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Le ministre de l'Éducation propose d'expulser les étudiants qui « exagèrent »

Le ministre de l'Éducation François Blais Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, prône la ligne dure à l'égard des étudiants en grève. Dans une entrevue à Radio X, à Québec, il a encouragé les universités à expulser deux ou trois étudiants par jour pour donner l'exemple.

« J'ai dit aux recteurs : "vous avez les moyens d'agir. Prenez des mesures, des sanctions, ne serait-ce que deux ou deux trois étudiants par jour qui vont beaucoup trop loin, qui exagèrent." [...] Ça peut aller jusqu'à l'expulsion. Ils peuvent le faire. S'ils le faisaient, ça refroidirait, je pense, les ardeurs de certains. »

On fait ça avec les enfants quand on veut corriger leur comportement. On ne dit pas du jour au lendemain : "va dans ta chambre, tu n'auras pas de souper". On lui dit qu'il y aura une sanction et on s'assure qu'on pose ce geste-là.

Le ministre de l'Éducation, François Blais

Le ministre réagissait notamment au blocage des portes de l'Université du Québec à Montréal par des étudiants en grève lundi. Ceux-ci ont empêché leurs camarades de l'École des sciences de la gestion, qui ne sont pas en grève, d'assister à leurs cours.

Pour écouter l'extrait d'entrevue de François Blais sur votre appareil mobile, cliquez ici. (Nouvelle fenêtre)

Le ministre nuance ses propos

En point de presse mercredi, François Blais s'est défendu d'avoir proposé des quotas d'expulsions. Il affirme seulement vouloir encourager les recteurs à utiliser les moyens qu'ils ont « quand certains dépassent les bornes par rapport aux biens ou aux personnes ». Le but, dit-il, est de montrer qu'ils sont « en contrôle de la situation ».

M. Blais favorise une gradation des sanctions, en commençant par un avertissement. « L'expulsion, c'est lors de situation assez limite, notamment avec de la violence. »

Paternaliste pour le PQ, stratégie de peur pour l'ASSE

N'empêche que pour la porte-parole du Parti québécois en matière d'enseignement supérieur, Véronique Hivon, les propos du ministre sont « complètement inappropriés, paternalistes, infantilisants et manquent de respect aux étudiants du Québec ».

Elle accuse M. Blais de mettre de l'huile sur le feu. « On se demande s'il ne veut pas attiser délibérément la grogne des étudiants », dit-elle.

Du côté de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), on associe les propos du ministre Blais à une « tactique de peur ».

« Ce n'est pas surprenant. Dès la deuxième journée de grève, il a déjà dit qu'il n'allait pas payer pour la reprise des classes ou quoi que ce soit. C'est toujours la même tactique de peur que le gouvernement utilise à chaque grève étudiante depuis les dernières 60 années au Québec », a plaidé la porte-parole de l'ASSE, Camille Godbout. 

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