui seront réaffectés à la patrouille au centre-ville pour rassurer la population a changé en moins de 24 heures, tout comme leur provenance au sein des forces de l'ordre.

Le chef de police Clive Weighill affirme aujourd'hui que les dirigeants du service et les policiers se sont entendus pour déployer dans les rues du centre-ville 16 policiers qui travaillent actuellement à la sécurité routière, aux ressources humaines ou à la lutte contre les gangs de rues.

Le redéploiement annoncé mardi par le chef Weighill prévoyait plutôt que 24 agents des unités contre la drogue et le crime organisé seraient affectés à la patrouille du centre-ville. Il soulignait toutefois du même souffle que ce changement nuirait à la capacité d'enquête de la police, car la violence liée aux drogues et au crime organisé a des répercussions importantes sur la métropole saskatchewanaise.

La police de Saskatoon a répondu à 12 fusillades et à plusieurs attaques au couteau depuis le début de l'année.

Le chef de police soulignait que le public avait exprimé ses inquiétudes relativement à la sécurité du centre-ville et que le temps de réponse dans les quartiers plus éloignés est inadéquat. Il comptait sur le redéploiement pour améliorer ces deux éléments.

Un plan critiqué

Le sergent Dean Hoover a exprimé son mécontentement face au redéploiement annoncé par le chef de police de Saskatoon.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le sergent Dean Hoover a exprimé son mécontentement face au redéploiement annoncé par le chef de police de Saskatoon.

Photo : CBC

Le chef de police avait d'ailleurs invité un sergent d'expérience qui travaille au sein de l'unité contre le crime organisé à s'exprimer sur les conséquences de cette décision. Le sergent Dean Hoover a affirmé mardi ne pas aimer le redéploiement présenté parce qu'il allait rendre la vie plus facile aux trafiquants de drogues dangereuses.

Le policier avait tout de même précisé qu'il ne s'y opposerait pas.

S'ils veulent que nous nous occupions de la drogue et de ceux qui meurent de drogue contrefaite, il va nous falloir plus d'officiers qui s'en occupent. La drogue va être bien plus disponible et les individus seront plus difficiles à attraper

sergent Dean Hoover, police de Saskatoon

Le sergent Hoover avait dénoncé le fait que le retrait d'officiers bien entraînés qui œuvrent au sein des unités de lutte contre la drogue et contre le crime organisé nuirait aux enquêtes. Il avait ajouté que cela aurait un impact sur le nombre de vendeurs de drogue présents dans les rues et la quantité de drogue que les jeunes peuvent se procurer.

L'abbé André Poilièvre de l'organisme STR8 Up (Straight up) pense que le renforcement des forces policières au centre-ville de Saskatoon est mal ciblé. Il croit que les policiers devraient surtout être plus près des jeunes et intervenir dans les écoles.

Harley Peeqaqhe, qui n'a pas de domicile fixe croit pour sa part que les autorités devraient plutôt se concentrer à offrir des services adaptés à ceux dans le besoin plutôt que les envoyer en prison.

Le sentiment de sécurité : un problème social, selon un criminologue

Le criminologue Jean-Claude Bernheim doute de l'efficacité du redéploiement policier annoncé à Saskatoon pour augmenter le sentiment de sécurité au centre-ville. Il croit que cela ne réglera pas le problème à long terme.

M. Bernheim, qui est aussi chargé de cours à l'Université de Saint-Boniface, croit que le sentiment d'insécurité ressenti par des citoyens au centre-ville est attribuable à des problèmes sociaux.

« Si la situation sociale et économique se dégrade, il y aura encore plus de gens qui seront démunis et les problèmes vont s'accentuer. Ce n'est pas le fait d'avoir quelques patrouilleurs de plus qui va régler le problème à long terme », fait-il valoir.

Jean-Claude Bernheim croit qu'il revient aux autorités municipales et provinciales de régler les problèmes sociaux au centre-ville.

Le service de police pourrait procéder au redéploiement dès le 1er juin.

 

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